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Le baume de Fioravanti,
un remède universel

Mis au point par un médecin bolognais du nom de Leonardo Fioravanti (1517-1588), ce baume contenait de nombreux ingrédients : gomme arabique, origan, girofle, gingembre, musc, ambre gris, zédoaire, aloès, petit galanga, consoude, cannelle, myrrhe, noix de muscade, dictame blanc. Tous ces ingrédients étaient pilés, puis arrosés de térébenthine de mélèze, d’huile d’olive et d’eau de vie à 80°. Pour être prêt, le mélange devait reposer 9 jours, puis cuire à feu doux. Ce baume était utilisé pour lutter contre les rhumatismes, nettoyer les plaies, prévenir la gangrène…

Leonardo Fioravanti a laissé de nombreux ouvrages, repris en partie dans le Codex jusqu’au début du XXe siècle, tels Lo Specchio di scienza universale (Le Miroir de la science universelle) en 1564, Il compendio dei secreti razionali intorno alla medicina, chirurgia ed alchimia (Le recueil des secrets rationnels autour de la médecine, de la chirurgie et de l’alchimie) en 1571, Il tesoro della vita umana (Le trésor de la vie humaine). L’alcoolat de Fioravanti fut inscrit à la pharmacopée française jusqu’en 1949, avant d’être repéré par René Furterer. Pourquoi donc, vous demandez-vous ? Eh bien tout simplement parce que ce spécialiste capillaire comprit très vite qu’il tenait là une composition très intéressante pour améliorer l’état des cheveux. Une gamme au nom de Fioravanti est désormais élaborée à partir de la recette originale simplifiée. De quoi perpétuer encore longtemps ce remède empirique.

Le saviez-vous ? L’ambre gris est une concrétion produite par le cachalot, substance très recherchée en parfumerie.

Zoom sur deux plantes du baume de Fioravanti

LE GALANGA

Le rhizome de galanga sert depuis l’Antiquité en Asie comme condiment pour sa saveur épicée et brûlante. Ce sont vraisemblablement les Arabes qui l’ont importé en Europe dès le début du Moyen Âge. En France, on le mentionne dans des listes d’épices datant du IXe siècle, ainsi que dans des livres de cuisine du XVe siècle. De nos jours, le rhizome de galanga est très peu courant en Europe, mais reste très répandu en Asie, où il remplace parfois le gingembre.

Le galanga est également connu des Asiatiques pour ses vertus médicinales. Le rhizome et les graines sont utilisés comme tonique digestif dans les cas d’indigestions ou d’intoxications alimentaires. En Europe, au XIIe siècle, Sainte Hildegarde le conseille contre les problèmes intestinaux et gastriques. On peut également noter l’emploi traditionnel du rhizome de galanga comme aphrodisiaque et comme masticatoire pour soulager les maux de dents. En Inde, il sert à lutter contre la mauvaise haleine.

LA CONSOUDE

Elle constitue une véritable panacée en médecine traditionnelle depuis l’Antiquité. Sa feuille et, surtout, sa racine sont reconnues pour soulager les douleurs articulaires, les fractures et les affections intestinales, comme la diarrhée, et les ulcères. La racine est également très renommée en médecine populaire pour calmer la toux et les troubles de la menstruation.

Dioscoride décrit, dans son ouvrage De materia medica, les bienfaits de la consoude pour traiter des hémorroïdes et les inflammations pulmonaires ou digestives. Au Moyen Âge, la consoude est réputée comme vulnéraire. Les nourrices s’appliquent des pommades à base de cette plante sur leurs seins crevassés. Au début du XXe siècle, un médecin anglais l’utilise avec succès contre les ulcères et permet ainsi la découverte de la substance cicatrisante active, l’allantoïne.