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L’éducation bienveillante est-elle nécessairement permissive ?

Émilie Boudot est rédactrice web spécialisée en parentalité consciente et mode de vie écologique. Elle défend également une alimentation végétarienne en partageant ses recettes sur son blog : http://www.lescasserolesdemiliye.wordpress.com

proposé par Émilie Boudot

 

L’éducation des enfants est un thème qui fait couler beaucoup d’encre et alimente nombre de discussions, parfois houleuses, lors des repas de famille, voire au sein même du couple. L’apparition récente du mot parentalité1, puis de termes tels que parentalité positive, bienveillante, créative, caractérise une remise en question de l’autorité parentale, qui se cherche une nouvelle place, plus respectueuse de l’intégrité de l’enfant. Considérant celui-ci comme une personne à part entière, la parentalité bienveillante prône l’éducation au lieu de la réprimande et bouscule ainsi les schémas de la vision strictement hiérarchique de l’autorité.

Les neurosciences, un formidable outil au service de l’éducation

Grâce aux nombreuses découvertes des neurosciences, on sait aujourd’hui que le comportement des parents a des répercussions sur la construction du cerveau de leur bébé. Par exemple, les situations de stress, les cris répétés et la non-prise en compte des besoins de l’enfant ont un impact négatif sur son développement. Figures d’attachement2 et empathie sont les matières premières indispensables à la constitution de petits êtres heureux, éveillés et autonomes. Un magnifique programme, pas si intuitif pour tout le monde !

S’accepter tel que l’on est

Nombre de parents sont ainsi partagés entre le choix de l’éducation qu’ils ont reçue – où l’adulte donne les ordres et l’enfant obéit – et celui de l’éducation bienveillante, qu’ils imaginent comme une machine à fabriquer des enfants tyranniques, en manque de figure parentale3. À l’inverse, d’autres s’interdisent le moindre excès de colère, afin de ne pas traumatiser leur chérubin.

Dans les deux cas, on oublie que la bienveillance n’est pas obligatoirement permissive. Les parents ont en effet un rôle de guide – suggérer plutôt qu’obliger –, mais doivent également savoir se positionner avec fermeté lorsque la situation le nécessite. Ainsi, une intervention spontanée, parfois maladroite, visant à éviter un danger, pourra être expliquée par la suite. De même, la colère est une émotion saine et il est important que l’enfant la comprenne4, tant qu’on ne l’accuse pas d’en être la cause. Enfin, le fait d’imposer certaines règles de vie à la maison ne fait pas de nous de mauvais parents, mais simplement des êtres humains.

Savoir se remettre en question

Finalement, le fait de s’interroger sur l’éducation que l’on souhaite donner à nos enfants revient à nous remettre en question. C’est pour cette raison que certains parents restent si hermétiques au changement, partant du principe qu’une démarche de réflexion est un signe de faiblesse et que l’autorité s’obtient forcément par la crainte. Il faut reconnaître qu’il est souvent bien plus rapide de faire les choses à la place de l’enfant que de prendre plusieurs minutes pour lui expliquer comment faire. Et, pourtant, l’éducation – dont l’étymologie provient soit d’educare (nourrir, instruire), soit d’educere (conduire hors de, dans le sens de faire éclore) selon les sources – n’est-ce pas ce que l’on attend des parents ?

1- Apparu à la fin du XXe siècle, englobant la fonction de parent sous tous ses aspects ;
2- Voir la théorie de l’attachement de John Bowlby ;
3- Voir l’article sur le site Internet du journal Marianne « Les affres de la parentalité gnangnan » https:// www.marianne.net/societe/les-affres-de-la-parentalite- gnangnan ;
4- Voir les nombreuses vidéos d’Isabelle Filliozat disponibles sur YouTube.