Pour nos proches :
Boostons nos relations en nous appuyant sur notre expérience !

proposé par Nathalie Reinhardt
coordinatrice de l’Atelier Gordon (www.ateliergordon.com)
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Carl Rogers, créateur du courant de la psychologie humaniste, s’est posé la question suivante : quelles sont les caractéristiques des relations qui sont une aide et qui facilitent la croissance ?

Il a énuméré 10 ingrédients-clés, qui sont autant de questions sur lesquelles nous pouvons méditer, réfléchir et grandir. Nous avons exploré de plus près chacune des 9 premières questions dans les numéros précédents de l’écolomag.

  1. Puis-je arriver à être perçu-e par autrui comme digne de confiance, comme fiable et cohérent-e au sens le plus profond ?
  2. Puis-je m’exprimer de façon à communiquer sans ambiguïté l’image de la personne que je suis ?
  3. Puis-je éprouver des attitudes positives envers l’autre : chaleur, attention, affection, intérêt, respect ?
  4. Puis-je, en tant que personne, être assez fort-e pour être distinct-e de l’autre ?
  5. Suis-je assez sûr-e de moi pour permettre à l’autre d’être distinct ?
  6. Puis-je me permettre d’entrer complètement dans l’univers des sentiments d’autrui et de ses conceptions personnelles et les voir sous le même angle que lui ?
  7. Puis-je accepter toutes les facettes que me présente cette personne ?
  8. Puis-je agir avec assez de sensibilité dans cette relation pour que mon comportement ne soit pas perçu comme une menace ?
  9. Puis-je me libérer de la crainte d’être jugé-e par les autres ?
  10. Puis-je voir l’autre comme une personne en devenir, ou vais-je être bloqué-e par son passé et par le mien ?

Carl Rogers nous pose alors sa 10e question : 10. Puis-je voir l’autre comme une personne en devenir ou vais-je être bloqué-e par son passé et par le mien ?

J’adorerais pouvoir répondre OUI OUI OUI tout le temps et absolument à cette magnifique question. Et, cependant, qu’estce que c’est difficile !

Souvent, lorsque nous nous adressons à quelqu’un – et cela s’applique d’autant plus que nous le connaissons de longue date –, nous portons sur lui un regard empreint de croyances, de jugements. Ces croyances et jugements ont été développés pour un certain nombre de raisons, mais aussi sur la base de notre expérience.

Or, quand nous nous adresserons à l’autre avec ces croyances en tête, elles colorent notre message et mettent l’autre dans une position et un rôle qu’il va s’empresser de remplir. Et, tout cela, bien inconsciemment de toutes parts.

Par exemple : mon ado passe le plus clair de son temps sur un écran dans sa chambre à son retour du collège. Cela fait 3 jours que, quand je rentre du travail, je le trouve avachi sur son lit, le regard vissé sur l’écran. Si le lendemain, je me dirige vers sa chambre en me disant intérieurement : « C’est sûr il est encore en train de perdre son temps sur cet écran débile », le message que je vais lui adresser « Tu as passé une bonne journée ? » coloré par cela : « STOP L’ÉCRAN ! ». Certes, les mots sont anodins mais tout notre non verbal crie notre préjugé. Et, de ce fait, on a toutes les chances de générer une interaction tendue. On a mis une casquette « écran forever » sur la tête de l’ado, qu’il va s’empresser de garder.

Cela aurait été très différent si, en me dirigeant vers sa chambre, je m’étais dit : « Chouette, cela me fait plaisir de pouvoir enfin le voir un peu après cette longue journée. »

Il est naturel d’avoir des croyances, des craintes, des projections sur l’autre, ET celles-ci enferment souvent l’autre dans un rôle. Si vous vous rendez compte que l’une de vos relations ne va pas fort, alors, la première des choses est précisément de vous poser la question que nous pose Carl Rogers : Puis-je voir l’autre comme une personne en devenir ou vais-je être bloqué-e par son passé et par le mien ?

Alors, vous pourrez prendre conscience de ces croyances et jugements que vous projetez sur lui et, petit à petit, les détricoter, regarder l’être en devenir que nous sommes tous et ouvrir les bras.

Ce n’est pas facile – cela se saurait –, mais cela peut changer la vie.

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À très vite,

Nathalie Reinhardt
Fondatrice de l’Association
Les Ateliers Gordon
www.lesateliersgordon.org