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Des microplastiques
jusque dans les entrailles des océans

Aucun écosystème marin n’est épargné par la pollution au plastique : des chercheurs ont découvert pour la première fois des microplastiques dans les entrailles de mini-crustacés vivant à près de 11 km de profondeur. Les auteurs de cette étude, publiée fin février dernier dans la revue Royal Society Open Science, ont disséqué 90 spécimens d’amphipodes lysianassid, sortes de minuscules crevettes, récoltés au fond de 6 des plus profondes fosses océaniques réparties autour de la ceinture du Pacifique. Nylon, polyéthylène, PVC, soie synthétique… 65 individus (plus de 72 %) contenaient au moins une microparticule. Et la contamination concerne tous les sites, avec un minimum de 50 % des spécimens collectés à près de 7 000 mètres de profondeur dans la fosse des Nouvelles-Hébrides ayant ingéré du plastique, à 100 % chez ceux capturés à environ – 11 000 mètres dans la fosse des Mariannes, la plus profonde connue. Le scientifique, spécialiste de l’exploration sousmarine, qui a découvert plusieurs espèces des abysses, n’étudie généralement pas les questions de pollution au plastique. Mais son équipe et lui avaient à disposition des amphipodes de plusieurs espèces de la famille des Lysianassidae (Hirondellea, eurythenes gryllus) prélevés entre 2008 et 2017 dans des pièges posés au fond des océans par des véhicules sous-marins. Une collection incomparable qu’ils ont voulu exploiter pour contribuer aux connaissances sur le sujet de la pollution aux microplastiques. Plus de 300 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année, dont une partie se retrouve dans l’océan. Si, selon des estimations scientifiques, quelque 5 000 milliards de morceaux de plastique pesant, au total, plus de 250 000 tonnes flottent à la surface, la matière finit par se dégrader en microparticules, qui coulent au fond des mers. De précédentes études avaient mis en évidence la présence de microplastiques dans des sédiments marins à près de – 7 000 mètres près de la fosse des Kouriles, toujours dans l’océan Pacifique, et dans des organismes vivant à 2 200 mètres de profondeur dans l’Atlantique Nord. Mais la plupart des études se focalisent sur la surface. L’ONU et les ONG ont déclaré la guerre aux plastiques pour tenter d’éradiquer la pollution à la source en luttant contre la culture du tout jetable. Cependant, l’espoir de nettoyer les mers des volumes de déchets gigantesques est plus que faible. Et la perspective est encore plus sombre pour le fond des océans, où les particules décomposées finiront par se déposer.