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Santé, Bien-être & Beauté

L’écolomag N° 72

Le féminin sans tabou par Sophie Macheteau

Le féminin
sans tabou

Par Sophie Macheteau

En 2019, aussi étonnant que cela puisse paraître, les tabous autour de la femme sont encore trop nombreux. Certes, la parole se libère de plus en plus dans la presse, mais aussi dans l’édition avec des livres pratiques davantage ciblés, pouvant traiter de sujets féminins aussi diversifiés que l’endométriose, le pouvoir des femmes, le périnée, le microbiote vaginal, la contraception, le féminin sacré ou encore le plaisir des femmes après la ménopause. Mais ces ouvrages, cette parole qui se libère peu à peu montrent combien la femme a besoin de reprendre le contrôle sur sa santé, son bien-être et sa beauté. Et c’est bien par la connaissance qu’elle pourra se réapproprier son corps et découvrir son identité profonde.

La plante du mois : Le framboisier

La plante du mois
Le framboisier (Rubus idaeus L.)
Un allié au féminin

Framboisier et botanique

Probablement originaire d’Asie Mineure, le framboisier pousse spontanément dans les bois, les forêts et les plaines de tout l’hémisphère nord : Europe, Amérique du Nord et Asie tempérée.

Cet arbrisseau vivace, pouvant atteindre 2 m de hauteur, possède de longues tiges flexibles, dressées, cylindriques et garnies de nombreux petits aiguillons. Elles naissent à partir de la souche, fructifient après une année végétative et meurent. Les feuilles alternes du framboisier sont divisées en 3 à 7 folioles ovales, acuminées et dentées. De couleur vert clair sur le dessus, elles sont blanchâtres et velues en dessous. Ses fleurs, groupées en corymbes, possèdent 5 sépales blancs et tomenteux, entourant 5 pétales blancs, dressés, plus courts que les sépales. Le fruit, de couleur rouge, est formé de nombreuses petites drupes rondes, finement pubescentes, insérées sur le réceptacle floral. Chacune de ces drupes renferme une seule graine.

Histoire et tradition du framboisier

Au Néolithique, on récoltait déjà des framboises sauvages. Les Romains répandirent sa culture dans toute l’Europe, mais c’est au Moyen Âge qu’elle s’intensifia fortement.

On confectionnait jadis du vinaigre de framboise pour se préserver de la peste ou des infusions pour lutter contre la fièvre et la faiblesse du cœur. Les framboises étaient aussi conseillées pour soulager les douleurs rhumatismales.

Les feuilles s’employaient en décoction contre les angines et la diarrhée chronique. En Angleterre et en Hollande, on les utilisait dans le cas de troubles survenant pendant l’accouchement et les menstruations. En Pologne, les feuilles servent traditionnellement pour leurs vertus tonifiantes, astringentes et diurétiques.

Étymologie et légendes autour du framboisier

Rubus vient du latin ruber, rouge, rappelant la couleur des framboises. Idaeus signifie « du mont Ida », en Crète, car, selon Pline, il était recouvert de framboisiers. Le framboisier est d’ailleurs surnommé « ronce du mont Ida ».

La légende raconte que, autrefois, toutes les framboises étaient blanches jusqu’au jour où Ida, la fille du roi de Crète, allant en cueillir pour calmer la colère de Jupiter, s’égratigna le sein et teignit à jamais les fruits d’un rouge éclatant.

Selon les coutumes allemandes, on suspendait des branches de framboisier sauvage au-dessus des portes pour protéger la maison. Dans certaines régions, en cas de décès, on place des branches de framboisier dans toutes les pièces pour chasser l’esprit du défunt.

Dans le langage des fleurs, le framboisier symbolise les remords.

CÔTÉ SANTÉ

Leur forte teneur en tanins apporte aux feuilles de framboisier des vertus astringentes et anti-diarrhéiques efficaces pour soigner divers troubles intestinaux. Elles possèdent aussi des caractéristiques diurétiques et sudorifiques, qui les rendent intéressantes lors d’un refroidissement, d’une grippe ou pour une cure de printemps.

Anti-inflammatoires et émollientes, les feuilles de framboisier s’emploient en bain de bouche et en gargarisme lors d’inflammations buccales (aphtes) ou pharyngées (angine).

Elles sont douées d’une action régulatrice sur les muscles lisses, en particulier les muscles utérins. Ainsi, elles donnent du tonus à l’utérus et à ses ligaments, facilitant de ce fait les menstruations et l’accouchement. Ayant un effet antispamodique sur le muscle utérin, elles calment les crampes menstruelles et soulagent lorsque l’on souffre d’endométriose.

Comment utiliser les feuilles ?

En infusion : 1 c. à c. de plante sèche par tasse d’eau pour un usage fréquent. Infuser 10 minutes. En cas de crampes menstruelles, 1 c. à s. de plante sèche par tasse d’eau. Infuser 10 minutes. On veillera à en boire 1 à 3 litre(s) par jour, comme « tisane des lunes ».

En teinture-mère (ou alcoolature) : selon l’usage désiré, vous pourrez prendre de 20 à 200 gouttes (0,5 à 5 ml), 2 à 3 fois par jour. Si les douleurs des crampes menstruelles sont aiguës, prenez 40 à 60 gouttes chaque 1/2 heure jusqu’à diminution ou arrêt des crampes. Si, après 3 heures, les douleurs ne s’effacent pas, arrêtez et revenez à une prise normale.

CÔTÉ BEAUTÉ

Utilisations cosmétiques des feuilles

Riches en tanins, les feuilles de framboisier ont des vertus astringentes, adoucissantes et tonifiantes. Elles sont conseillées dans le soin des peaux fatiguées et irritées, ainsi que des cheveux rêches et plats. Elles permettent également d’atténuer les rougeurs diffuses du visage en activant la microcirculation.

Les feuilles de framboisier, reconnues pour leurs vertus antioxydantes, peuvent aussi entrer dans des soins pour peaux stressées et matures.

Utilisations cosmétiques des fruits

La framboise jouit de propriétés adoucissantes, émollientes et antioxydantes. Elle est conseillée dans des crèmes pour peaux sensibles, fragiles et irritées, tout particulièrement celle du contour des yeux. La framboise est aussi appréciée dans les soins pour bébés. Sa teneur en acides organiques et en vitamines lui confère des vertus exfoliantes et tonifiantes qui sont idéales pour redonner un coup d’éclat aux peaux ternes et fatiguées. Enfin, les graines de framboise peuvent constituer une poudre de gommage à incorporer dans des produits exfoliants.

Zoom sur l’huile de framboise

Obtenue par première pression à froid des pépins, l’huile de framboise est un véritable trésor pour l’épiderme. Riche en vitamine E, caroténoïdes et composants antiradicalaires, elle est idéale dans lutte contre les signes du vieillissement de la peau et prévient la formation des rides et ridules. Réparatrice, grâce à sa teneur exceptionnelle en acides gras essentiels (oméga 3 et 6), elle est également intéressante pour soulager les peaux sujettes à démangeaisons et adoucir les peaux sensibles. Elle est traditionnellement conseillée en complément dans le soin des peaux à tendance atopique (eczéma…). Cette huile peut être incorporée dans des crèmes de nuit riches et régénérantes, ou dans des textures plus fluides pour des soins de jour réparateurs et protecteurs. Sa grande richesse en antioxydants et caroténoïdes en fait aussi une huile idéale pour réaliser des soins réparateurs après-soleil.

Recette express : masque réparateur après-soleil à l’huile de framboise

Dans un bol, mélangez 1 c. à s. de fromage blanc, 1 c. à s. de gel d’aloe vera et 1 c. à c. d’huile végétale de framboise. Appliquez en couche épaisse sur le visage. Laissez poser 20 minutes, puis ôtez l’excédent avec un linge propre, sans rincer. À faire 1 à 2 fois par semaine.

Côté santé : Libérons la parole sur le cycle féminin

Quand on pense à la santé de la femme, l’un des sujets qui nous vient spontanément à l’esprit est la contraception. Or, on constate qu’il existe encore beaucoup de tabous et d’omerta en la matière. Il est donc nécessaire de libérer la parole et c’est pour cette raison que nous avons consacré le dossier du mois à ce vaste sujet, en compagnie d’une spécialiste. Et, dans un tout autre domaine, nous aborderons le sujet ultra-tabou de l’hyper-flatulence, avec une journaliste passionnante qui est partie en croisade pour faire connaître la pathologie du SIBO (ou Small Intestinal Bacterial Overgrowth).

Dossier du mois
Libérons la parole sur le cycle féminin

avec Audrey Guillemaud
formatrice en méthodes de contraception

En 2019, aussi étrange que cela puisse paraître, parler du cycle féminin est encore une chose confidentielle qui se pratique dans certains cercles de femmes. Certes, la parole commence peu à peu à se libérer, mais il reste encore de nombreux sujets qui sont comme muselés par un silence aussi étonnant que déconcertant. Audrey Guillemaud, formatrice en méthodes de contraception naturelles et physiologie de la fertilité, répond à toutes nos questions, à l’occasion de la sortie de son livre Cycle féminin et contraceptions naturelles, aux éditions Hachette.

À une époque où la communication est omniprésente sur le web et les réseaux sociaux, comment expliquez-vous qu’il y ait autant besoin d’écrire sur l’intimité de la femme ?

Nos règles, notre sexualité, notre contraception, nos grossesses nous confrontent au questionnement répété de la connaissance profonde de notre corps. Sans certaines clés, on passe « à côté ». Vivre une vie de femme en ignorant comment fonctionnent nos hormones et nos cycles peut devenir un parcours du combattant, en étant ballotée de traitement en traitement à chaque étape – pourtant naturelle ! – de notre vie. La pilule prescrite presque automatiquement à chaque jeune fille, à des âges où le consentement contraceptif éclairé est à mon sens très difficilement présent – adolescence, voire préadolescence –, initie très tôt un détachement « quasi automatique » des questions du corps. Des questions pourtant vitales pour une femme en construction, qui, forcément, sont appelées à revenir par ailleurs, car elles font partie de nous. Il faudra, à un moment ou à un autre, les investir. Cela explique pour moi ce besoin d’écrire. Des interrogations émergent, qui ne peuvent être tues.

Si ce n’est pas pour sa propre construction identitaire, c’est parfois pour son couple, pour son bébé que la femme ose cette liberté de penser son intimité autrement, et cherche des solutions, des clés. Ce sont ceux que l’on aime qui, bien souvent, nous ramènent à nous !

Comment expliquez-vous que les femmes se désintéressent
de plus en
plus de la contraception chimique ?

La contraception chimique est comme tout médicament, et on note un désintérêt croissant pour ce mode de « soin », surtout lorsque l’on n’est pas réellement malade, la fécondité n’étant pas une maladie. Le nombre de plaintes de victimes des hormones de synthèse libère la parole de chacune : sur ses réels inconforts, baisses de libido, hospitalisations… La contraception chimique se dévoile alors comme une forme de mise en danger et d’infantilisation de la femme plus que de libération.

Car elle est souvent prise « faute de mieux » et propose l’accessibilité à une sexualité avec pénétration possible tout le temps en échange d’une castration chimique, qui bloque nos oestrogènes et notre testostérone naturelles. C’est-à-dire qu’un homme ne serait sans doute plus du tout en capacité d’avoir une érection correcte en prenant un traitement similaire, ni d’avoir du désir. Pas très « féministe » comme révolution. Ce qui pose la question de la qualité de ce que l’on propose aux femmes, une « qualité » que les hommes, bien certainement, n’accepteraient pas. N’est-il pas possible d’obtenir mieux et en reconnaissance totale de nos corps ?

Que répondre à celles et ceux qui pourraient penser
que les contraceptions
naturelles sont un retour dans le passé ?

Je répondrais que chacune est libre de choisir, et que l’enjeu est simplement de permettre le consentement contraceptif individuel éclairé. Que chacune puisse choisir en connaissance, en pesant le pour et le contre, selon son mode de vie, sa santé et la reconnaissance de son corps, dans toutes ses capacités.

Un exemple : pour moi – et c’est personnel, et c’est éclairé –, le retour dans le passé serait de prendre la pilule alors que ma mère en a été victime et que je connais ses effets. Mais, pour certaines, sur leur voie personnelle, la contraception chimique est une avancée. Toute contraception est expérience. Et recourir à une contraception naturelle est un recul pour l’une mais ne le sera pas pour une autre. Donc il est très difficile de généraliser sur la notion de « retour dans le passé ».

De plus, les méthodes naturelles d’aujourd’hui comprennent de nombreux protocoles d’observation de la fertilité lue au présent : ce ne sont pas les méthodes « de nos ancêtres », ni des calculs, ni des approximations. Ce sont, notamment, les approches symptothermiques du cycle, efficaces à plus de 99 % et reposant sur l’analyse érudite de nos 3 bio-indicateurs de fertilité : température, perte fertile, col, lus au présent, chaque jour.

Cette connaissance possible du cycle, du point de vue de l’histoire des contraceptions naturelles, n’a rien d’une régression. Les femmes se font former et suivre à l’analyse symptothermique. Ce n’est pas une « cuisine » personnelle, mais ce sont des protocoles de double ou triple validation des auto-observations. Ce qui garantit la sécurité. Les protocoles d’auto-observation du cycle n’ont rien à voir avec Ogino-Knaus, ou le retrait, ou tout calcul de calendrier.

La sympthothermie, de quoi s’agit-il ?

La symptothermie suit le principe d’auto-observation de votre corps pour savoir si, aujourd’hui, vous êtes fertile ou infertile. Pour cela, il faut combiner 2 à 3 indicateurs physiologiques pour lire un cycle avec un double ou un triple contrôle. On lit donc le déroulé fertile du cycle entre deux périodes de règles, en associant l’analyse de :

  • la température corporelle au réveil, combinée à un autre « symptôme » physiologique de présence de la fertilité ;
  • la glaire cervicale – ou perte naturelle fertile ;
  • le col de l’utérus, par un toucher local : on examinera son humidité, sa hauteur, sa position, son ouverture.

Important : même les cycles irréguliers sont lisibles avec cette méthode naturelle, puisque l’apparition et le retrait des signes fertiles, entre deux périodes de règles, sont notés au présent. Sans rien anticiper. On ne croira donc que ce que l’on verra. Sans rien pronostiquer !

En quoi cette méthode diffère-t-elle de la méthode Ogino ?

Ogino-Knaus propose non une lecture au présent du cycle, mais de schématiser la durée moyenne de vos cycles, et de la couper en deux, en supposant que l’ovulation se situe pile au milieu du cycle. Ensuite, il s’agit de dégager une fenêtre fertile théorique autour de cette « mi-temps ». C’est une méthode de calcul, et non une méthode d’auto-observation au présent.

Pourquoi méconnaissons-nous autant le cycle féminin ?

Je pense qu’il y a des mouvements d’oubli complexes, sociaux, mais aussi plus personnels, liés à nos histoires familiales et à la façon dont on nous transmet une certaine image de la femme, dès le plus jeune âge, avec un grand manque d’informations concrètes sur la puissance du féminin et nos capacités à nous auto-analyser.

Sur un aspect sociétal, certes, des moments de l’histoire sont à mentionner. Ceux qui ont amené la femme à travailler autant qu’un homme dans des rythmes de plus en plus artificiels et urbains, et sur des travaux de force, d’usine, de chaînes… que me rappelle aussi le salariat moderne. Rythmes répétés, dans lesquels il est évident pour la femme que, si elle n’est pas un homme, elle sera désavantagée car bien moins « linéaire » sur le plan de l’énergie – règles… – et bien moins « libre » – grossesses…

Mais, à l’échelle micro, on peut pointer tout cours d’éducation sexuelle ou tout dialogue dans les familles sous-entendant que la femme doit « cacher » son cycle, ou que les menstruations, ou encore les accouchements, sont « douloureux » et se doivent de l’être. Cela fait intégrer aux jeunes filles qu’il n’y a rien d’intéressant ni à comprendre, ni à investir (seule ou à deux) la physiologie féminine, puisque les manifestations du féminin ne semblent pas porteuses d’une possible construction identitaire positive. Qu’il vaut mieux « gommer » un aspect de soi. Et, aujourd’hui, tout ce qui pousse à nier la positivité de nos différences va dans cette voie.

La libération sexuelle n’a-t-elle pas fait avancer les choses ?

Pour moi, la libération sexuelle n’a pas vraiment fait avancer les choses. Car la contraception chimique libre et l’IVG légalisée ne pallient qu’aux situations d’urgence et n’ont pas réglé le problème de fond de la construction identitaire féminine positive : que chaque femme ose connaître son sexe et sa physiologie. Ces « révolutions » n’ont pas provoqué d’empowerment réel féminin spécifique. Être femme nécessite pourtant cette instruction de fond. La liberté, ce n’est pas nier, bloquer, oublier le corps intégral et ses questions. C’est être invitée à se comprendre et à regarder son sexe « en face ».

Qui suis-je, moi, femme, profondément ? Toute une quête part de là. Notre corps n’est pas qu’à fleur de peau, ou superficiel. Les enjeux sont extrêmement profonds.

Des mouvements, comme ceux du self-help dans les années 70-80, ont intégré des notions d’auto-examens gynécologiques possibles – du col notamment. Combinés à d’autres analyses autonomes possibles, comme la courbe thermique, révélée depuis les années 1930 et popularisée dans les années 1970, ainsi qu’aux connaissances sur l’auto-examen de la glaire cervicale par la femme seule : ces auto-examens redonnent cet empowerment purement féminin ! Qui, enfin, passe par la reconnexion vraie à son corps !

Une vraie reconnaissance de notre sexe, de notre physiologie : en lui faisant face. Que l’on ose toucher, regarder, et ne plus catégoriser comme une partie à redouter, ni comme un objet ou une aire de jeux. Tout auto-examen possible montre que la santé de la femme et le bon fonctionnement du corps féminin sont d’une grande beauté, sont des mécanismes nobles et d’une assise formidable pour toute jeune fille et femme en construction identitaire.

Dans un monde où tout va de plus en plus vite, avons-nous réellement le loisir
de
prendre le temps d’observer les rythmes énergétiques de notre cycle ?

A-t-on le temps de vivre et d’accueillir la vie en nous, est presque la question. Être vivant prend du temps, celui de manger, de dormir… de s’accorder 30 minutes par jour d’exercice et de marche, 10 minutes par jour de cohérence cardiaque…

Lire sa fertilité, pour une femme, c’est 3 minutes par jour de connexion à son horloge intérieure. Pour savoir comment ses organes se sentent et où en sont ses hormones. Pour l’intime féminin en santé, on ne consacre sans doute pas assez de temps, ou alors ce temps, s’il est consacré, est employé uniquement à cacher ou modifier l’apparence des choses de l’intime – les règles, la pilosité… Or, on peut changer les choses.

Adopter l’auto-observation du cycle, jour après jour, permet cet autre regard sur le cycle vivant sous notre peau, témoin direct de notre santé

– température, perte naturelle fertile, col. Cela ouvre ensuite vers la possibilité de pratiquer une contraception naturelle de façon fiable, basée sur l’observation de la fertilité.

La question qui fâche : les méthodes de contraception naturelles
sont-elles moins
fiables que les méthodes chimiques ou hormonales ?

Cette question est absolument essentielle, car la contraception naturelle est une contraception hautement humaine. Elle réussit si vous êtes formée et pratiquez vos auto-observations sans oubli et avec assiduité. Elle ne réussit pas si le couple la pratique sans être formé et/ou avec des incompréhensions restantes ou des négligences dans les auto-observations. C’est un peu comme les différences de fiabilité entre une pilule prise avec soin et constance, ou une pilule prise avec des oublis ou des irrégularités. En contraception naturelle, si le couple a reçu une formation initiale auprès d’un formateur agréé et a respecté ses 3 à 6 cycles d’entraînement sans relation sexuelle, les méthodes sont internationalement reconnues fiables à plus de 99 % pour le couple les appliquant avec soin et constance. Soit une fiabilité comparable aux contraceptifs hormonaux. Ces chiffres sont reconnus par le Quotidien des médecins et l’OMS, l’Organisation mondiale de la Santé.

Quels arguments et conseils donneriez-vous à toutes les femmes
qui veulent franchir
le cap de la contraception naturelle mais qui n’osent pas ?

En tout premier, je conseillerais de s’informer par des lectures : se questionner à deux, en prenant le temps qu’il faut, sans être déjà en dynamique de formation. Puis, je conseille de se former en couple, à deux. Cela change tout ! Car la contraception est celle du couple, pas uniquement celle de la femme ! Et comme cette contraception appelle à varier sa sexualité pour ne pas prendre de risque, cela s’explore aussi à deux.

5 bonnes raisons de passer à la contraception naturelle ?

  1. Vous faire passer en premier. En s’autoobservant. Les femmes ne choisissent pas « une méthode », elles se choisissent elles-mêmes.
  2. La santé. Pas d’effets secondaires, pas d’« ajouts » au corps.
  3. Le désir. Une libido naturelle, donc vivante et boostée, et une sexualité plus variée et plus créative, puisque tout n’est pas toujours possible. La méthode propose d’explorer en période fertile une sexualité sans pénétration ou d’être associée au préservatif ou au diaphragme, selon le choix unique du couple.
  4. L’émancipation. Pas besoin d’un médecin, le couple formé gère à deux.
  5. La confiance en soi : celle que vous pouvez avoir en votre corps. Vous voyez que le corps féminin est « autrement » capable. Il peut vivre sans assistance-s.

La contraception naturelle permet-elle de devenir réellement actrice de sa fécondité ?

Oui, de mon point de vue, car détenir le savoir, c’est détenir le pouvoir.

L’intimité de la femme est pour moi ce domaine dont elle devrait être la spécialiste avant tout le monde ! Son cycle, ses hormones, sa fertilité, sa sexualité : lui appartiennent. Cela n’exclue pas de consulter un médecin si besoin et au contraire d’ailleurs : car la femme qui sait comprendre seule que quelque chose ne va pas, sauve bien souvent sa santé (voire, sa vie dans certains cas) : car elle peut agir à temps, et faire des choix médicaux plus éclairés, avec son soignant.

C’est cela pour moi, être pleinement actrice, de sa fécondité.

Le mot de la fin ?

La symptothermie et la connaissance profonde du corps féminin sont un cheminement merveilleux pour toutes les femmes qui, comme moi, ressentaient, en tant que dépositaires du féminin, qu’il leur manquait quelque chose. Une part de confiance en nous, en la vie, en son corps, que personne ne nous avait transmise. En formation, cette sensation de manque est récurrente. Parfois, elle s’incarne dans une peur de ne pas savoir gérer son cycle, de tomber enceinte sans le vouloir – même sous contraception –, de ne pas savoir accoucher. Finalement, il s’agit toujours d’une peur de la non-maîtrise des ovaires et de l’utérus. La symptothermie lève le voile sur ces aspects et vous sécurise : « Alors, c’est comme ça que cela se passe ! » Et la femme pourra décider de tout, s’analyser en toute discrétion, sans recours à un homme ni à un médecin.

La symptothermie est donc, de mon point de vue, un enjeu de santé publique : il s’agit de la part d’éducation identitaire positive qui manque à de nombreuses femmes. La prise de conscience qu’un potentiel de vie incroyable en soi ne nous « rabaisse » pas ; mais, au contraire, que l’on peut le MAÎTRISER seules. Et cela change tout. Tout notre rapport au monde. Le cycle vivant peut amener vers plus de vitalité et d’expansion encore, et non vers la destruction – verrouiller le cycle, prendre des cachets –, si le corps est accueilli en connaissance. J’aime mon corps vivant et je choisis si je veux concevoir ou pas, sans altération, sans destruction, sans me blesser, puisque mes périodes me sont claires. J’aime le féminin en moi et sa puissance.

L’auto-analyse de votre fertilité vous aide à être pleinement épanouie et incarnée dans un corps puissant, dans un corps capable. C’est donc un cadeau de confiance en soi que je souhaite à chaque femme, en cadeau à vous-même, mais aussi en cadeau aux femmes de votre lignée, pour vos mères, pour vos filles. C’est un empowerment, une évolution dans la conception de la santé des femmes. C’est le premier pas permettant d’échapper à l’hyper-médicalisation des femmes et à « la reconstruction d’une médecine pour les femmes, par les femmes… en dépit des loups ! » (Rina Nissim).

Cycle féminin et contraceptions naturelles

Cycle féminin et contraceptions naturelles
d’Audrey Guillemaud

Pour une féminité consciente et épanouie

Un livre très complet et pratique sur le cycle féminin et les contraceptions naturelles !

À l’heure où nous nous posons tant de questions sur les différents moyens de contraception, et où grandit l’intérêt pour les cycles de la nature (lune, saisons, écologie…), Audrey Guillemaud, formatrice en contraception naturelle, propose dans ce livre de découvrir :

  • Les rythmes énergétiques et biologiques du cycle féminin • L’historique et l’efficacité des méthodes de contraception naturelle
  • La symptothermie, méthode globale de gestion de la fertilité. Et enfin, un cahier qui vous permettra de noter et d’observer vos cycles.

Éditions Hachette Pratique – 256 pages – 19,95 €

Sacrément culottées !

Sacrément culottées !

Si les femmes sont uniques elles ont un point commun : les règles ! Au total, 546 cycles dans une vie, soit 42 ans de menstruations et 13 cycles par an…

Un rendez-vous mensuel qui n’est pas sans conséquence pour la planète puisque 2 milliards de protections périodiques sont jetées en France chaque année. Parmi les alternatives se trouvent bien évidemment la coupe menstruelle, mais aussi une innovation des plus intéressantes : les Culottées by PliM.

Ce sont des culottes, 100 % made in Poitou, qui intègrent une protection hygiénique pour les règles mais aussi les retours de couches, les fuites urinaires et l’incontinence. Elles sont dotées d’un noyau ultra-absorbant multivoile très fin, en coton bio certifié GOTS tout doux au contact de la peau. Aussi discrètes que confortables, elles possèdent une membrane imperméable et respirante double action qui les rend antifuite et antiodeur.

Mais ce n’est pas tout… Elles sont également éco-friendly et économiques :

  • Plus besoin de racheter des protections tous les mois, on évite de jeter ainsi plus de 10 000 protections dans la nature.
  • On réalise 20 à 50 % d’économies avec les culottes menstruelles lavables par rapport à l’utilisation de protections jetables. Durables, elles s’utilisent pendant 5 ans.

Bref, c’est une culotte saine, éco-technique et certifiée !

Ses super-atouts :

  • Au contact de la peau et des muqueuses, la culotte est composée d’un coton bio certifié GOTS hypoallergénique. Elle est certifiée sans toxiques (perturbateurs endocriniens cancérigènes, pesticides, dioxines…) que l’on retrouve habituellement dans les textiles non certifiés et qui migrent dans le corps par absorption de la peau.
    Elle ne contient pas de particules d’argent ni de cuivre.
  • À l’intérieur : le noyau absorbant très fin est spécialement tissé pour faciliter le drainage des liquides vers les couches profondes pour une absorption rapide et une sensation d’être au sec. Cette superposition de voiles de coton bio extra-fins et ultra-drainants, certifiés GOTS, garantissent une absorption & une finesse incomparables.
  • Côté lingerie : une membrane imperméable et respirante certifiée OEKO-TEX Standard 100 offre la sécurité du zéro fuite et zéro odeur. (bye bye mycoses et irritations !).
  • Douceur et souplesse : c’est comme une seconde peau qui laisse une totale liberté de mouvement. Les coutures plates évitent gênes ou irritations.

Et pour le lavage, c’est ultra-simple : en machine (ou à la main) à 40 °C avec le reste du linge (60 °C pour les fuites urinaires).

Une culotte culotée donc, qui permet de prendre soin de soi et de la planète, tout en faisant des économies. What else ?

www.plim.fr

Quand une journaliste brise le tabou de l’hyper-flatulence

Quand une journaliste brise
le tabou de l’hyper-flatulence

avec Dora Moutot
journaliste, chroniqueuse TV

Journaliste, blogueuse et ancienne rédactrice en chef adjointe du site Internet Konbini, Dora Moutot a été chroniqueuse sur France 2 et a écrit pour des journaux et des magazines comme Le Monde, Glamour, Vice Magazine, Usbek & Rica, etc.

Créatrice du compte Instagram à succès @tasjoui, qui traite de la sexualité féminine, Dora Moutot vient de publier À fleur de pets, aux éditions Guy Trédaniel, un livre particulièrement bien écrit et très touchant qui parle d’une pathologie bien trop méconnue, à savoir le SIBO, ou Small Intestinal Bacterial Overgrowth, que l’on traduit en français par Prolifération – ou Pullulation – Bactérienne de l’Intestin Grêle (PBIG). Nous n’avons pas résisté à l’envie de lui poser quelques questions.

Quel a été le déclic pour vous lancer dans l’écriture de ce livre,
dont la thématique – à
savoir le « prout » – est encore bien taboue ?

Un simple ras-le-bol ! Une envie de mettre en lumière le SIBO, de casser le tabou des gaz. Et une véritable accumulation de connaissances, que je trouvais nécessaire de partager !

Vous êtes apparemment la première à parler du SIBO.
De quoi s’agit-il plus précisément
?

En France, cette pathologie est très peu connue, donc très peu diagnostiquée, très peu traitée. Les médecins ne sont pas forcés de faire de la formation continue et le SIBO est une maladie « nouvelle ». Ce n’est que récemment que le microbiote est devenu un vrai sujet et plein de médecins ne sont pas spécifiquement formés… donc, on passe à côté. Et puis, la plupart des études sont en anglais.

Quels sont les symptômes du SIBO ?
En
quoi diffère-t-il du syndrome de l’intestin irritable ?

Les symptômes sont très similaires. Souvent, les ballonnements sont fréquents. Le syndrome de l’intestin irritable est un diagnostic par exclusion quand on ne trouve rien d’autre : pas de Crohn, pas de coeliaque, pas de cancer –, mais il n’existe pas de test pour cette maladie. On peut vérifier si l’on a un SIBO par tests respiratoires. De nombreuses personnes à qui l’on diagnostique un syndrome de l’intestin irritable sans plus chercher présentent peut-être un SIBO.

D’après-vous, combien de personnes souffrent-elles de cette pathologie en France ?

Je ne sais pas. 15 % de la population souffrent du syndrome de l’intestin irritable… Donc, il doit y avoir du monde…

Comment expliquez-vous que cette maladie des hyper-ballonnés
ne soit pas suffisamment
prise au sérieux par la médecine allopathique ?

C’est une maladie invisible… Elle n’implique pas de lésions dans le colon, que l’on pourrait voir par coloscopie, par exemple. C’est donc facile de dire que c’est dans la tête. Mais l’étude du microbiote change cela peu à peu. La médecine commence tout juste à s’intéresser à la mesure des gaz pour détecter des maladies. Et puis, cela reste un tabou. Personne n’imagine qu’un ballonnement incessant est un handicap énorme.

On vous a diagnostiquée positive au test du SIBO, par un test respiratoire,
le fameux
breath test ? Et, après, quelles sont les grandes étapes du traitement ?
Voyez-vous
une amélioration ?

J’explique tout ceci en détail dans mon livre. Oui, diagnostic par breath test. Puis j’ai testé plein de traitements. Antibiotiques, plantes, elemental diet, régimes foodmap, etc. J’ai noté une amélioration claire si je suis très sérieuse, mais pas de guérison. Si j’arrête, les signes reviennent.

La transplantation fécale est-elle pour vous une piste intéressante
dans la prise en charge du SIBO ? En quoi consiste-t-elle ?

On prend les selles de quelqu’un qui n’a pas ingéré d’antibiotiques dans sa vie et qui est en super santé, dont la symbiose du microbiote fonctionne, et on injecte les selles de cette personne dans l’intestin du malade pour que les bactéries fécales du patient en bonne santé puissent coloniser les intestins du patient malade, ceci afin de remplacer son microbiote malade par un microbiote qui fonctionne. Oui, j’y songe très fortement.

Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs qui pensent souffrir du SIBO ?

D’apporter mon livre à leur gastro-entérologue et d’exiger que celui-ci se renseigne ou lui indiquer un hôpital capable de lui faire passer un breath test !

À fleur de pet de Dora Moutot

À fleur de pet
de Dora Moutot

« À fleur de pet. C’est l’état dans lequel je suis depuis une dizaine d’années. À fleur de pet et à fleur de peau. Quelque part entre les rires, les pleurs et les gaz. Oui, les prouts. Les vapeurs rectales. Entre constipation et diarrhée, j’éternue sans cesse de l’anus. »

Pendant 10 ans, l’auteur à tout essayé, tout en se trimballant cette fichue étiquette fourre-tout que la médecine allopathique lui avait mise sur la tête : « colopathie fonctionnelle » ou « syndrome de l’intestin irritable ». Jusqu’au jour où elle a décidé de mener son enquête. Fatiguée d’entendre que c’était « dans sa tête », elle s’informe et agit pour que sa vie arrête d’être une rafale de pets !

Entre humour cinglant et travail conséquent d’investigation, cette enquête ouvre des pistes et propose des solutions qui s’adressent à tous ceux qui ont sans arrêt mal au ventre sans réussir à trouver de remède, à tous ceux dont le microbiote est « à l’envers » : la maladie des hyperballonnés est une maladie du microbiote, ces 100 000 milliards de bactéries qui habitent nos intestins.

Le travail remarquable de Dora Moutot est celui d’une journaliste d’investigation, précis, rigoureux et très bien documenté.

Guy Trédaniel éditeur – 356 pages – 22 €

Prenez soin de votre microbiote vaginal

Prenez soin de votre microbiote vaginal
du Dr Jean-Marc Bohbot et de Rica Étienne

Ce livre concerne toutes les femmes, celles qui ne connaissent que le silence radieux de leur vagin (pour mieux l’entretenir ou le booster), et celles qui subissent les assauts répétés de mycoses, cystites, vaginoses, brûlures, démangeaisons, sécheresse, inconfort intime… Il s’adresse à toutes les femmes : jeunes filles, femmes enceintes, femmes amoureuses, à celles qui veulent « reprendre le sexe », à celles qui s’approchent de la ménopause, à celles qui y sont déjà… Toutes ces femmes ont un trésor commun : leur microbiote vaginal.

Ce livre, écrit comme un roman, aborde la formation du microbiote féminin, sa composition, tous les « poisons de la flore » (médicaments, hygiène de vie ou certaines habitudes sexuelles…) et, surtout, décrit comment maintenir un bon équilibre grâce aux dernières découvertes.

Éditions Marabout – 352 pages – 6,90 €

Côté bien-être : Le féminin sans tabou

Le féminin
sans tabou

Qui mieux que la femme elle-même pour se réapproprier son bien-être et décider de ce qu’elle souhaite vraiment et de ce qui l’accomplira dans sa quête du bien-être et du bonheur ? Reprendre possession de votre véritable nature : voici ce que nous vous proposons aujourd’hui, aux côtés de nos experts.

« La femme crée l’univers. Elle est le corps même de cet univers. La femme est le support des trois mondes. Elle est l’essence de notre corps. Il n’existe pas d’autre bonheur que celui procuré par la femme. Il n’est d’autre voie que celle que la femme peut nous ouvrir. Il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais, ni hier, ni maintenant, ni demain, d’autre fortune que la femme, ni de royaume, ni de pèlerinage, ni de yoga, ni de prière, ni de formule magique, ni d’ascèse, ni de plénitude autre que celle prodiguée par la femme. »

Shaktisangama Tantra, II.52

Le dossier du mois : Ces femmes qui choisissent de ne pas avoir d’enfant

Le dossier du mois
Ces femmes qui choisissent de ne pas avoir d’enfant

Voilà un sujet encore bien tabou, bien trop peu traité dans les médias. Pour tenter de comprendre cette nouvelle donne anthropologique, nous avons posé quelques questions à Laurence Santantonios, qui a travaillé pendant plus de 30 ans dans l’édition et le journalisme littéraire et professionnel du livre, et qui est l’auteur de l’ouvrage Libre à elles – Le choix de ne pas être mère, aux éditions du Mauconduit.

En tant que journaliste et mère, quelles ont été vos intentions pour écrire cet ouvrage
et interroger plus
de 40 femmes sur leurs motivations à ne pas vouloir d’enfant ?

Depuis longtemps, je voulais interroger le mystère de ce choix : avoir ou ne pas avoir d’enfant. Pourquoi est-ce que j’avais ressenti un désir aussi puissant et irrépressible d’avoir un enfant avec l’homme que j’aimais – un désir qui m’a envahie à deux reprises dans ma vie, à presque 20 ans de distance. Pourquoi certaines femmes ne le ressentent pas et choisissent de ne pas être mères ? Quelle est la part du biologique et celle du culturel dans ce que l’on appelle communément – et à tort – l’instinct maternel ? Aurais-je eu les mêmes désirs si j’étais née 30 ans plus tard ?

Pour comprendre, j’ai eu envie de rencontrer des femmes volontairement sans enfant, d’échanger ma propre expérience avec la leur.

Quelles ont été les raisons les plus évoquées par ces femmes ?

D’abord, je dirais que chacune a son parcours singulier et ses raisons personnelles. Même si elles évoquent presque toutes le temps long des études, la difficulté à trouver un travail et une relation stable avec un homme ou encore des raisons écologiques, il semble absurde de généraliser ou d’établir des catégories.

Deux points communs quand même à toutes les femmes que j’ai rencontrées : l’absence de pulsion physique, même en présence de l’homme aimé ; et le besoin de liberté, pas la liberté comme absence de contraintes – comme l’imaginent à tort beaucoup de gens vis-à-vis des femmes qui ne désirent pas d’enfant –, mais la liberté intérieure. La nécessité d’être soi-même le plus possible, la crainte de se laisser embarquer dans une aventure, certes inouïe – la plupart imaginent bien le délice que peut procurer le fait d’être mère… –, mais qu’elles ne pourraient pas assumer, au détriment de l’enfant. Elles ne voient pas comment résoudre cette équation : se sauvegarder en tant que femme et se « dévouer » en tant que mère.

La notion d’horloge biologique n’est-elle finalement pas une chimère
liée
à une pression sociale depuis la naissance ?

Difficile de répondre à cette question de façon satisfaisante car je ne suis ni biologiste, ni sociologue. Les spécialistes eux-mêmes débattent de cette question sans trouver de réponse, je le relate dans mon livre. Ce que je peux dire, c’est qu’une seule des 40 femmes rencontrées, une institutrice, a ressenti un vague désir d’être enceinte vers l’âge de 38 ans. Elle en a elle-même conclu qu’il s’agissait d’une manifestation du corps liée à la pression de son entourage qui lui disait : c’est le moment où jamais, tu le regretteras ! Mais, comme elle n’avait jamais vraiment voulu d’enfant et qu’elle n’avait pas de relation stable avec un homme, pas question pour elle d’écouter cette soi-disant « horloge biologique ».

Comment expliquez-vous que la non-maternité soit passée d’un choix non assumé
à un choix volontaire et même
revendiqué, voire à une véritable aspiration de vie ?

C’est qu’un séisme majeur est passé par là : l’avènement de la contraception et la libéralisation de l’avortement il y a une cinquantaine d’années. L’émancipation des femmes est inéluctable, et même s’il y a des retours de bâton ici ou là, s’il faut continuer d’être très vigilants sur les droits des femmes, on ne pourra jamais revenir en arrière. Les femmes veulent décider de leur destin comme peut le faire un homme – du moins en Occident ! Ce qu’écrivait Simone de Beauvoir dans La force de l’âge est beaucoup plus audible aujourd’hui qu’à son époque : « Je n’ai pas l’impression de refuser la maternité, elle n’était pas mon lot. En demeurant sans enfant, j’accomplissais ma condition naturelle. »

Connaissons-nous le taux d’infécondité volontaire en France ?

Par différents regroupements de statistiques datant d’il y a 5 ou 6 ans, on parvient au chiffre de 5 % de femmes qui font le choix de ne pas être mères en France. Mais il est en réalité très difficile de comptabiliser les cas où une décision aussi intime et complexe est prise, et il est fort à parier que le chiffre serait aujourd’hui plus important.

Pourquoi, selon vous, les médecins ne conseillent-ils jamais la contraception
définitive – stérilisation – aux femmes françaises alors qu’en Grande-Bretagne, 40 % des femmes y ont recours ?

C’est une bonne question qui est rarement abordée ! Comme si c’était tabou. Nous sommes un pays plus latin que la Grande-Bretagne, les médecins ont sans doute du mal à envisager qu’une femme désire ne pas enfanter. Ils n’hésitent pas à les culpabiliser sur ce sujet. Et puis, les pouvoirs publics ont toujours encouragé les naissances – à tout prix, pourrait-on dire. Lorsque je faisais mes recherches pour mon livre, j’ai été stupéfaite de rencontrer un médecin généraliste me disant que « de toute façon, la stérilisation n’est pas légale en France ! » Et d’entendre les femmes raconter leur parcours du combattant pour pouvoir bénéficier de cette contraception définitive, pourtant très encadrée par la loi en France depuis 2001. Quant aux couples qui ont des enfants et qui désirent en rester là, les médecins ne leur parlent pas tout simplement de cette solution contraceptive ; ou alors, quand ils le font, ils sont si flous et si peu encourageants que les couples y renoncent vite.

Qu’est-ce qui vous a le plus étonnée parmi tous les témoignages ?

Le fait que beaucoup de ces femmes – avec lesquelles les échanges ont été intenses et chaleureux – aimaient les enfants, s’occupaient d’eux avec joie, soit dans leur métier, soit dans leur famille et leur entourage. Plusieurs avaient même avec eux une relation particulière et appréciée de ces enfants, mais elles n’en voulaient pas pour elles-mêmes. Encore une fois, elles savent bien ce à quoi elles renoncent, mais elles pensent qu’elles ne seraient pas d’assez bonnes mères pour élever un enfant dans de bonnes conditions. Chapeau !

Si nos lecteurs ne devaient retenir qu’un message de votre livre, lequel serait-il ?

L’éloge de la différence. Nous avons tous et toutes des idées préconçues, souvent sans nous en rendre compte. Nous avons du mal à comprendre des sentiments qui nous sont étrangers. Être à l’écoute des êtres qui sont différents de nous est d’une grande richesse.

Le mot de la fin ?

Suivre son propre chemin, même si « les braves gens n’aiment pas qu’on suive une autre route qu’eux », comme le chantait si bien Georges Brassens…

Libre à elles Le choix de ne pas être mère

Libre à elles
Le choix de ne pas être mère 

de Laurence Santantonios

Laurence Santantonios a rencontré une quarantaine de femmes qui revendiquent leur choix de ne pas être mères. S’appuyant sur une vaste documentation, elle aborde les questions taboues, dénonce les stéréotypes et la pression de la société qui s’exerce sur ces femmes hors norme.

Un document ponctué de témoignages, textes et d’entretiens d’écrivaines dans lequel l’auteur partage sa propre trajectoire de vie et son expérience de la maternité.

Libre à elles, un éloge à la différence, une incitation à la liberté de penser et de se comporter.

Éditions du Mauconduit – 200 pages – 18,50 €

Le pouvoir des femmes de Susan Nolen-Hoeksema

Le pouvoir des femmes
de Susan Nolen-Hoeksema

Déployez les 16 forces qui font de vous une femme exceptionnelle

Vous vous focalisez sur vos échecs plus que sur vos réussites ? Vous avez l’impression que ce monde ne reconnaît pas votre valeur ? Pourtant, vos qualités et votre attitude au quotidien sont de vrais cadeaux pour votre entourage et la société.

Écoute, polyvalence, patience, optimisme, adaptabilité, créativité, sens du devoir et du sacrifice… L’auteur a enquêté sur les talents exceptionnels des femmes, trop souvent ignorés. Voici son programme pas-à-pas pour vous aider à prendre pleinement votre place. Dans ce livre, découvrez :

Les 16 forces mentales, émotionnelles, identitaires et relationnelles qui sont propres aux femmes.

Des exercices simples à mettre en pratique pour reconnaître et revendiquer chacune de ces forces.

Les exemples inspirants de femmes qui, chaque jour, rendent le monde meilleur. Des thématiques essentielles pour appliquer vos forces dans vos rôles de leader, mère, amante, et dans les épreuves.

Éditions Leduc.s – 432 pages – 21,90 €

J’ose être la femme que je suis de Monique Grande

J’ose être la femme que je suis
de Monique Grande

90 pratiques pour déployer mon féminin

Monique Grande vous propose de révéler votre vraie nature et de retrouver le plaisir d’être femme, tout simplement ! Riche de son expérience personnelle et de son accompagnement bienveillant des femmes dans leur plein accomplissement, elle propose plus de 90 pratiques pour :

Célébrer votre corps, vous ancrer, libérer votre féminité.

Ouvrir votre cœur, guérir les blessures du passé, retrouver la joie du moment présent. Sortir des conditionnements, renouer avec votre instinct et votre force profonde.

Grâce à cet ouvrage, apprenez à conjuguer les mots « femme » et « oser » pour en saisir une force vivifiante. Tests, jeux, méditations, pratiques corporelles… En réalisant pas-à-pas ces exercices puissants, reconnectez-vous en douceur à votre lumière intérieure, source de joie et de créativité.

Éditions Leduc.s – 160 pages – 17 €

Oser s’accomplir en tant que femme avec les Fleurs de Bach

Oser s’accomplir en tant que femme
avec les Fleurs de Bach

par Isabelle Bourdeau

J’ai reçu ce matin, en séance Fleurs de Bach, une femme bien fatiguée, hésitante et peu sûre d’elle ! De vieilles valises qu’elle se traîne depuis qu’elle est petite ; et pourtant, mère de deux enfants. Elle a toujours fait face et travaille dur. Sans gros revenus, elle calcule, anticipe les dépenses, gère au mieux pour offrir à sa petite famille des loisirs et des vacances… à s’en oublier même ! Un mari est bien là, mais pas très présent ni aidant. Elle porte beaucoup son petit monde qu’elle aime et en a mal aux épaules. Le soir, une fois couchée enfin, elle s’octroie un moment bien à elle en se plongeant dans des romans ou des livres de développement personnel… domaine qui l’attire tout particulièrement.

Dernièrement, elle a lu Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, de Raphaëlle Giordano. Cela lui a bien plu et lui a donné des idées : et pourquoi pas moi, pourquoi je n’irais pas développer ce que j’ai toujours voulu faire et être ?… Cependant, est-elle prête à bouger, à se transformer, à vivre ce qu’elle a à vivre, à s’affirmer, à faire passer ses envies avant celles des siens ?

En tant que florithérapeute, je suis là pour l’écouter, pour lui permettre de mettre des mots sur son ressenti, l’amener à trouver elle-même ce dont elle a besoin pour vivre en équilibre, alignée, en phase avec ses pôles énergétiques. Juste là, pour l’accompagner dans son chemin de vie et la soutenir avec l’énergie des Fleurs de Bach ou élixirs floraux, trouver le bon mélange… afin de l’ancrer dans ses projets et qu’ils soient justes pour elle.

En quelques mots, sa situation émotionnelle se résume comme telle : pas vraiment heureuse, lassitude, manque de reconnaissance, fatiguée, frustrée, découragée…

De quoi aurait-elle besoin ? Confiance en elle, vitalité, entrain, joie de vivre, persévérance, capacité à dire non, plus d’optimisme, de détermination, d’apaisement, de sérénité, de courage…

Voici un certain nombre de Fleurs et élixirs sélectionnés pour cette femme, en tous les cas pour ce premier flacon d’une durée d’un mois, car je ferai le point avec elle dans quelques semaines pour réajuster en fonction de l’évolution des choses et de ses besoins. Dans le domaine du vivant, les émotions sont fluctuantes et évolutives, la florithérapie s’adaptant bien sûr avec le grand choix d’élixirs à toute situation au mieux et au plus près de la personne.

Je lui propose cette sélection de 13 Fleurs avec leurs devises…

Centaury – centaurée : fleur de la serviabilité et de la fragilité
Je maintiens ma position – Je suis tel-le que je suis – Je peux ce que je veux

Crab apple – pommier sauvage : fleur de la purification et du nettoyage
Je me sens parfaitement bien – Je m’accepte comme je suis – Je distingue ce qui est important

Gentian – gantiane : fleur de la foi
J’ai confiance dans l’avenir – J’attends l’issue positive – Je crois que tout s’arrangera

Gorse – ajonc : fleur de l’espoir
Je reste debout – J’espère – Je vois les nouvelles possibilités

Larch – mélèze : fleur de la confiance en soi
Je le peux – Je le veux – Je le fais

Mimulus – mimule jaune : fleur du courage
Je sens en moi le courage – Je prends le risque – Je vais au-devant

Red chestnut – marronnier rouge : fleur de l’autonomie
Je me centre sur moi-même – Je ne « m’ingère » pas – Moi et l’autre sommes deux individualités distinctes

Scleranthus – scléranthe : fleur de l’équilibre
Je suis ferme – Je sais ce que je veux – Je me décide

Wild oat – folle avoine : fleur de la vocation
Je reconnais le sens – Je poursuis mon but – Je me sens en plénitude

Bouton d’or : fleur de l’estime de soi
Je surmonte ma timidité – Je crois en moi et en ma valeur – Je vais de l’avant, réconfortée

Courgette : fleur de la conception
Je suis énergique pour mes projets – Je crée en toute quiétude – Je suis libérée d’anciens freins

Poirier : fleur du relâchement corporel
Je me décontracte et me réaligne – Je me libère des tensions anciennes et larvées

Tournesol : fleur de l’expression de soi
Je me tourne vers la lumière – Je me relève – J’exprime ma nature solaire

Nous en parlons ensemble et choisissons les 7 Fleurs qui lui conviennent le mieux, les plus proches de son intuition…

À vous, maintenant, de composer votre flacon :

  1. Relisez les devises et choisissez celles qui vous parlent le plus.
  2. Dans un flacon compte-goutte en verre ambré de 30 ml (que vous trouverez en pharmacie), versez 5 ml de cognac, 3 gouttes de chacune des 7 Fleurs, puis complétez avec de l’eau de source. Dynamisez la préparation en secouant vigoureusement le flacon quelques secondes.
  3. Faites une cure de 3 semaines à raison de 4 gouttes 4 fois par jour.

La routine bien-être : Prendre 4 gouttes de votre flacon personnalisé au minimum, ou plus si nécessaire ; le matin au réveil, le soir au coucher et 2 fois dans la journée en dehors des repas. La répartition est importante car c’est dans la fréquence des prises que les élixirs floraux sont le plus efficaces (ne pas prendre 4 x 4 = 16 gouttes en 1 fois car c’est inutile).

Directement dans la bouche ou diluées dans un verre d’eau ou autre liquide. Il est possible pour les personnes qui le souhaitent de préparer 8 gouttes de votre composition dans une bouteille d’eau pour la journée et, pour les jeunes enfants, dans le biberon ou même l’eau du bain.

Cette préparation est sans effet secondaire ni accoutumance, compatible avec tous traitement médicamenteux et sans risque de surdosage.

Pour toute question, n’hésitez pas à me contacter.

Isabelle Bourdeau – Florithérapeute
Cabinet L’Apogée de Soi
06 814 614 86

10 ans après… Vivre heureuse après les violences conjugales

10 ans après…
Vivre heureuse après les violences conjugales

de Tatiana-Laurence Delarue

10 ans après le succès de son livre Au nom des femmes battues, Tatiana-Laurence Delarue fait le point : suis-je encore une victime, dans ma tête, dans mon être ? Pourquoi n’ai-je toujours pas d’enfant ? Restons-nous victime jusqu’à la fin de nos jours ? Ce fléau meurtrier a-t-il régressé ? Les lois ont-elles évolué ? Et les chiffres, sont-ils stables ?

L’auteur répond à toutes ces questions pour pouvoir témoigner encore et pour éradiquer ce fléau meurtrier. Tout le travail et l’acharnement de lutte et de combat de son association Rose-Jaune depuis 10 ans est dans ces pages. Elle offre la possibilité aux victimes, qui ont eu confiance dans son travail, de témoigner et d’oser livrer leur histoire. Elles souhaitent suivre les traces du chemin qu’elle a dessiné pour elles depuis 10 ans…

Éditions Josette Lyon (Guy Trédaniel Éditeur) – 250 pages – 19 €

J’accueille mon bébé de Sonia Krief

J’accueille mon bébé
de Sonia Krief

30 premiers jours essentiels pour créer du lien

Un véritable accompagnement pour rester zen les premières semaines, si cruciales pour tisser avec bébé un lien fondateur pour la vie. L’auteur aborde toutes les questions que les jeunes parents se posent, depuis la naissance du bébé jusqu’à la fin de son premier mois de vie. Avec douceur, sensibilité et bienveillance, Sonia renouvelle l’art du maternage et guide les parents dans les premiers instants de cette grande aventure qui cristallise bonheur et inquiétude. Elle dépasse la simple dimension technique en éveillant les parents à la dimension psycho-affective de tous ces gestes « ordinaires » du maternage. Très pratique, l’ouvrage propose des conseils concrets et détaille les bonnes attitudes et les réflexes à avoir pour être sereins le jour J… et tous les autres !

Éditions Albin Michel – 192 pages – 14,90 €

L’éveil de l’énergie féminine de Miranda Gray

L’éveil de l’énergie féminine
de Miranda Gray

Pratiques et méditations autour de la bénédiction de l’utérus

Cinq fois par an, des dizaines de milliers de femmes entrent en connexion autour de la Bénédiction mondiale de l’utérus (Womb Blessing®).  Il s’agit d’une pratique d’éveil et de guérison des énergies féminines, guidée par les Moon Mothers®, pour sortir des conditionnements et révéler la véritable nature du féminin sacré en chacune.

Dans cet ouvrage, Miranda Gray, créatrice de cette pratique et auteur à succès, retrace l’histoire de la création de la Bénédiction de l’utérus et de cette aventure avec les femmes. Elle dévoile les principes-clés pour se relier au féminin sacré et découvrir l’énergie de l’utérus, à travers des méditations et des exercices pratiques pour toutes les femmes, qu’elles aient, ou non, un utérus ou un cycle menstruel.

Vous y trouverez aussi un parcours inédit de 28 jours qui vous aidera à poursuivre la transformation amorcée avec la Bénédiction.

Éditions Le Courrier du Livre (Guy Trédaniel éditeur) – 230 pages – 21 €

Le yoga au lit d’Agnès Australe

Le yoga au lit
d’Agnès Australe

30 postures ultra-simples pour s’y mettre

Postures assises, sur le ventre, sur le dos, exercices de respiration, de relaxation, de méditation, yoga des yeux, étirements, tantrisme… Autant de petits exercices pour prendre conscience de son corps et l’aider à se détendre et à se muscler profondément, sans forcer. Sans tapis de yoga, ni tenue « fashion », voici une nouvelle routine très simple à pratiquer le matin (pour se dynamiser) et/ou le soir (pour se ressourcer et améliorer son sommeil)… simplement dans son lit !

Avec des illustrations couleur et des schémas pour bien se positionner d’un seul coup d’oeil.

Éditions Albin Michel – 128 pages – 12 €

Côté beauté : La femme sans tabou

La femme sans tabou

La beauté des femmes n’échappe pas aux tabous… Si nous ne pouvons tous les citer aujourd’hui, il nous semble important de parler des vergetures, mais également de sexualité épanouie, capable de nous rendre belles, belles, belles…

Dossier du mois
Ces vergetures qui nous empoisonnent la vie

Si les médias en parlent de manière relativement ouverte aujourd’hui,
les
femmes continuent à être complexées et à vouloir cacher leurs vergetures.

À l’adolescence, la croissance va de pair avec une révolution hormonale. L’augmentation rapide de la taille de certaines zones du corps (seins, fesses, cuisses) se paye, pour de très nombreuses femmes, par l’apparition de vergetures. Les variations de poids mettent à mal la résistance mécanique des tissus et fragilisent l’élasticité de la peau, jusqu’à y imprimer des stries inesthétiques. Épanouies, les femmes savourent avec ravissement la magie de donner la vie, mais ne veulent pas voir se tracer les vergetures qui accompagnent trop souvent la maternité. Attentives au développement de leur bébé et à sa santé, elles rêvent aussi d’un monde de douceur, en intelligence avec la nature. Grossesse, variation de poids, croissance à l’adolescence, les facteurs qui peuvent générer des vergetures sont nombreux et près de 80 % des femmes sont concernées.

Comment se forment les vergetures ?

C’est au niveau du derme que s’ancrent les vergetures. Dans ce tissu, essentiellement mis en place par les fibroblastes, une diminution de la production et une altération des fibres de collagène et d’élastine ont pour conséquence une réduction de la résistance et de l’élasticité de la peau. Les fibres d’élastine sont anormalement courtes, filiformes et désorganisées, donnant au derme moins de fermeté et moins de souplesse. Les fibres de collagène désorganisées altèrent la qualité du derme, qui devient moins résistant. L’épiderme est aminci. La peau se révèle moins bien hydratée. S’ajoute souvent une composante inflammatoire responsable de la coloration des marques récentes, puis un lent processus cicatriciel se met en place au cours du temps, laissant des stries blanches.

Comment prévenir et corriger les vergetures ?

I. LE MASSAGE PEUT SE RÉVÉLER D’UNE GRANDE EFFICACITÉ

Pour stimuler la production de fibres par les cellules du derme, l’effet mécanique du massage est aussi important que les actifs. Afin d’obtenir une efficacité optimale, le massage doit être quotidien et d’une durée suffisante (au moins quelques minutes).

Exemples d’automassage

Installez-vous confortablement en position assise ou debout selon la zone massée (ventre, cuisses, seins), puis versez le soin antivergetures de votre choix dans le creux de la paume et réchauffez-le en vous frottant les mains. Le massage s’effectue après la douche, sur une peau sèche.

1. Automassage du ventre

En position assise, avec un coussin maintenant le dos pour un meilleur soutien.

Les deux mains seront, dans un premier temps, posées sur le ventre tout en l’enveloppant.

Réalisez des mouvements circulaires larges dans le sens des aiguilles d’une montre, respectivement en alternant main droite et main gauche avec toute la paume. Les cercles seront concentriques, se rapprochant du nombril, puis redeviendront plus larges (alternance des cercles).

Le geste devra être lent afin de permettre une bonne pénétration du soin. La pression des mains sera légère.

Durée : 2 à 3 minutes.

Pour le bas du ventre : massez en remontant jusqu’au gril costal inférieur, depuis la partie externe du ventre vers l’intérieur, en alternant une main puis l’autre, par effleurage, lent et doux, avec la paume.

Durée : 2 à 3 minutes.

2. Automassage des seins

En position debout ou assise ? Chaque main empaumera un sein. Laissez la main posée quelques secondes, puis réalisez des effleurages superficiels en cercle dans le sens des aiguilles d’une montre.

Le geste sera lent pour une meilleure pénétration du produit.

Répétez le geste pendant 2 à 3 minutes.

Enchaînez des pressions glissées avec la partie palmaire des doigts depuis la partie supérieure du sein en remontant vers le cou, en alternant une main puis l’autre. Répétez sur l’autre sein.

Durée : 2 à 3 minutes.

3. Automassage des cuisses et des hanches

Position debout, le pied posé sur un petit tabouret du côté du membre massé. Les deux mains empaument la cuisse en partant au-dessus du genou et en remontant vers le haut de la cuisse, en réalisant des effleurages, puis des pressions glissées de façon linéaire.

Puis, une main reste en appui interne de la cuisse pendant que l’autre réalise des effleurages circulaires sur la partie externe de la cuisse, en remontant bien jusqu’à la hanche.

Durée : 3 à 4 minutes.

Répétez le massage sur l’autre cuisse.

II. LE MASSAGE OPTIMISÉ PAR DES ACTIFS NATURELS CIBLÉS

Certains actifs naturels se révèlent particulièrement efficaces pour aider à atténuer les vergetures. Parmi eux :

• Le beurre de karité (Butyrospermum parkii)

Régénérant cutané, il revitalise les tissus et redonne élasticité à la peau.

• L’huile végétale de rose musquée du Chili (Rosa rubiginosa)

Réparatrice puissante, elle améliore l’aspect des peaux marquées : de nombreuses recherches montrent qu’après application régulière de cette huile, la texture et la coloration de la peau sont améliorées.

• L’huile de macadamia (Macadamia ternifolia)

Réparatrice et apaisante, elle apporte protection et douceur à la peau et permet la prévention ou l’atténuation des vergetures et cicatrices.

• L’huile essentielle d’hélichryse italienne (Helichrysum italicum)

Particulièrement cicatrisante, elle est réputée pour améliorer le processus de régénération cutanée. Elle excelle dans le traitement des vergetures.

Ne pas utiliser chez les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants de moins de 6 ans, ni les sujets épileptiques.

• L’huile essentielle de myrrhe (Commiphora myrrha)

Riche en actifs anti-inflammatoires et antalgiques, elle est particulièrement cicatrisante et régénérante.

Ne pas utiliser pendant la grossesse et l’allaitement.

• L’huile essentielle de ciste ladanifère (Cistus ladaniferus)

Elle est également particulièrement réparatrice. À éviter pendant les 3 premiers mois de grossesse, durant l’allaitement et chez les enfants de moins de 3 ans.

Ne pas utiliser d’huile essentielle de ciste sur une plaie importante.

Déconseillée en cas de traitement médicamenteux anticoagulant (interaction possible).

Vous pourrez également utiliser l’huile essentielle de lavande aspic (Lavandula latifolia).

Sexualité et usure du temps, comment réinventer son intimité ? par Fériel Berraies

© Tao

Sexualité et usure du temps,
comment réinventer son intimité ?

Les conseils de la thérapeute
Fériel Berraies

On se rappelle tou-te-s des premiers émois de nos étreintes charnelles, de nos préliminaires, de la passion et des papillons dans le ventre lors des premiers ébats amoureux. Ces phéromones en alerte et tout le cérébral dans la tête quand on visualise la rencontre avec l’être aimé, que ce soit notre amant-e, notre conjoint-e ou notre partenaire. Cette excitation de la découverte, de la fusion sublime.

Oui, cette sensation est incroyable, elle donne des ailes, elle exalte à l’infini. Seul bémol, elle ne dure pas, elle est conditionnelle, conditionnée par les contraintes du temps et l’habitude, par le quotidien. Et l’avancée en âge.

Oui, une fois la conquête aboutie, la consommation faite, tout rentre dans la banalité.

Si l’on prend de l’âge, que l’on ne s’entretient pas « physiquement », que l’on ne se regarde plus ou que l’on ne regarde plus son partenaire, il est clair que la libido pourrait en souffrir considérablement. Et c’est d’ailleurs dans ce genre de configuration que l’on peut mettre en danger son couple.

Des alternatives taboues peuvent alors se profiler (abandon du lit conjugal, abandon du foyer, adultère et désamour). Il ne faut pas se voiler la face… Ce tabou est devenu une norme sociale de plus en plus en vogue, comme le montrent les publicités que l’on trouve partout sur les sites de rencontre extra-conjugaux.

Nous sommes littéralement face à un phénomène de société, avec toutes les dérives que cela peut impliquer pour les familles, les couples et les enfants.

On s’aime, on se désaime, on trompe l’autre, on veut se persuader que l’on existe charnellement encore et toujours, le « fast sexe », le sexe virtuel, les jeux sexuels remplacent peu à peu l’acte charnel avec émotions. Mais c’est un phénomène de société complètement marketé aujourd’hui. Tout se fait dans cette recherche infinie du plaisir, mais sans sentiments, sans engagement. Le marché du sexe et de l’adultère n’a jamais été aussi florissant.

Beaucoup de sociologues, dont je fais partie, s’accorderont à dire que l’homme n’est pas génétiquement monogame, que la société et une certaine forme d’hypocrisie sociale mêlée à beaucoup de contraintes morales finissent par asservir l’humain.

QUE FAIRE POURTANT ? S’OUBLIER ?
ARRÊTER DE VIBRER, ARRÊTER D’AIMER,
ACCEPTER QUE NOTRE « TEMPS SOIT FINI » ?

Après 50 ans, on est bonnes pour la casse ? Je pense qu’il faut que la société et les médias arrêtent avec leurs sornettes relatives au jeunisme, les femmes de 40 et 50 ans sont pas des midinettes mais sont aussi des bombes sexuelles. Nous nous entretenons, nous faisons attention et nous sommes dans la plénitude de notre beauté et de notre sexualité. Eh oui, il faut beaucoup d’efforts, ce n’est pas inné. Il suffit simplement d’une super hygiène de vie : diète, sport, zen ET ÊTRE AMOUREUSE ou aimer la vie tout simplement (ce n’est pas la thérapeute que je suis qui vous dira le contraire)…

Pour autant, il ne faut pas faire n’importe quoi de notre corps et de notre sexualité… il faut des garde-fous, ne pas déraper et bien réfléchir avant.

Le respect de soi, c’est aussi le respect de l’autre et les règles sociales nous permettent tout de même de nous protéger de certaines dérives, et d’avoir un semblant de « décence », même si notre nature ne ment pas et que le changement est bien souvent synonyme de tentation. Il faut vivre sa vie, ses envies, sans culpabilité, avec respect et moralité ou pas ; c’est un libre-arbitre qui doit être donné à tout le monde et sans jugement.

Chacun de nous essaye d’être heureux et il n’y a véritablement plus de schémas prédéfinis. Mon vécu, mais aussi toutes les histoires d’humain et les humains que j’accompagne dans mon cabinet, m’enseignent que je dois continuellement apprendre et rester humble et ne jamais jeter la pierre sur l’autre. La bienveillance doit prévaloir avant tout.

MAIS NOUS DEVONS ARRÊTER DE SOUFFRIR
EN SILENCE DANS NOTRE
INTIMITÉ

Que faire quand votre conjoint ne vous désire plus ou qu’il ne peut plus vous donner ce que vous désirez et vice versa ?

Pour une femme, voguer sur la sphère obscure de l’adultère est impensable, comme tout le reste d’ailleurs. Tout ce qui viendrait de la femme est hautement tabou et, pourtant, beaucoup de femmes sont « très sexuelles » et font comme les hommes : elles veulent prolonger leur sexualité. Je n’émettrai aucun jugement ni encouragement pour autant. Mais, si l’on venait à moi, je m’efforcerais de conseiller et d’être à l’écoute. Sur le long terme, ce schéma pourrait être destructeur et entretenir une chimère sans fin. Surtout si la patiente est en recherche d’émotion plus que de sensations… Il faut se poser et ne pas hésiter à en parler avec votre partenaire et un thérapeute pour tenter de trouver des solutions.

LA SEXUALITÉ À L’ÉPREUVE DU CORPS ET DU TEMPS

L’âge est loin d’être aussi néfaste qu’on l’imagine pour la sexualité. Même à 90 ans, tout peut marcher très bien… à condition de s’adapter aux changements liés aux années. Mais il faut aussi accepter une certaine réalité objective liée au passage du temps.

Pour les hommes, l’érection devient plus lente à obtenir et nécessite une plus forte stimulation. Bien souvent, elle n’est complète qu’avant l’éjaculation. La période réfractaire (temps nécessaire avant une seconde érection) s’allonge elle aussi. Mais, paradoxalement, avec l’âge, les hommes deviennent plus sensuels et plus sensibles aux émotions amoureuses. Résultat, ils profitent en général beaucoup mieux des plaisirs de la sexualité.

Pour les femmes, c’est plus compliqué organiquement car, avec la ménopause, une baisse de la production d’hormones sexuelles (oestrogènes et progestérone) peut conduire à une sécheresse et une atrophie vaginales. La lubrification est alors plus lente. Mais, pour autant, les sensations et le désir restent les mêmes. Il suffit d’augmenter les préliminaires et de prendre le temps. Avec les sex toys, la femme s’assume dans son plaisir… enfin !

Oui, on en parle aujourd’hui, enfin plus ouvertement, mais cela fut pendant un temps une véritable révolution dans les mœurs et, encore aujourd’hui, dans les pays du sud, cela reste très tabou car la sexualité est avant tout orientée vers la procréation et parler de règles ou de ménopause est du ressort de l’interdit.

METTEZ DU PIMENT DANS VOTRE COUPLE
ET
POSEZ-VOUS LES BONNES QUESTIONS :

Faites-vous souvent des surprises à votre partenaire ? Depuis quand ne l’avez-vous pas invité-e à une soirée ou une sortie imprévue ? Savez-vous sortir de la routine même si elle vous rassure ? Avez-vous refait un voyage d’amoureux rien que vous deux ? Vous autorisez-vous seul-e à prendre le large quelques heures ou quelques jours ? Avez-vous des centres d’intérêt personnels, les développez-vous ? Quels sont vos terrains d’entente ? Quels sont vos projets et quel sens commun leur donnezvous ? Comment évitez-vous les sujets ou les situations qui fâchent ? Quelles sont les issues qui apaisent vos conflits ?

Si la majorité de vos réponses sont négatives ou si des questions restent sans réponse, suivez sans plus tarder nos conseils pratiques.

10 conseils pratiques pour réveiller le désir :

  • Organisez des escapades amoureuses ;
  • Surprenez votre partenaire avec un dîner aux chandelles dans un cadre intime ;
  • Gâtez votre conjoint-e ;
  • Monsieur, complimentez votre femme. Elle a besoin de se sentir belle et désirable ;
  • Madame, mettez votre féminité en valeur en investissant dans une nouvelle garde-robe ;
  • Jouez la carte de l’humour ;
  • Ne vous concentrez pas sur vos difficultés sexuelles et ne pointez pas vos défauts ;
  • Ne restez pas seul-e avec vos angoisses mais parlez-en à votre partenaire ;
  • Faites l’amour souvent !
  • La clé d’une vie sexuelle épanouie résiderait tout simplement dans la pratique… Il ne faut surtout pas arrêter de faire l’amour et ce même si l’envie fait défaut. Cela permet d’entretenir la mécanique et de conserver un contact physique, une proximité.

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