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Climat : mesure en continu
des émissions de CO2 à Paris

Les grandes villes du monde et leurs habitants représentent environ 70 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. À travers la planète, de grandes villes affichent de fortes ambitions en matière climatique, mais il est difficile aujourd’hui d’évaluer l’efficacité de leurs actions…

Actuellement, faire un « bilan carbone », qui quantifie les émissions des grandes familles de gaz à effet de serre (CO2, méthane…), avec une marge d’incertitude jusqu’à 30 %, « nécessite de recourir à beaucoup d’informations (trafic routier, industries, bâtiments, énergie) et, généralement, cela crée un délai qui va de 2 à 3 ans », explique à l’AFP Thomas Lauvaux, chercheur au Laboratoire des Sciences de l’Environnement et du Climat (LSCE), partenaire scientifique du projet porté par la start-up Origins.earth. Ainsi, le dernier « bilan carbone » de Paris, publié en 2016, portait sur les émissions de 2014. Ce n’est ni suffisant, ni satisfaisant.

Un projet pilote déployé à Paris permettra bientôt de mesurer en continu l’impact des plans climat sur les émissions de CO2. Financé par le groupe Suez et des fonds européens, le projet pourra compter à terme sur une vingtaine de capteurs installés sur les toits pour mesurer concentrations et émissions de CO2 dans la région parisienne, faisant le tri entre les émissions naturelles et celles issues des activités humaines. Grâce aux futures données en continu, Paris et agglomération pourront connaître plus rapidement l’impact – ou son absence – de certaines politiques publiques. Les électeurs pourront aussi constater si les promesses de réduction des émissions de CO2 ont été respectées ou non.

Les partenaires du projet, soutenu par l’Organisation météorologique mondiale, ne s’attendent pas à des surprises majeures pour la capitale française : les grands axes des politiques de réduction des émissions sont connus (rénovation des bâtiments, plans de déplacements, transition énergétique, déchets…). Mais cela permettra d’obtenir des cartes plus affinées, d’identifier plus précisément les « hot spots » d’émissions sur le territoire et d’adapter les politiques. Les habitants pourront également observer l’effet de leurs propres comportements. En un an, grâce à un indice qui devrait être publié tous les mois en 2020, les citoyens « pourront prendre conscience du cycle naturel des émissions, de l’été et de l’hiver, avec leur propre impact, par exemple quand ils mettent en route le chauffage », insiste Thomas Lauvaux.