La vraie-fausse coloration végétale
5 indices pour démêler le vrai du faux

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La coloration végétale séduit de plus en plus de consommateurs, désireux de prendre soin de leur apparence sans nuire à la planète.

Les marques l’ont bien compris et rivalisent d’ingéniosité pour proposer des formules et des packagings toujours plus « verts ». Mais, au-delà des apparences, la réalité est souvent moins green qu’on ne le pense. Car il ne suffit pas d’un marketing évoquant la nature ni de code couleur vert pour que la promesse d’une coloration 100 % végétale soit au rendez-vous.

Voici quelques indices pour vous y retrouver…

Indice n° 1 : Des plantes, que des plantes !

QU’ON SE LE DISE : dans une coloration 100 % végétale, il ne peut y avoir qu’un mélange de plantes tinctoriales (curcuma, indigo, katam, rhapontic, henné, brou de noix, garance, orcanette…), associées de préférence à des poudres de plantes, soin ou booster (guimauve, jujubier, henné neutre, amla…).

Indice n° 2 : Présence de 2 flacons, attention

Dans de nombreuses box de pseudocolorations végétales, on trouve un sachet de plantes et un flacon (l’oxydant) : ceci doit immédiatement alerter le consommateur sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une vraie coloration 100 % végétale.

Indice n° 3 : L’INCI* (la liste obligatoire des ingrédients qui figure sur les packagings ou étiquettes des cosmétiques)

Il est par ailleurs très important de regarder l’INCI du produit. Ce n’est pas parce que le premier ingrédient est une plante que l’on doit être pleinement rassuré-e.

Et même si l’INCI contient des plantes, il ne s’agit pas forcément d’une coloration végétale !

* La nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques – ou International Nomenclature of Cosmetic Ingredients – a été conçue en 1973 par la Cosmetic, Toiletry and Fragrance Association.

Parmi les ingrédients controversés et encore autorisés dans les formules de colorations conventionnelles, citons :

LA PPD, OU PARAPHÉNYLÈNEDIAMINE

On la trouve dans les colorations capillaires de type foncé. À noter que la PPD est utilisée dans les tatouages au henné pour les rendre plus foncés, ce qui peut déclencher des allergies impressionnantes sur le graphisme du tatouage.

Elle permet par ailleurs de faire pénétrer l’agent colorant à l’intérieur de la fibre des cheveux pour une tenue plus longue. Très allergisante et mutagène, même en faible quantité, elle pourrait en plus être à l’origine du cancer de la vessie.

L’AMMONIAQUE

Présente dans un grand nombre de colorations, elle sert à faciliter la pénétration des pigments colorés.

Mais elle est très fréquemment mise en cause car elle est irritante et parfois allergisante.

RÉSORCINOL

Comme la PPD, il passe la barrière cutanée. C’est un perturbateur endocrinien (au niveau de la thyroïde) et immunitaire dont une surdose entraîne aussi des effets sur le système nerveux central.

Le résorcinol est irritant et sensibilisant pour la peau, les yeux et les voies respiratoires, à tel point qu’une molécule très proche (éther diglycidique du résorcinol) est désormais totalement interdite dans la nouvelle réglementation européenne des cosmétiques.

LE P-AMINOPHÉNOL

Dérivé du goudron de houille, le p-Aminophénol est un dermotoxique puissant, également allergisant.

TOLUÈNE-2,5-DIAMINE SULFATE

Selon les conclusions du Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC), le toluène-2,5-diamine sulfate est une molécule « extrêmement sensibilisante » pour la peau.

1-NAPHTOL

Le 1-naphtol est un dérivé pétrochimique fortement irritant pour la peau, les yeux et les poumons.

Bon à savoir : une nouvelle forme d’allergie est de plus en plus décrite. Il s’agit d’une réaction aiguë se traduisant par un oedème immédiat qui ressemble à un oedème de Quincke. C’est en fait une manifestation d’allergie survenant très rapidement, mais qui appartient au même type que l’allergie retardée. Ce phénomène est assez nouveau car, jusqu’à présent, les manifestations étaient systématiquement retardées, prenant la forme d’eczémas et de démangeaisons du cuir chevelu, de la région rétro-auriculaire, s’étendant parfois au visage, au cou et aux épaules.

Indice n° 4 : Le SANS n’a pas de sens

La pseudo-coloration végétale adore le marketing du SANS et est friande de l’argument SANS AMMONIAQUE. Malheureusement, cette allégation est souvent trompeuse puisque l’ammoniaque est remplacée par un dérivé qui est l’éthanolamine, lequel n’est pas dénué d’effets délétères.

Les marques 100 % végétales préfèrent communiquer sur les bienfaits des plantes et se passent généralement des allégations SANS. Un bon argument pour déceler les imposteurs !

Indice n° 5 : Sans sel svp !

ATTENTION ! Tous les hennés ne se valent pas ! Nombreuses sont les marques qui ne l’utilisent pas pur et qui l’associent à des PPD et des sels métalliques. Là encore, il est indispensable de bien regarder la composition INCI.

Si vous ne vous colorez pas les cheveux, ne soyez pour autant complètement rassuré-e ! Les allergies aux shampooings sont, elles aussi, de plus en plus fréquentes. Eh oui, devant un eczéma non seulement du cuir chevelu mais aussi du visage, en particulier du front et des tempes, on doit toujours suspecter une allergie au shampooing.

Parmi les allergènes majeurs qu’ils peuvent contenir, on trouve bien sûr les parfums, mais on observe de plus en plus souvent également des réactions aux détergents et aux tensioactifs.

Parmi ces derniers, les tensioactifs amphotères sont les premiers concernés. La cocamidopropyl bétaïne et son allergène le diaminopropylamine ou 3-diméthylaminopropylamine (DMPA) sont ainsi connus depuis plus de 20 ans, mais les tensioactifs non ioniques (glucosides), qui remplacent souvent la cocamidopropyl bétaïne, peuvent également être en cause.