La plante du mois : La griffe de chat (Uncaria tomentosa )
l’allié immunité

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La description botanique de la griffe de chat

La griffe de chat est une liane ligneuse originaire des forêts humides d’Amazonie. Elle est surtout présente au Pérou, mais on la rencontre aussi en Équateur, en Colombie, au Guatemala, au Costa Rica et au Panama.

Pouvant mesurer jusqu’à 60 m de long, cette plante grimpante à la croissance lente s’accroche aux arbres avec ses épines en forme de griffes situées à la base des feuilles. Son écorce brune est fissurée. Ses feuilles simples et opposées sont vert jaunâtre, oblongues à ovales et mesurent 7 à 17 cm de long sur 4 à 12 cm de large. Les petites fleurs sont blanc jaunâtre et ont un parfum de cannelle. Les fruits sont des capsules brunes à 2 valves et mesurent environ 4 cm de long.

Dans les années 90, la griffe de chat, victime de son succès, a été récoltée massivement, mettant l’espèce en danger. Afin de préserver la plante, les autorités péruviennes ont mis en place, en 1999, une surveillance et une réglementation des techniques de récolte.

 

Histoire et tradition de la griffe de chat

Les différentes tribus de la forêt amazonienne utilisent la griffe de chat depuis plus de 2 000 ans. Il existe 2 chémotypes de griffe de chat : celui contenant des alcaloïdes pentacycliques, qui est traditionnellement utilisé comme remède médicinal, et l’autre, qui est moins actif. Ce chémotype est appelé saverento, c’est-à-dire la plante puissante. On raconte que seuls les prêtres guérisseurs de haut rang savent différencier ces 2 plantes, qui ont pourtant les mêmes caractères botaniques.

La griffe de chat est considérée comme une panacée par les Ashaninkas du Pérou, qui ont la tradition la plus complète et la plus riche la concernant. Pour eux, il s’agit d’une plante sacrée à laquelle ils attribuent de nombreuses propriétés. Ils l’utilisent pour soigner quantité de maux : asthme, inflammation du tractus urinaire et digestif, arthrite, goutte, rhumatisme, diabète, cancer, etc. Les tribus amazoniennes utilisent aussi la griffe de chat comme moyen contraceptif.

Ce n’est cependant que dans les années 70 que les scientifiques ont commencé à s’intéresser à la griffe de chat. Le docteur Keplinger, un scientifique autrichien, a observé les effets positifs de la plante sur le traitement d’infections virales, puis, plus tard, sur des patients atteints du sida.

 

Étymologie et légende de la griffe de chat

Les noms anglais cat’s claw et espagnol uña de gato – griffe de chat – viennent de la forme des épines de la plante, grâce auxquelles elle s’accroche aux arbres. Le nom de genre, uncaria, dérive du mot latin uncus, qui signifie crochet, et se réfère également à ses griffes. Le nom d’espèce tomentosa, signifiant velue, rappelle l’aspect pubescent des fleurs.

On raconte que la première personne n’appartenant pas à une tribu indienne à avoir utilisé la griffe de chat fut, en 1972, un certain Don Luis, planteur péruvien de 78 ans, atteint d’un cancer des poumons en phase terminale, qui rentra chez lui pour mourir. L’un de ses fils fit venir une vieille femme indienne, un peu sorcière, qui prescrivit une infusion de griffe de chat. Don Luis en but plusieurs fois par jour, se trouva guéri au bout de 6 mois et vécut jusqu’à 90 ans !

 

La griffe de chat, côté santé

Depuis plus de 2 000 ans, l’unha de gato (en portugais) est traditionnellement utilisée par les Amérindiens pour soulager les douleurs inflammatoires, ainsi que pour améliorer les performances immunitaires de l’organisme.

De nombreuses études ont mis en avant cette activité immunostimulante de la griffe de chat. En particulier, elle aide l’organisme à combattre les infections. En effet, les alcaloïdes pentacycliques stimuleraient la phagocytose (mécanisme permettant aux cellules de digérer des micro-organismes) et auraient un effet régulateur sur la production de lymphocytes par le corps. En revanche, les alcaloïdes tétracycliques déprimeraient les fonctions immunitaires et seraient anti-hypertenseurs et vasodilatateurs. Il est donc crucial de déterminer quel chémotype est employé. Dans la majorité des cas, c’est le chémotype riche en alcaloïdes pentacycliques et pauvre en alcaloïdes tétracycliques qui est recherché.

Quant aux alcaloïdes indoliques, ils bénéficient de propriétés anti-arythmiques, anti-convulsives, analgésiques, anti-virales, anti-spasmodiques et hypotensives.

L’activité anti-inflammatoire de la griffe de chat serait due aux esters de l’acide quinovique et permettrait de réduire la douleur chez des patients souffrant d’arthrite rhumatoïde. Elle s’est également révélée efficace dans le traitement des oedèmes. Les glycosides de l’acide quinovique possèdent une activité anti-virale, en particulier sur les rhino-virus et sur le virus de la stomatite vésiculaire.

De puissantes propriétés antioxydantes sont aussi attribuées à la plante, ainsi que des vertus anti-mutagènes et anti-tumorales intéressantes.

Comment l’utiliser ?

1 à 2 c. à c. de poudre par jour, à diluer dans une boisson, 3 mn après les repas. Déconseillée aux enfants de moins de 3 ans, aux femmes enceintes ou allaitantes, dans les situations post-opératoires et en cas de maladie auto-immune (pour éviter l’effet de stimulation du système immunitaire).

 

La griffe de chat côté beauté

L’écorce de la racine de griffe de chat renferme des proanthocyanidines, aux propriétés antioxydantes puissantes. C’est donc un actif anti-âge idéal pour le soin des peaux matures.

On retrouve également la griffe de chat dans des crèmes amincissantes. La plante fait d’ailleurs l’objet d’un brevet, datant de 2002, dans lequel on la décrit comme un actif atténuant l’aspect peau d’orange.

Recette express beauté :

Préparez une décoction en mettant 2 c. à s. de poudre de griffe de chat dans 50 cl d’eau. Portez à ébullition et laissez frémir pendant 5 à 10 mn. à feu doux. Puis, hors du feu, laissez infuser 15 mn. Réservez jusqu’à complet refroidissement. Appliquez avec un linge propre sur le visage.

Se conserve 5 jours au réfrigérateur.

Sources :
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