Le marché végan en France

Par Swantje Tomalak
Experte du marché végan et directrice du salon VeggieWorld France

En route vers de nouveaux horizons ? Essayez le mode de vie végan…

De nombreuses personnes ont profité du confinement pour passer plus de temps avec leur famille, se consacrer à leur travail ou à leurs projets personnels ou se retrouver. Plusieurs éléments ont contribué à renforcer la prise de conscience (ou la créer) de l’environnement, de la nature et des animaux. Des personnes qui se sont senties seules et isolées ont surmonté leurs craintes et ont trouvé un nouveau partenaire à quatre pattes dans un refuge. Elles ont pris le temps, pendant le confinement, de dépasser leur peur, celle de ne pas rendre justice à l’animal ou bien d’une toute nouvelle responsabilité, celle d’un être vivant. Aux États-Unis, par exemple, pendant la Covid-19, et pour la toute première fois, tous les animaux d’un refuge (le HSPPR à Colorado Springs, dans le Colorado) ont été adoptés.

Pendant le confinement,
la vente d’alternatives végétales
à la viande a augmenté

Aux États-Unis, nous avons vu également les rayons des alternatives végétales à la viande se vider. Une réaction similaire des consommateurs a aussi été observée en France ; des petits et grands producteurs français l’ont confirmé : depuis mars 2020, les ventes des alternatives végétales à la viande ont augmenté.

D’où vient ce changement
de comportement
chez le consommateur ?

La production de viande dans les abattoirs s’est ralentie ou, même, complètement arrêtée dans de nombreuses régions. Le risque d’une infection dans ces lieux est particulièrement élevé en raison de conditions d’hygiène souvent médiocres. Il existe plusieurs cas connus dans des abattoirs allemands (mais aussi en France), où 80 % du personnel sont tombés malades en raison du virus. Les chaînes de supermarchés n’étaient plus approvisionnées, de sorte que les clients avaient fréquemment recours à des alternatives à base de végétaux. Un autre élément de ce nouveau comportement des consommateurs est un changement purement axé sur la conscience, qui a été provoqué chez de nombreuses personnes par la « séparation du monde extérieur » pendant ces deux derniers mois. Des millions d’animaux vivent dans cet isolement dès leur naissance et, souvent, seulement pendant quelques semaines ou quelques mois. Dans l’élevage intensif, un poulet est abattu au bout d’un mois seulement, un veau au bout de 22 semaines ou même à l’issue de quelques jours si c’est un veau mâle malade venant de la grande industrie laitière qui « ne peut plus être utilisé » pour d’autres formes d’exploitation.

Les animaux ne sont pas des produits jetables, et nous devons apprendre à les respecter. Parce que l’harmonie entre l’homme et l’animal, ainsi que la nature et l’environnement, est un des moyens pour nous d’au moins limiter les nouvelles épidémies de virus et de maladies dans le futur.