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La transition agroécologique
de l’agriculture selon Didier Guillaume

Pour mieux manger, la France doit compter sur la « transition agroécologique » de son agriculture conventionnelle, désormais « irréversible », estime le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, dans un entretien avec l’AFP, où il appelle parallèlement à ne pas « industrialiser » la production de bio.

« La transition agroécologique de l’agriculture est en route, et elle est irréversible, car la demande sociétale est irréversible aussi », a jugé M. Guillaume à l’issue du 56e salon de l’Agriculture. « Nos concitoyens nous demandent plus de transparence, plus de sécurité, moins de produits phytosanitaires et plus de bien-être animal. » Selon lui, les agriculteurs conventionnels ont « précédé » ces demandes « depuis des années », en utilisant « moins d’eau, moins de phytos, et moins d’antibiotiques dans les élevages ».

Mais, pour répondre à la demande croissante des consommateurs avides de produits plus naturels et sans pesticides, « il ne faut pas industrialiser » la production d’aliments biologiques, a-t-il aussi plaidé. Certains pays ont répondu au développement de la demande avec des modes de production bio intensifs, s’approchant dans certains cas du modèle des fermes usines décriées par les associations environnementales. « On ne peut pas faire passer toute l’agriculture en bio, parce que cette agriculture-là n’est pas à même aujourd’hui de produire l’alimentation que nous souhaitons en quantité », a jugé le ministre. C’est l’évolution de l’agriculture traditionnelle, grâce notamment à des techniques empruntées au bio (nouvelles pratiques agraires, rotations des sols) qui permettra la « montée en gamme de l’agriculture française », a-t-il précisé. Pour rassurer les producteurs bio, il a souligné qu’il poussait « beaucoup pour les conversions de nouveaux agriculteurs », même si le gouvernement a renoncé à un accompagnement financier prolongé sur 5 ans.

De 6,5 % des surfaces agricoles françaises, l’agriculture biologique doit en couvrir 15 % en 2022, selon les engagements du gouvernement. Interrogé sur les retards de paiement des aides européennes pour les agriculteurs bio, le ministre a admis « une défaillance de l’État français et de l’Agence de services et de paiement », et un « bug inacceptable ». Certains agriculteurs bio ont d’ailleurs récemment intenté une action en justice contre l’État pour recevoir leurs arriérés.

Selon M. Guillaume, il reste un solde de « 60 millions d’euros » à verser sur les 4 milliards promis pour la période 2016/17.

Revenant sur le salon SIMA des matériels agricoles, qui s’est tenu parallèlement à Villepinte (Seine- Saint-Denis), il a indiqué que l’industrie des agroéquipements s’était aussi engagée dans la transition, grâce à des appareils plus performants (pulvérisateurs, etc.) donnant la possibilité de réduire de « 70 à 80 % » l’utilisation de produits phytosanitaires.

Interrogé sur la dégradation de l’excédent commercial agroalimentaire français depuis le début des années 2000, le ministre a déclaré que la France devrait se concentrer surtout sur les exportations alimentaires vers les pays européens les plus rapprochés.