Apaiser sa relation à l’alimentation

avec Geneviève Mahin
Nutrithérapeute, psychothérapeute

En France, près de 7 femmes sur 10 sont complexées par leur apparence et 60 % se jugent trop grosses, selon une étude réalisée en juillet dernier. À l’origine de ces croyances, on retrouve très souvent une image de soi abîmée, depuis l’enfance ou l’adolescence, générée par des messages inadéquats reçus à l’école, dans les médias, ou même au sein du cercle familial. Petit à petit, cela poussera les femmes à des comportements irrationnels avec la nourriture, les entraînant dans une spirale de régimes et de craquages… Il en résulte un rapport très complexe à l’alimentation, menant très souvent à une détresse psychologique : découragement, culpabilité, rejet de soi, perte de confiance en soi, etc. Heureusement, ce cercle vicieux n’est pas une fatalité !

Formée en nutrithérapie, psychothérapie et cuisine saine, Geneviève Mahin propose une autre voie pour ne plus se sentir prisonnière de son assiette.

L’auteure de Mon assiette et moi, publié aux éditions Racine, accompagne depuis 7 ans, en ligne et en cabinet, les femmes qui souhaitent sortir de l’engrenage des régimes yo-yo et se sentir libres de manger. Nous lui avons posé quelques questions…

Vous proposez un livre très complet sur l’alimentation consciente.
En quoi cette
approche est-elle différente ?

Nous savons aujourd’hui que la prise de poids n’est pas uniquement liée à une mauvaise alimentation. Bien souvent, il s’agit d’un problème global, qui est la conséquence de plusieurs facteurs : émotions douloureuses bloquées, mauvaises habitudes, conditionnements tenaces, système hormonal déréglé, etc.

J’appréhende l’alimentation par 3 colimaçons, donnant à chaque femme le moyen de trouver des réponses à sa situation propre en fonction de son vécu. J’insiste sur le fait de regarder cette souffrance par plusieurs fenêtres afin de ne pas passer à côté du réel problème sous-jacent.

Vous dites que l’alimentation n’est pas une question de volonté ;
pourriez-vous nous
expliquer pourquoi ?

La prise alimentaire est régie par nos besoins physiologiques de base, dans lesquels le cortex et la volonté n’interviennent pas. Manger est un acte d’abord de survie, régi grosso modo par la structure reptilienne de notre cerveau.

Ensuite, les émotions s’en mêlent ; là, c’est la partie limbique qui est au pouvoir.

Notre volonté, notre raison ne peuvent gagner sur ce terrain-là parce que les besoins sous-jacents sont bien plus intenses. Changer son alimentation demande le désir de changer les choses et la persévérance de continuer le changement malgré les difficultés ; mais la volonté n’a pas beaucoup de poids face au reste.

Vous intégrez, dans votre ouvrage,
les notions d’estime de
soi et d’émotions.
Dans quelles
mesures sont-elles fondamentales ?

Vouloir perdre du poids touche bien souvent au regard que l’on porte sur soi. Manger trop est très souvent lié à des émotions qui n’ont pas été entendues, accueillies et qui finissent par nous faire faire n’importe quoi parce que nous n’arrivons plus à les supporter.

Réaliser un travail en douceur sur nos émotions nous permet de faire la paix avec les différentes parts de nous et nous aide à nous aimer chaque jour davantage, dans notre globalité.

Parlez-nous des 3 colimaçons…

Il s’agit des 3 voies par lesquelles j’aide les femmes à apaiser leur relation à l’alimentation.

Le premier colimaçon concerne le fonctionnement du corps et le contenu de l’assiette : les recettes, la façon de choisir ses ingrédients, de les cuisiner, de les assimiler. La façon dont le corps fonctionne : le sommeil, les intestins, l’inflammation, le stress, l’activité physique – laquelle et comment, etc.

Le deuxième colimaçon concerne les émotions. Notre histoire et les traces et blessures qu’elle a laissées. Nous y abordons les différentes parts intérieures, la façon de les accueillir, les outils pour prendre soin de soi, pour apaiser notre tumulte intérieur, pour sortir de la culpabilité.

Le troisième colimaçon vise à intégrer dans le quotidien tout ce qui est nécessaire pour un changement en joie sur le long terme. Il comprend la pleine conscience et la reprogrammation neuronale.

Faut-il avoir encore peur des graisses ?

Il y a graisses et graisses. Consommer des produits sains, bruts et non transformés est important. Les graisses sont indispensables pour la santé quand elles sont brutes. Elles permettent d’être en bonne santé et de perdre du poids. C’est-à-dire les huiles vierges de première pression à froid, les noix et les graines, l’avocat, les olives, le beurre non cuit, les poissons gras, la volaille.

Les viandes rouges, les fromages, les fritures sont à consommer avec modération.

Que pensez-vous de l’alimentation cétogène ?

Personnellement, j’aime qu’une alimentation soit équilibrée et qu’elle nous apporte chaque classe de nutriments.

Certaines situations particulières nous obligent parfois à choisir tel régime alimentaire plutôt qu’un autre, mais je trouve important d’être alors suivi-e par un professionnel de l’alimentation et que ce soit bien réfléchi.

Quels conseils donneriez-vous aux femmes pré-
ou ménopausées
pour garder forme et moral ?

Rien de plus ni de moins qu’à toutes les femmes… Prendre soin de son alimentation, de son mode de vie, de ses émotions, pour vivre ce moment important de la façon la plus fluide possible, tout comme l’adolescence, la grossesse ou n’importe quel cycle féminin. Nous pensons toujours qu’il y a des ressources miracles pour certaines phases de notre vie ; mais, en fait, nous avons simplement besoin de ralentir, de prendre soin de notre corps, de notre mental, de nos émotions, de nos besoins fondamentaux et nous serons heureuses.

Le mot de la fin ?

Nous évoluons toutes avec une histoire différente, mais nos besoins sont identiques. Nous avons besoin d’amour, de reconnaissance, de compréhension, de liberté, de lien, etc.

Nos stratégies pour les remplir sont différentes et peuvent s’ajuster pour nous apporter le plus de sérénité possible. J’ai à coeur d’aider chaque femme à apaiser sa relation à l’alimentation en la soutenant sur le chemin qu’elle choisit et à son rythme. J’espère que chaque femme pourra trouver la sérénité nécessaire pour faire le bout de chemin qui est le sien, en se sentant libre de ses choix et de sa vie.

Mon assiette et moi
de Geneviève Mahin

Comment apaiser ma relation à l’alimentation

Dans ce livre, l’auteure met son histoire au service de ses lectrices et propose des pistes et des outils concrets pour que chacune puisse retrouver de la sérénité face à son assiette, et ainsi, petit à petit, retrouver sa silhouette.

Recettes saines et gourmandes (sans lait, ni gluten), expériences d’alimentation consciente, exercices d’auto-coaching, travail personnel, cet ouvrage, extrêmement bien documenté et à la portée de toutes, donne accès à tout ce qu’une femme doit s’approprier pour faire la paix avec son alimentation.

Éditions Racine – 176 pages – 29,95 €