© Enrico Dell’Orto

L’apnée du sommeil constitue un véritable enjeu de santé publique

avec Thibault Vincent
Bio-ingénieur de formation et cofondateur d’ONIRIS

C’est pour répondre aux millions de patients qui en souffrent que le Docteur Gérard Vincent, chirurgien-dentiste, et ses fils, Mathieu et Thibault, ont combiné leurs expertises pour créer ONIRIS, première entreprise française à se positionner sur ce marché.

Fondée en 2011, ONIRIS, start-up familiale, met au point, fabrique et commercialise des orthèses d’avancée mandibulaire (OAM), afin d’apporter une solution simple, économique et efficace aux problématiques liées au ronflement et à l’apnée du sommeil. Ces orthèses standards mais personnalisables marquent un véritable tournant dans les solutions proposées aux patients et ouvrent, du fait de leur nature même, de nouveaux canaux de distribution et de ventes, dont celui de la pharmacie. Thibault Vincent, bio-ingénieur de formation et cofondateur d’ONIRIS, a eu la gentillesse de répondre à nos questions.

Auriez-vous quelques chiffres sur le ronflement en France ?

On estime que le ronflement régulier – plus de 4 nuits par semaine – concerne entre 30 et 40 % de la population adulte, ce qui représente 15 à 20 millions de personnes. Si l’on considère également les conjoints, c’est finalement plus d’1 Français sur 2 qui est concerné directement par ce trouble.

Le ronflement touche davantage les hommes que les femmes, mais la proportion s’équilibre à partir de 60 ans.

Quelles sont les grandes différences
entre apnée du sommeil et ronflement ?

Physiologiquement, le ronflement et l’apnée du sommeil ont la même origine : une obstruction du passage de l’air dans la gorge. Dans le cas de ronflement, l’obstruction est partielle, le flux d’air est perturbé et crée des vibrations. Mais l’air parvient néanmoins aux poumons. Dans le cas d’une apnée du sommeil, la langue s’affaisse dans la gorge et bloque totalement le flux d’air, comme un bouchon.

Il s’agit donc d’un arrêt respiratoire, qui peut se prolonger pendant plus d’1 minute avant que le patient se réveille pour reprendre sa respiration.

Au-delà du bruit qu’il occasionne,
quels sont les dangers du ronflement ?

Le ronflement peut perturber le sommeil du ronfleur, mais surtout celui du conjoint. Le sommeil est fractionné par les épisodes bruyants, le ronflement pouvant atteindre 90 décibels. La qualité de sommeil est donc dégradée, ce qui peut avoir de multiples conséquences dans la vie de tous les jours : troubles de l’attention, fatigue, somnolence, irritabilité.

Le ronflement est également le symptôme cardinal d’un syndrome d’apnée du sommeil. De nombreuses personnes savent qu’elles ronflent mais ignorent qu’elles font aussi de l’apnée du sommeil. Et, dans ce cas, si un traitement n’est pas mis en place rapidement, les conséquences sur la santé peuvent être particulièrement graves : hypertension, AVC, arythmies cardiaques, cancer, diabète de type 2, accidents de la route et du travail.

Existe-t-il des facteurs aggravants du ronflement ?

Oui, il existe des facteurs qui prédisposent ou favorisent l’apparition du ronflement. La prise de poids et l’âge ont une influence majeure car ils diminuent la tonicité des tissus et contribuent donc à l’obstruction du passage de l’air. Il en est de même de la prise d’alcool ou de certains médicaments, comme les somnifères et les antidépresseurs, qui ont un effet de dépresseur respiratoire.

Je citerai aussi les facteurs physiologiques, parfois héréditaires, comme le fait d’avoir une grosse langue – macroglossie – ou une petite mâchoire –, qui vont concourir à l’affaissement de la langue dans la gorge. La présence d’amygdales très volumineuses ou d’un voile du palais hypertrophié sont également des facteurs morphologiques aggravants.

Le ronflement est accentué lorsque l’on dort sur le dos car la force de gravité participe au recul de la langue.

La chirurgie est-elle une solution efficace ?

La chirurgie peut être efficace dans certains cas. Elle est généralement conseillée en présence de certaines spécificités morphologiques, comme une hypertrophie du voile du palais ou des amygdales. La chirurgie est un acte qui ne peut pas être pris à la légère ; des incidents post-opératoires peuvent survenir, l’efficacité n’est pas garantie et l’acte est irréversible. Ce n’est pas la solution la plus fréquemment utilisée.

Quelle(s) autres alternative(s) efficace(s) existe-t-il ?

L’alternative principale utilisée aujourd’hui est un dispositif médical que l’on appelle une orthèse d’avancée mandibulaire. Il s’agit d’une sorte de gouttière dentaire, que l’on porte en dormant et qui maintient la mâchoire inférieure avancée de quelques millimètres. Cette avancée a pour effet de retenir la langue afin qu’elle ne bascule pas en arrière dans la gorge. Ce principe est largement reconnu par la communauté scientifique, mais il existe aujourd’hui une grande variété de modèles d’orthèses ; certains ont une efficacité et un confort largement démontrés, tandis que d’autres présentent des résultats plus que médiocres.

Qu’en est-il des orthèses avec empreinte ?

Les modèles qui nécessitent une empreinte chez un dentiste sont fabriquées sur mesure, à l’unité. Elles sont donc particulièrement bien adaptées aux patients et offrent d’excellents résultats. Cependant, la fabrication sur mesure implique des délais de plusieurs mois et différents rendez-vous d’adaptation et de réglage. Leur coût, de l’ordre de 700 à 800 €, est, en outre, problématique car un remboursement n’est possible que dans le cas d’apnées du sommeil importantes.

Vous proposez une orthèse qui n’est pas faite sur mesure.
Pourriez-
vous nous en dire quelques mots ?

En effet, nous avons fait nos armes dans le domaine des orthèses sur mesure, que nous proposons toujours pour les patients apnéiques, et cela nous a donné l’occasion d’identifier leurs limites. Nous avons donc développé un modèle plus simple, plus rapide et plus économique, à même de répondre aux besoins des ronfleurs.

Il s’agit de l’orthèse ONIRIS, un modèle prêt à l’emploi qui permet à l’utilisateur de réaliser directement ses empreintes à domicile avec une très bonne précision. L’opération prend environ 5 minutes, et, en cas d’erreur, elle peut être répétée sans difficulté.

Quels avantages pour le consommateur ?

De multiples avantages qui expliquent son succès. Son prix, d’abord, car une orthèse ONIRIS ne coûte que 69 €, ce qui est 10 fois moins élevé qu’un modèle sur mesure. Cela réduit les inégalités d’accès aux soins et rend le dispositif abordable pour la majorité de la population, le coût d’usage revenant à moins de 4 € par mois – 69 € pour 18 mois de traitement.

Contrairement aux modèles sur mesure qui nécessitent d’attendre 3 ou 6 mois, les patients peuvent accéder à l’orthèse ONIRIS immédiatement, puisqu’elle est disponible en pharmacie ou en ligne.

Enfin, et c’est sans doute le plus important, l’efficacité et la tolérance de l’orthèse ONIRIS ont été reconnues équivalentes aux orthèses sur mesure lors d’une étude contrôlée-randomisée sans équivalent à ce jour. Son efficacité est d’ailleurs démontrée à la fois sur le ronflement et sur l’apnée du sommeil, et aucun autre dispositif prêt à l’emploi ne présente de tels résultats.

Est-ce facile à placer le soir,
discret et sans gêne ?

Oui, une fois les empreintes réalisées avant la première utilisation, la mise en place est très simple et ne prend que quelques secondes. Le dispositif reste discret et léger, c’est sans comparaison avec un masque de ventilation, que l’on réserve aux cas sévères d’apnée du sommeil.

Le mot de la fin ?

Aujourd’hui, 80 % des ronfleurs et apnéiques ne sont pas traités et les conséquences sont à la fois graves et coûteuses pour notre système de santé. Ce nouveau dispositif, qui résout les problématiques de coûts et de délai des traitements préexistants, représente sans doute la meilleure alternative pour répondre à ces problèmes de santé publique.

Pour en savoir plus :
https://www.oniris-ronflement.fr