La plante du mois
Le neem Azadirachta indica
La plante qui guérit de tous les maux

 

Neem et botanique

Le neem, également connu sous les noms de margousier ou encore de « lilas de Perse », est un bel arbre mesurant environ 15 m de hauteur, de la famille des méliacées.

Son origine n’est pas précisément identifiée, mais on suppose qu’elle se situe en Asie du Sud-Est, dans la région indo- birmane. Il est très courant dans les forêts tropicales sèches et tempérées. Il est cultivé en Asie du Sud-Est, en Afrique, en Europe, en Amérique Centrale et en Australie. Capable de croître sous divers climats, le neem préfère les lieux ensoleillés à moins de 1 500 m d’altitude.

Cet arbre possède une large cime arrondie et une écorce fissurée brun foncé. Son feuillage est persistant ou caduc en fonction du climat. Il est formé de larges feuilles alternes et pennées, composées de 8 à 18 folioles lancéolées et dentées. Les fleurs blanches ou jaune pâle du neem sont regroupées en inflorescences de type panicule à l’extrémité des branches. Les fruits sont de petites drupes oblongues et jaunâtres, renfermant une graine unique oléagineuse. Le neem produit des fruits en 3 ans et devient productif vers l’âge de 10 ans.

 

Histoire et tradition du neem

Supposé originaire de l’Inde et de ses environs, le neem aurait été introduit et cultivé depuis longtemps en Asie du Sud-Est, où il s’est depuis naturalisé. C’est au 19e siècle que des émigrants venus d’Asie l’introduisirent sur l’île Fidji et l’île Maurice, ainsi qu’en Guyane. Les Anglais l’implantèrent dans leurs colonies africaines (Égypte et Afrique subsahélienne), puis il sera importé en Amérique Centrale.

La première description botanique du neem est réalisée vers 1830 par Jussieu. Un siècle plus tard, c’est sa composition chimique qui suscite l’intérêt des chercheurs, qui isolent en 1970 la fameuse azadirachtine, molécule à l’activité insecticide avérée. L’histoire du neem est étroitement liée à celle de l’Inde. Cité dans plusieurs manuscrits et ouvrages de médecine ayurvédique, il est l’une des sources les plus populaires de remèdes en médecine indienne. Plusieurs parties de l’arbre (feuilles, graines, écorce…) sont utilisées traditionnellement pour leurs vertus thérapeutiques. Il est renommé notamment contre le paludisme.

La feuille et la graine du neem sont reconnues pour calmer les réactions allergiques, l’asthme, les hématomes, la dysenterie, la fièvre, la goutte, les maux de tête, les démangeaisons (varicelle), les calculs rénaux, le psoriasis ou encore les douleurs musculaires. Elles sont de plus réputées comme antivenin, contraceptif, stomachique, vermifuge, etc.

D’autres parties de l’arbre servent en Asie à des applications diverses : les branches pour le brossage des dents et l’hygiène bucco-dentaire, l’écorce comme teinture – du fait de sa forte teneur en tanins (plus de 10 %) –, la graine ou la feuille comme engrais et insecticide.

Le neem est également apprécié dans l’alimentation asiatique et africaine. Les fruits sont dégustés frais ou cuits, en desserts ou en limonades rafraîchissantes, et les fleurs sont parfois cuisinées en légume d’accompagnement. Un exsudat, riche en protéines, est prélevé du tronc et sert d’additif alimentaire appelé neem glue en Asie du Sud-Est.

En Inde, les feuilles du neem servent dans les librairies à éloigner les parasites des livres. Le tourteau de neem est exploité, quant à lui, pour traiter les cultures contre les attaques des insectes et les champignons.

 

Étymologie et légendes autour du neem

Le nom de genre Azadirachta dérive du nom local perdan azaddhirakt, signifiant arbre noble. Le nom d’espèce indica fait référence à son origine géographique : l’Inde. Le neem est considéré comme sacré en Inde, où il porte le nom d’arishta – arbre guérisseur –, évoquant ses nombreuses qualités thérapeutiques.

Gandhi croyait d’ailleurs en sa valeur bénéfique. Il conduisait ses réunions de prières sous un neem et mangeait quotidiennement du chutney confectionné à partir de ses feuilles.

Dans la mythologie hindoue, lorsque Garuda, l’oiseau sacré, vole Amrita, l’élixir d’immortalité, afin de sauver sa mère prisonnière, quelques gouttes tombent sur le neem, lui apportant toutes ses vertus. Dans le Deccan, en Inde, la tribu des Coramas pratiquait un rituel supposé avertir des maladies et porter chance. Ils plaçaient 5 branches de neem et des fèves de cacao dans une bassine de cuivre, qu’ils recouvraient de fleurs. Puis, ils arrosaient le tout d’eau de bois de santal et laissaient macérer 3 jours, durant lesquels ils faisaient la fête.

Pour se protéger de la maladie, 5 à 8 feuilles de neem sont mangées par tous les Indiens le jour du nouvel an.

 

Côté santé

L’un des constituants les plus notoires du neem est l’azadirachtine. Cette molécule, que l’on trouve en grande quantité dans ses graines, a particulièrement été étudiée pour ses caractéristiques répulsives et insecticides. En effet, d’une part, ce composé permet d’éloigner les insectes, et, d’autre part, il empêche la croissance larvaire ainsi que le développement et la reproduction des insectes adultes. Ces propriétés se sont révélées efficaces sur une centaine d’insectes. La graine du neem est notamment populaire pour lutter contre le vecteur du paludisme et traiter la malaria. Son huile est un bon remède contre les poux.

L’huile de neem présenterait des pouvoirs antifongiques et antibactériens à large spectre. On lui attribue aussi des qualités hypoglycémiantes, employées traditionnellement pour traiter le diabète.

Des études ont démontré que cette huile possède des fonctions antioxydantes, anti-tumorales et immunostimulatrices, lui promettant un avenir intéressant dans des traitements contre certains cancers.

La graine de neem aurait des vertus hypotensives, utiles dans la prévention des maladies cardiovasculaires. De nombreuses études sur les limonoïdes de la graine du neem indiquent un fort potentiel anti-inflammatoire et analgésique, exploité pour soulager les douleurs, notamment celles causées par l’arthrite.

 

Côté beauté

La graine de neem offre des caractéristiques restructurantes idéales dans des soins pour peaux et cheveux abîmés. Antioxydante, la graine de neem peut entrer dans la composition de soins pour peaux matures et stressées. Elle peut présenter un intérêt dans des soins éclaircissants.

Sous quelle galénique l’utiliser pour un usage cosmétique ?

Il est possible d’utiliser soit :

La plante sèche

Les feuilles sont récoltées à la main, séchées à l’air libre, puis réduites en poudre.

Cette poudre assainit les peaux grasses et à tendance acnéique, et s’avère un ingrédient intéressant dans les shampooings et lotions capillaires pour lutter contre les pellicules.

Elle pourra être employée telle quelle, en combinaison avec d’autres poudres pour réaliser éventuellement un shampooing sec, sous forme de cataplasmes, associée à un hydrolat par exemple, ou bien en macérât aqueux ou huileux pour la confection de crèmes ou de soins capillaires.

 

Recette express

Dentifrice poudre ayurvédique

Dans un bol, incorporez, à la mini-maryse, 60 g d’argile blanche à 15 g de poudre d’alma et 15 g de poudre de neem. Ajoutez 1 à une 5 gouttes d’huile essentielle de citron bio, en mélangeant soigneusement entre chaque ajout. Transvasez ensuite dans un pot adapté.

Cette poudre dentifrice aux plantes ayurvédiques s’utilise à l’aide d’une brosse à dents et se rince à l’eau claire pour des dents propres et saines.

– Ne pas ingérer.
– Déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes, et aux enfants de moins de 3 ans.
– Cette poudre est très active, il est recommandé de toujours faire un test dans le pli du coude 24 h avant application.
– Si vous ressentez une sensation de picotement ou d’échauffement, arrêtez immédiatement l’application et rincez-vous à l’eau claire.

 

L’huile végétale de neem

Elle est obtenue par première pression à froid des graines du neem. Elle est riche en acide oléique, nourrissant pour la peau, qui la rend plus souple et plus douce, et en outre plus éclatante. Elle contient également de l’azadirachtine, un actif naturel du neem reconnu pour ses propriétés insecticides. Elle peut être utilisée pour le soin de la peau comme antibactérien puissant (acné, boutons, mycoses…), mais aussi comme traitement anti-poux pour les cheveux.

Recette express : roll-on anti-boutons

À l’aide d’une pipette, transférez, dans un roll-on de 3 ml, 1 ml d’huile végétale de neem, 1 ml d’alcool à 70° et 1 ml (environ 35 gouttes) d’huile essentielle de tea tree. Refermez le roll-on, puis secouez pour bien mélanger la préparation. Appliquez la bille du roll-on sur les boutons. Renouvelez 2 à 3 fois par jour, jusqu’à leur disparition complète.

Recette express : baume anti-poux

Dans un bol, mélangez 90 ml d’huile de coco, 10 ml d’huile de neem et 5 ml d’huile essentielle de lavandin super.

Appliquez sur toute la chevelure. Laissez poser 30 minutes. Passez au peigne fin. Rincez à l’aide d’un shampooing doux. Renouvelez l’opération tous les 3 à 4 jours pendant 2 semaines pour que toutes les lentes soient éliminées.

Astuce : vous pouvez ajouter quelques gouttes de ce mélange dans la dose de votre shampooing.