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Cahier de 5 grandes plantes antidouleur

La reine des prés
(Filipendula ulmaria (L.) Maxim)

Dans l’Antiquité, la reine des prés était choisie contre les douleurs articulaires et les rhumatismes, avant de tomber dans l’oubli. On ne retrouve des traces de son utilisation qu’à partir du XVIIIe siècle. En1835, à Berlin, Karl J. Löwig isole et identifie l’acide salicylique, substance antiinflammatoire et analgésique, précurseur de l’aspirine (mot dérivant de l’ancien nom de la reine des prés : la spirée). La reine des prés fut alors largement exploitée en cas de fièvre, maux de tête, douleurs dentaires, manifestations articulaires douloureuses, tendinites, foulures, etc.

Comment l’utiliser ?

Les sommités fleuries s’emploient en infusion. Comptez 1/2 c. à s. pour 25 cl d’eau frémissante. Buvez 2 à 3 bols par jour, en cure de 21 jours. Vous pouvez aussi consommer la reine des prés sous forme de gélules.

 

L’écorce de saule blanc
(Salix alba L.)

Dans l’Égypte ancienne, le saule blanc est perçu comme un remède souverain pour lutter contre les fièvres et les douleurs. 400 ans av. J.-C., le médecin Hippocrate prescrit une décoction d’écorces de saule contre les inflammations articulaires. Quant à Dioscoride, il préconise des feuilles de saule écrasées dans du vin pour apaiser les rhumatismes et les douleurs lombaires. Il considère aussi l’écorce de saule comme astringente et la privilégie contre les crachements de sang. Au IIe siècle, Galien recommande la sève de saule comme cicatrisant.

Au Moyen Âge, le saule est délaissé, jusqu’à la fin du XVIIe siècle, où il regagne sa réputation de plante « antidouleur ». Par analogie avec l’écorce de quinquina, celle de saule sert notamment à lutter contre les fièvres dues au paludisme. Puis, au début du XIXe siècle, le principe actif de l’écorce de saule est isolé et identifié : la salicine, précurseur de l’acide salicylique, puissant anti-inflammatoire. Quelques années plus tard, on obtient sa synthèse chimique et celle de son célèbre dérivé, l’aspirine.

Comment l’utiliser ?

L’écorce de saule se consomme en décoction. Comptez 1 c. à s. d’écorce séchée pour 25 cl d’eau froide. Portez à ébullition 2 mn, puis laissez infuser 10 mn hors du feu. Buvez 3 bols par jour, en cure de 21 jours. Vous pouvez aussi consommer l’écorce de saule blanc sous forme de gélules.

 

Le frêne
(Fraxinus excelsior L.)

Il est intéressant car ses vertus sont à la fois anti-inflammatoires, antalgiques et légèrement diurétiques. Son usage ne date pas d’hier puisque, dans l’Antiquité, Hippocrate le conseillait déjà (écorce et feuilles) pour soigner les rhumatismes. Aujourd’hui, on sait que le frêne – grâce à la fraxine, un glucoside aux qualités fébrifuges – stimule l’élimination de l’acide urique et de l’acide oxalique, dont l’accumulation dans les tissus provoque des inflammations et des douleurs. Selon l’intensité des douleurs, il est possible d’employer le frêne en simple infusion, ou en décoction pour un effet plus puissant. Les feuilles de frêne peuvent être salvatrices en application externe de compresses de décocter sur les articulations douloureuses.

Comment l’utiliser ?

Il est préférable de choisir les feuilles séchées pour l’infusion et l’écorce pour la décoction.

Pour l’infusion : Comptez 1 c. à s. de plante pour 25 cl d’eau frémissante. Faites infuser 10 mn. Buvez 2 bols par jour, en cure de 21 jours.

Pour la décoction : Comptez 1 c. à s. d’écorce séchée et grossièrement hachée pour 25 cl d’eau froide. Faites tremper dans l’eau froide pendant 15 mn, puis chauffez 10 mn. Prolongez l’infusion pendant 5 mn hors du feu. Buvez 2 bols par jour, en cure de 21 jours.

Astuce : Dans les deux cas – feuille ou écorce –, le frêne n’a pas très bon goût. Pour améliorer sa saveur, vous pouvez lui associer une plante acidulée (verveine citronnée, mélisse…) et sucrer le mélange avec un peu de miel.

 

L’harpagophytum
(Harpagophytum spp.)

Les peuples indigènes d’Afrique du Sud, comme les Bochimans, les Bantous et les Hottentots, ont depuis longtemps recours aux tubercules d’harpagophytum sous forme de décoction dans le traitement des rhumatismes et des douleurs digestives.

Cette racine pousse dans le désert du Kalahari, une vaste contrée aride où règnent des températures extrêmes selon les saisons. Ses divers surnoms – griffe du diable, araignée de bois, plante grappin – rappellent que cette plante a la caractéristique de s’aggriper aux pattes des animaux qui l’approchent pour disséminer ses graines.

L’harpagoside – un glucoside – apporte à la plante des propriétés anti-inflammatoires, anti-rhumatismales et modérément analgésiques. L’harpagophytum est d’ailleurs reconnu efficace contre toutes les douleurs articulaires, telles que l’arthrite chronique, l’arthrose, la polyarthrite rhumatoïde, l’ostéoarthrite, les maux de dos (lumbago…) et les tendinites. Agissant non seulement sur les articulations et les tendons, la plante favoriserait également la détente musculaire.

Comment l’utiliser ?

La racine d’harpagophytum se prépare en décoction. Comptez 1/2 c. à s. de racines séchées pour 25 cl d’eau froide.

Faites tremper dans l’eau froide pendant 4 h, puis chauffez jusqu’à ébullition. Faites infuser pendant 10 mn hors du feu.

Buvez 2 bols par jour en cure de 21 jours, loin des repas. Il est également possible de consommer l’harpagophytum sous forme de poudre de plante (en gélules) ou de teinture-mère (flacon compte-gouttes). Cette dernière forme est la plus indiquée si vous souffrez de problèmes digestifs.

 

La grande camomille
(Tanacetum parthenium (L.) Sch. Bip. )

Cette plante très courante ne doit pas être confondue avec les deux autres camomilles : la matricaire et la romaine.

La grande camomille – ou partenelle – était déjà connue dans l’Antiquité pour calmer les migraines et soulager les règles douloureuses. Au XVIIIe siècle, en Europe, on la considérait d’ailleurs comme l’un des remèdes les plus efficaces qui soient. En Angleterre, la grande camomille devint populaire car l’épouse d’un haut responsable de la commission nationale anglaise du charbon, souffrant de fortes migraines, fut guérie grâce à un mineur qui lui proposa d’en mastiquer les feuilles. Un célèbre médecin spécialiste des migraines entama par la suite plusieurs essais cliniques, qui contribuèrent à donner sa réputation à la plante. En France, elle faisait partie des plantes du Capitulaire de Villis de Charlemagne.

Elle possède une action anti-migraine, confirmée par plusieurs études scientifiques. On l’attribue à plusieurs facteurs : elle réduit la contraction des vaisseaux qui irriguent le cerveau, diminuant ainsi la compression dans la boîte crânienne ; elle favorise la production des neurotransmetteurs qui freinent le message douloureux ; elle agit aussi sur les médiateurs inflammatoires, contribuant ainsi à faire baisser l’inflammation.

La grande camomille est également antispasmodique, ce qui lui confère une efficacité certaine contre les douleurs des règles.

Comment l’utiliser ?

Les parties aériennes (feuilles et fleurs) se consomment en infusion.

Comptez 1/2 c. à s. de plante séchée pour 25 cl d’eau frémissante. Faites infuser pendant 10 mn. Buvez 2 à 3 bols par jour, en cure de 21 jours.

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