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Le dossier du mois
Le dauphin, l’antidote antistress de l’homme ?

avec Olivia de Bergerac

Olivia de Bergerac, initiée au grand bleu par son frère plongeur chez Cousteau, a développé une approche de coaching très particulière, fondée sur les effets thérapeutiques des dauphins sur les humains, notamment en cas de stress. Neuroscientifique, elle a mesuré les ondes cérébrales et la cohérence cardiaque des humains avant et après une rencontre avec des dauphins dans leur milieu naturel. Olivia anime des stages Dauphin dans l’Âme en Australie (où elle réside), en Nouvelle-Calédonie et en France (à Antibes).

À l’occasion de la sortie de son livre Dauphin dans l’âme, aux éditions Guy Trédaniel, elle nous explique comment passer de l’hormone du stress à l’hormone du bonheur.

Comment vous est venue cette formidable idée de traiter le stress à l’aide des dauphins ?

J’ai eu la chance de naître à Antibes, sur la Côte d’Azur, d’avoir des parents qui adoraient la mer et deux grands frères, Henri et Michel, tous les deux fous de plongée. Très jeune, mes frères m’ont emmenée voir les baleines et les dauphins en Méditerranée. Puis, Henri est devenu plongeur chez Cousteau. Après de nombreuses missions aux quatre coins du monde, il a décidé de s’établir à l’Île de Pâques, où Michel l’a rejoint. Ensemble, ils ont créé un centre de plongée Cousteau tout en continuant les explorations archéologiques et les films sous-marins. Mes frères étaient les aventuriers tandis que, moi, j’adorais étudier. Après Paris, Londres, les États-Unis et un doctorat en psychologie, je voulais faire un MBA à l’INSEAD Paris, mais je suis allée voir mes frères et j’ai compris que je ne pouvais plus vivre loin de la mer. J’avais perdu mes vraies valeurs, je voyais mes frères en harmonie avec la nature alors que j’étais devenue BCBG. Je suis partie en Australie, à Sydney, pour pouvoir nager tous les matins, travailler à l’université et faire mon MBA. Je voulais aider les entreprises à gérer les ressources humaines. C’est près d’une plage de Sydney que les dauphins ont pris contact avec moi un matin d’hiver. Là, j’ai compris ma mission de vie : aider les humains en compagnie des dauphins. J’ai alors mis tout mon savoir et toutes mes ressources au service de la recherche de l’effet thérapeutique des dauphins sur les humains.

Racontez-nous votre première rencontre avec des dauphins.

Ma première rencontre était en France, à Antibes, avec mes frères, je devais avoir 14 ans. J’étais en haut du mât du bateau, je repérais les dauphins et les baleines tandis que mes frères les filmaient et les photographiaient avant de plonger avec eux. Ma première rencontre en Australie, c’était un matin d’hiver ; je me suis retrouvée entourée de 6 dauphins sauvages et j’ai découvert – ou redécouvert – ce bonheur ultime. J’ai réalisé que, dans toutes mes études de psychologie et même de psychothérapie, de méditation, et de Kriya Yoga, je n’avais jamais connu une telle transformation. Je n’avais ni froid – l’eau était à 11 °C –, ni de peur, ni de stress. J’entendais leurs sons, je les voyais tout près de moi. Je suis ressortie de l’eau, je n’étais plus la même. Je n’avais personne avec qui partager mon expérience. J’ai tout de même fini mes études, je suis devenue consultante en qualité. Après 2 ans, j’ai créé une fondation de recherche et mon propre cabinet de conseils pour emmener mes clients nager avec les dauphins pour gérer le stress.

Tout au long de votre ouvrage vous parlez de l’Homo Delphinus. De quoi s’agit-il ?

Le concept d’Homo Delphinus vient de mon grand ami Jacques Mayol, que j’ai souvent côtoyé quand nous étions invités comme intervenants à des conférences sur les dauphins, en Australie, au Japon ou à Paris. C’est d’ailleurs à Paris qu’il m’a avoué, un jour, avoir emprunté le titre de mon livre en anglais The Dolphin Within pour son livre Homo Delphinus : The Dolphin Within Man. Mayol était aussi un ami de mon frère Michel, qu’il avait rencontré à l’Île de Pâques. Dans son célèbre livre, Jacques explique son concept d’Homo Delphinus : l’homme aurait une origine aquatique et, comme ses cousins les dauphins, peut descendre en apnée. Entre 1976 et 1983, Jacques avait multiplié les expériences scientifiques et médicales, établissant de nombreux records du monde au-delà des 100 mètres. C’est cette recherche qui avait capté l’attention de Luc Besson pour réaliser Le Grand Bleu, en 1988. Le film raconte sa vie et, notamment, le chassé-croisé des records de plongée, qu’il a partagés pendant plus de 10 ans avec l’Italien Enzo Maiorca. Son record de 105 mètres ne fut battu qu’en 1996 par l’Italien Umberto Pelizzari, avec 110 mètres. Personnellement, j’ai observé que les humains deviennent comme les dauphins, aux niveaux physiologique et psychologique, en leur présence. Je pense que l’Homo Delphinus est la prochaine évolution de l’humain.

En quoi le dauphin est-il un modèle de zénitude pour l’homme ?

Le dauphin reste dans l’amour inconditionnel alors que l’humain, sous stress, entre automatiquement dans un mode de survie basé sur l’attaque, la fuite ou la paralysie. Les dauphins s’entraident, alors que les humains s’entretuent depuis le début des temps. Les dauphins s’adaptent à leur environnement alors que les humains sont la seule espèce animale qui détruit le sien.

Les dauphins ont développé dans leur monde d’apesanteur un coeur et un cerveau plus performants que ceux des êtres humains. Ils ont un néocortex très complexe et particulièrement développé ; c’est la partie du cerveau qui permet la résolution de problèmes de la conscience de soi et de divers autres traits que nous associons à l’intelligence humaine.

Ils transmettent, grâce à leur sonar, des images holographiques instantanées, comprenant beaucoup plus d’informations qu’un humain ne peut communiquer.

Ils peuvent reconnaître, se rappeler, raisonner, communiquer, percevoir, s’adapter aux changements, comprendre et résoudre les problèmes. Ils se reconnaissent dans les miroirs. Ils savent travailler ensemble pour un bénéfice mutuel, enseigner aux jeunes et aux autres la chasse coopérative, l’utilisation des outils, le jeu social, la coopération avec les humains et d’autres espèces, et l’alloparenting ; ils s’occupent ainsi des jeunes qui ne sont pas les leurs quand leurs parents ont disparu. Il y a toujours une tante « sage-femme » qui aide à l’accouchement du bébé dauphin en le suivant avec son sonar et les ultrasons, et en le faisant remonter à la surface pour prendre sa première inspiration.

Pourquoi la fréquence des ondes cérébrales humaines est-elle si importante dans le cadre de la gestion du stress ?

Le jeune enfant, jusqu’à 6 ans, émet des ondes cérébrales lentes appelées thêta. Puis, il passe dans les ondes alpha ; il est alors toujours en harmonie avec la nature. Mais, dès l’âge de 12 ans, les ondes cérébrales s’accélèrent et deviennent une source de stress. Pour ralentir ses ondes cérébrales bêta, et pour ne pas devenir fou, l’humain utilise l’alcool, les cigarettes, les médicaments, la drogue, malgré leurs effets secondaires.

Par quel(s) mécanisme(s) la nage avec le dauphin diminue-t-elle la fréquence de nos ondes cérébrales ?

Le dauphin en liberté est en cohérence cardiaque, c’est-à-dire que le rythme de son coeur est régulier, libre de tout stress, ses ondes cérébrales sont en thêta – selon les recherches du Docteur John Lilly –, en méditation profonde. Son coeur, comme celui d’un humain, produit un champ électromagnétique d’un rayon de 2 mètres. Quand vous nagez au milieu d’un groupe de dauphins, votre physiologie va s’harmoniser avec la leur car leur système est beaucoup plus puissant que le vôtre. Ils vont vous entraîner en synchronie avec leur cœur. Les dauphins sont des yogis par excellence.

Qu’entendez-vous par la notion de troisième cerveau ? En quoi ce dernier est-il bénéfique pour atteindre un état de sérénité ?

Nous avons en fait 3 cerveaux. Le premier reptilien, c’est le réflexe de survie : lutte, fuite ou paralysie. Le deuxième cerveau est le siège des émotions négatives : peur, colère, jalousie, etc. Le troisième cerveau, c’est la conscience de soi, la solution aux problèmes, la créativité, l’inspiration. Quand vous êtes stressé-e, le troisième cerveau est inhibé. C’est le coeur, la cohérence cardiaque qui vous permet d’atteindre ce troisième cerveau, c’est quand vous êtes libre de stress que vous performez le mieux, quand vous êtes dans des ondes cérébrales lentes – alpha ou thêta.

Pourquoi nager avec les dauphins nous fait-il autant de bien ?

Quand vous nagez avec un dauphin, qu’il vous « scanne » avec son sonar et vous regarde dans les yeux avec amour, vous sentez une intelligence avancée qui vous a compris-e au niveau de l’âme. Le dauphin a non seulement vu ce que vous avez mangé ce jour-là, ou perçu si vous êtes enceinte, triste ou heureux-se, mais il a aussi compris vos plus secrètes pensées et sentiments les plus intimes. C’est le meilleur des psychothérapeutes car vous n’avez même pas besoin de verbaliser votre mal-être ; il sait tout, il sent tout, et il ne vous transmet que de l’amour inconditionnel. C’est dans le regard d’amour que se trouve la clé de la sécrétion d’ocytocine, l’hormone d’amour. L’ocytocine, c’est l’hormone qui déclenche l’accouchement chez la maman et lui permet de se connecter vraiment à son bébé. Non seulement le dauphin vous regarde avec amour, mais, en plus, les sons et les ultrasons qu’il émet pour vous scanner et communiquer rappellent les sons que vous entendiez quand vous étiez dans le ventre de votre maman. C’est donc revivre votre naissance dans les meilleures conditions possible : un univers liquide, des ultrasons et un sourire d’amour inconditionnel. Cet état physiologique a des effets thérapeutiques immenses, cela transforme le stress et active les pouvoirs thérapeutiques que le corps humain possède lui-même.

Vous organisez des stages avec les dauphins en France, Australie et Nouvelle- Calédonie. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ? À qui s’adressent-ils ? À quel tarif ?

Depuis que mes livres sont publiés en France – Le dauphin, ce médecin de l’âme (2017) et Dauphin dans l’âme (2019) –, j’organise des programmes à Antibes autour de 5 mois de coaching par Skype. C’est entre le 14 et 19 juillet chaque année. En Australie, c’est pendant l’été, de novembre à mai, car, l’hiver, ce sont les baleines qui arrivent. Le coaching, c’est pour tout le monde car tout le monde souffre du stress ; le stress cause de multiples maladies et tue. Les maladies comme l’hypertension, l’obésité, le cancer, Alzheimer, les addictions à la drogue, à l’alcool. Je peux aussi bien aider un homme d’affaires stressé, une femme docteur stressée par son divorce, une adolescente stressée par ses examens, ou des enfants autistes, épileptiques. Le coaching, c’est 500 euros pour 5 mois. Le bateau, c’est 300 euros par jour, on passe d’une journée à 3 jours en mer.

Pour toutes les personnes qui ne peuvent pas faire ces sorties avec les dauphins, quels outils leur proposezvous pour traiter leur stress ?

Le coaching peut se faire sans la rencontre « dauphin en mer ». J’utilise alors la réalité virtuelle à travers les films et les sons des dauphins. Il y a aussi la possibilité d’utiliser un masque avec lequel vous pouvez nager dans une piscine tout en regardant un film de dauphins. J’ai toujours voulu faire de la recherche pour comprendre tous les paramètres et être capable, un jour, de donner les solutions au plus grand nombre ; je sais bien que tout le monde n’a pas la chance de vivre avec une centaine de dauphins. Mon rêve est de faire un film avec Luc Besson comme Le Grand Bleu, qui transformerait les spectateurs en offrant la delphinus thérapie à toute l’audience à travers les images et les sons. On pourrait même mesurer les ondes cérébrales et la cohérence cardiaque des spectateurs.

Le mot de la fin ?

Imaginez un monde où l’amour inconditionnel règne entre les humains qui protègent la Planète bleue… Les dauphins ont su évoluer, les humains peuvent les suivre et devenir dauphins dans l’âme.