Le Lion et le(s) moucheron(s)

France Guillain

 

 

 

« Va-t’en chétif insecte, excrément de la Terre ! C’est en ces mots que le lion parlait un jour au moucheron. L’autre lui déclara la guerre. « Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de roi, me fasse peur ni me soucie ? »

L’insecte « se met au large, puis prend son temps, fond sur le cou du lion, qu’il rend presque fou. « Le quadrupède écume… il rugit ; on se cache, on tremble à l’environ ; et cette alarme universelle est l’ouvrage d’un moucheron. »

(…) « Le malheureux lion se déchire lui-même, fait résonner sa queue… bat l’air qui n’en peut plus mais, et sa fureur extrême le fatigue, l’abat ; le voilà sur les dents. »

De cette fable du sieur de La Fontaine, il ressort « qu’entre nos ennemis, les plus à craindre sont souvent les plus petits ».

Nous en voyons les effets chaque jour. Petite bête invisible sans cesse nous guette, nous habite sous toutes les formes. D’aucuns partagent paisiblement avec elle leur quotidien, tandis que d’autres livrent contre elle un très dur combat, dont, malheureusement, ils ne sortent pas toujours vainqueurs.

De tous temps, l’humanité a dû affronter de si plus petits que soi. Et il n’est point utile de remonter à l’antiquité, puisqu’en une seule vie, que dis-je, dès avant même que de naître, la prévalence entre le plus grand et le plus petit se joue de nous. Qu’il nous faut sans cesse choisir de vivre en bonne compagnie de ces très petits ou de trépasser.

Que cette fable venue d’Esope et contée par La Fontaine nous éclaire aujourd’hui ! Car tout être vivant est toujours le plus petit d’un autre bien plus grand.

7 milliards de moucherons peuplent notre modeste Terre. Et peut-être plus encor ! 7 milliards, face au lion rugissant, battant de sa queue à faire trembler nos montagnes. 7 milliards de chétifs insectes, capables d’envahir au plus profond les narines et les oreilles du lion, jusqu’à l’épuisement de son affaire !

Cela peut être très long, à la mesure proportionnelle qui distingue un lion d’un moucheron ! Comme le moucheron de la fable, prenons le large, prenons le temps nécessaire, afin d’atteindre le bon endroit.

Il nous faut nous garder forts, calmes, sans perdre inutilement notre énergie. « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » nous dit ailleurs Jean de La Fontaine, dans Le Lion et le Rat.

Mais attention ! Gardons-nous bien, ensuite, d’aller claironner victoire en toutes parts, de crainte, à l’instar du moucheron de la fable, de nous laisser prendre dans une simple toile d’araignée !

À l’instant de « sonner la victoire », gardons les yeux bien ouverts !
… sur l’écolomag ?

France Guillain
www.bainsderivatifs.fr
Méthode France Guillain
Appli smartphone http://bainsderivatifs.mobapp. at/
Formations diplômantes
La Méthode France Guillain, Le Bain dérivatif, Le Miam-Ô-Fruit, Le Miam-Ô-5, éditions du Rocher
7 aliments précieux, éditions Eyrolles
Le bonheur d’être nu, éditions Albin Michel
J’allaite mon bébé, éditions La Plage