Humeurs

L’écolomag N° 79

Septembre – Octobre 79

Édito 79

LES HUMEURS DE LA CHOUETTE

« Le temps passe… C’est normal, il n’a que ça à faire ! »

 

 

Je ne suis plus qu’une vieille chouette qui a eu la chance de vous connaître plus joyeux ! Le monde a bien vrillé le temps d’une vie. Je me souviens de l’époque où j’étais la télécommande de la maison. Aujourd’hui, c’est une marque de pouce qui active mon téléphone. Je tiens toute la connaissance du monde dans le creux de ma main, et, pourtant, on me dit qu’il n’y a jamais eu autant d’illettrés. Notre santé n’a jamais été aussi bonne et nous n’avons jamais autant tremblé devant la maladie. Nous n’avons jamais gaspillé autant de nourriture et, pourtant, il est des vieux qui se disputent les invendus de nos marchés. Une question me taraude. N’avons-nous pas accepté de revêtir un costard trop grand ? Sommes-nous comme ces chauffards du dimanche au volant d’une voiture trop puissante ? Cette époque tellement complète, sophistiquée, si riche ne va-t-elle pas un peu trop vite pour les âmes simples que nous sommes devenus ? Sommes-nous condamnés à jouer les Sisyphe et à courir derrière un train qui n’accepterait que quelques passagers en classe affaires, obligeant le reste du monde à galoper sur un quai de plus en plus escarpé ? Pourtant, tout est là.

Les moyens de vivre dans un monde plus propre et plus joli. Les moyens d’éduquer nos enfants en leur apprenant à réfléchir et à savoir sans risquer ce burn out que nous semblons tant redouter. Et si nous essayions d’avoir un peu moins peur pour devenir un peu plus curieux des autres. Si nous décidions que la solidarité n’est pas que collective, que tendre la main est aussi l’affaire de chacun. Aider les autres ne se fait pas qu’en donnant du pognon à la télé. Sourire à son voisin et souhaiter le bonjour dans une épicerie n’est pas si difficile que ça ! Acheter ses tomates à la bonne saison et à la bonne personne est à notre portée ! Pareil pour nos déchets. Plus d’un automobiliste sur trois jette ses emballages par la fenêtre, bon dieu de bois ! Alors, pourquoi ne pas essayer de maîtriser notre époque avec un peu plus de bon sens et de coeur ? Il suffit de le vouloir. Commençons par apprendre à vouloir !

Naturellement vôtre,

La Chouette

Restons calmes ! par Olivier Guilbaud

 

Restons calmes !

Olivier Guilbaud

 

Saviez-vous que c’est le dieu grec Pan, tecteur des bergers et troupeaux, qui explique l’origine du terme panique ?

La peur qu’il occasionnait en faisant du bruit semait la terreur, une peur « panique », collective et sans cause légitime. Le terme décrit aujourd’hui un état de malaise et d’agitation lorsqu’il y a un doute ou sentiment d’insécurité. Cela peut même aller jusqu’à un état de crise sévère, de panique ou d’angoisse !

Notre actualité est riche en annonces porteuses d’anxiété… Dans ce contexte inédit, il faut savoir s’en détacher pour relativiser et ne pas céder à la panique collective. Certes, la Covid-19 occupe le terrain depuis de longues semaines, mais d’autres thématiques anxiogènes, qui se font discrètes actuellement, reviendront. Et la liste est longue : alimentation, médicaments, cosmétiques… Les sujets d’actualité, parfois sans fondement et qui se focalisent sur un seul aspect, le plus angoissant, sont pléthoriques.

Ce bruit médiatique a remplacé le bruit du dieu Pan, censé effrayer les foules. Mais, comme le dit l’expression, ne cédons pas à la panique. Bien souvent, avec un peu de discernement, nous constatons que l’origine de cette peur est injustifiée et irrationnelle. Alors, restons connectés au sol, gardons « les pieds sur terre », soyons pragmatiques et objectifs. Il ne sert à rien de supposer sur la base de conjectures improbables. Surtout, restons dans une attitude positive salvatrice, véritable antidote. Personne n’est à l’abri d’un bref moment de panique, bien naturel, mais c’est bien en restant concrets et optimistes que ce moment passera. Et l’assurance des proches, ce lien social, ciment de notre humanisme, sera alors plus que jamais un atout irremplaçable pour passer ce cap.

Prenons conscience de l’état présent, restons lucides, profitons de la vie. Sachons trier dans ce brouhaha médiatique pour éviter les bruits anxiogènes. Concentrons-nous sur une musique positive qui sait combiner les sons apaisants et objectifs. Respirez, vous êtes bien.

Olivier Guilbaud
Co-dirigeant du Groupe Laboratoire
Science et Nature

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Respirez, flairez, sentez, humez c’est indispensable au cerveau !

Respirez, flairez, sentez, humez
c’est indispensable au cerveau !

France Guillain

Si le masque a, selon ce qu’il est, parfois, l’avantage de nous protéger des gaz d’échappement, de la pollution, et aussi, nous dit-on, de protéger les autres et nous-mêmes de vilaines petites bêtes microscopiques, nous ne devons pas oublier que notre nez, avec l’olfaction et l’oxygénation de tout le corps, et en particulier du cerveau, sont vitaux. Notre nez est la porte d’entrée de l’oxygénation du cerveau et du sang. Se boucher complètement le nez en fermant la bouche est, assurément, trépasser, comme chacun le sait. Tel n’est pas notre objet aujourd’hui.

Pour l’heure, nous nous intéressons à l’odorat, à l’olfaction, à la finesse, à la délicatesse de notre perception des odeurs, des effluves et relents, et, mieux, des parfums, des senteurs, qui sont une belle partie de notre bonheur de vivre, par leurs promesses ou par les souvenirs qu’ils raniment si bien. Si avoir un bon odorat nous protège des aliments avariés ou des zones polluées, ce même odorat nous conduit par le bout du nez vers la boulangerie ou vers l’éclade – ou églade – de moules du voisin en Charente, ou vers la préparation d’un bon aïoli en Provence. De même, notre capacité à humer les airs peut nous conduire vers le parfum ou la belle odeur de peau de l’être aimé, ou au contraire ne plus pouvoir le (ou la) sentir si nos sentiments ont changé.

Or, il advient que des chercheurs de l’Université de Toronto au Canada, ont travaillé récemment sur les liens très puissants entre l’odeur, la senteur, le parfum et notre mémoire. Dans notre cerveau, l’amygdale qui traite l’information sensorielle, et l’hippocampe, zone très impliquée dans la mémorisation, sont très proches. Les chercheurs canadiens parlent donc d’un noyau olfactif antérieur, qui permet ce que l’on connaît sous le nom d’effet madeleine de Proust. Par exemple, un parfum peut nous faire revivre, en pensée et dans les moindres détails, une première rencontre amoureuse.

Ces chercheurs ont noté que la perte d’odorat, corrélée à la mémoire, semble être la toute première déficience en tout début de la maladie d’Alzheimer, assez longtemps avant les troubles plus accentués de mémoire.

Attention : la perte d’odorat peut être liée à un rhume, à la prise de certains médicaments. Elle peut aussi être due à la présence de polypes, de sinus bouchés ou d’allergies saisonnières. On nous dit qu’elle est également associée à l’âge, mais ceux qui connaissent ma méthode savent très bien que c’est avant tout une hygiène de vie trop éloignée de la nature qui en est responsable, et non pas l’âge !

Ce que disent ces chercheurs, c’est qu’en fonction de son hérédité, des pathologies que l’on a, après avoir fait faire par le médecin ORL toutes les investigations nécessaires, si la perte d’odorat persiste, il est bon de consulter un spécialiste des maladies neurodégénératives.

Mais, la bonne nouvelle, est que ces chercheurs disent aussi que l’on pourrait faire de la prévention !

Une étude publiée dans la revue scientifique Neuron a montré que la stimulation par les bonnes odeurs augmentait notre mémoire. À nous les bons petits plats parfumés de thym, romarin, sarriette, basilic, ail, ciboulette, à nous les bons fruits et légumes bio délicieusement odorants. Les bonnes huiles bio si variées !

À nous aussi les huiles essentielles, mais attention. On les utilise avec parcimonie, on ne s’en asperge pas les vêtements jusqu’à en faire suffoquer les voisins, oui, ça existe ! Je me souviens d’un trajet en voiture où j’ai dû conduire quelques centaines de kilomètres avec un gros foulard sur le nez, tant ma voisine s’était aspergée d’huiles essentielles.

Par contre, à chaque fois que nous le pouvons, libérons nos narines pour nous régaler de l’odeur des pins, des épicéas ou de la mer. Flairons les sous-bois après la pluie, l’odeur de la mousse et des champignons. Jouons avec les enfants à reconnaître les odeurs, les yeux bandés.

Sachons aussi que, lorsque nous mangeons principalement, sur la durée, des aliments végétaux bio et crus, ou lorsque nous jeûnons au moins une semaine, lorsque nous faisons une cure de raisins, notre flair s’affine beaucoup. Lorsque nous évitons le plus possible de saler ou sucrer aussi.

Alors, fidèles de L’écolomag, ne manquons aucune occasion de libérer nos narines pour flairer, humer, sentir ! Cela fait partie des grandes joies de la vie et, en plus, cela préserve notre cerveau !

France Guillain
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Méthode France Guillain
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Formations diplômantes
La Méthode France Guillain, Le Bain dérivatif, Le Miam-Ô-Fruit, Le Miam-Ô-5, éditions du Rocher
7 aliments précieux, éditions Eyrolles
Le bonheur d’être nu, éditions Albin Michel
J’allaite mon bébé, éditions La Plage

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