Belle de nuit !

Comme nous l’avons vu précédemment, la nuit est indispensable à notre corps pour se resynchroniser et à notre esprit pour se déconnecter du quotidien. Elle est aussi essentielle à notre peau pour se préserver du temps qui passe.

On pense souvent, à tort, que, la nuit, notre épiderme est au repos et qu’il ne se passe rien ; mais c’est en réalité tout le contraire. Dans le silence et la pénombre, nos cellules s’activent, nos processus biologiques tournent à plein régime pour que la peau puisse se régénérer et offrir son meilleur visage au réveil.

En théorie, la peau est normalement capable de se revitaliser toute seule en puisant dans ses propres ressources – on appelle cela la résilience de la peau ; mais, en pratique, à force de subir des agressions multiples au cours de la journée, ses capacités d’auto-défense, de réparation et de régénération s’amoindrissent. À titre d’exemple, la fatigue accentue notre nature de peau, à savoir une sécheresse exacerbée pour certain-e-s, des imperfections, de la brillance et des pores dilatés pour d’autres. C’est là que les soins (naturels, bien sûr !) – avec des actifs ciblés – entrent en jeu et viennent en renfort pour lisser, défroisser et régénérer. Faisons toute la lumière sur cette beauté nocturne.

 

Chronobiologie de la peau

Au quotidien, nous sommes synchronisés via des horloges biologiques internes qui nous cadencent sur une période de 24 heures. Ces dernières sont réglées à la bonne heure par des signaux de l’environnement, nommés synchroniseurs, tels que les heures de lever et de coucher du soleil.

La peau et les cheveux n’échappent pas à ces horloges biologiques et adoptent différents rythmes sur 24 heures. Contrairement aux idées reçues, la peau ne dort jamais et profite de la nuit pour récupérer des atteintes subies au quotidien, tandis qu’elle se consacre pleinement à sa protection contre l’environnement le jour. Ces horloges biologiques sont orchestrées par ce que l’on appelle un oscillateur central situé dans l’hypothalamus, lequel, relié au nerf optique, est sensible aux variations de la lumière.

Il existe également des oscillateurs au coeur de la peau, qui rythment l’activité cellulaire via l’expression de « gènes horloges ». C’est grâce à eux que notre peau et notre cuir chevelu sont capables de vivre des phases différentes au rythme des jours et des nuits.

L’activation de ces gènes horloges permet à la peau de s’adapter en de nombreuses circonstances.

Pour en finir avec de fréquentes idées reçues, l’activité cellulaire est beaucoup plus dense pendant la nuit, les cellules se multipliant intensément, avec un métabolisme plus élevé. Il y aurait un pic de divisions cellulaires vers 1 h 00 du matin, pour les personnes se couchant en moyenne entre 22 h 00 et 23 h 00.

Perte insensible en eau, acidité, microcirculation capillaire, production de triglycérides, de lactates… Autant de paramètres également accrus pendant la nuit. En revanche, l’évaporation de la sueur et l’excrétion sébacée sont minimes durant la nuit.

Mais ce n’est pas tout… La peau possède des récepteurs à la mélatonine (hormone du sommeil), qui, outre son rôle de synchroniseur circadien, est un excellent « piégeur » de radicaux libres.

Il apparaît ainsi opportun de mettre en adéquation les formules cosmétiques avec la chronobiologie cutanée.