Les dépêches de GoodPlanet.info, spécial Arctique

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La banquise tarde à se reconstituer

Automne 2020 : la formation de la banquise de mer en Arctique connaît un retard sans précédent. La mer de Laptev, située en Sibérie, est le lieu où la glace de mer se constitue lors du passage de l’été à l’hiver. Fin octobre, la banquise n’est pas encore revenue.

D’ailleurs, les 14 dernières années ont enregistré les superficies de banquise les plus faibles jamais relevées.

Première explication au retard de 2020 : la vague de chaleur record observée au nord de la Russie cet été. En conséquence, la température de l’eau est environ 5 °C supérieure à la moyenne, et la banquise créée l’hiver précédent fond. Autre raison de ce retard : le changement climatique. Il amène des courants doux de l’Atlantique en Arctique, ce qui perturbe l’apparition de la glace.

Les scientifiques nous avertissent : une arrivée tardive de la banquise pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble de la région polaire. La glace qui se forme dans la mer de Laptev au début de l’hiver est charriée par les courants jusqu’aux océans voisins, où elle fond au printemps. Elle y relâche la multitude de nutriments qu’elle contient et qui nourrissent le plancton. Une quantité de glace moindre signifierait moins de nutriments, et donc, en plus de l’impact sur la chaîne alimentaire de l’écosystème, une réduction de la capacité du plancton à absorber le dioxyde de carbone présent dans l’air.

Du méthane emprisonné
dans les glaces se libère

Sous l’effet du réchauffement climatique, des dépôts de méthane gelés dans les profondeurs de l’océan Arctique sont relâchés dans l’atmosphère.

C’est la découverte d’une équipe de scientifiques, qui a observé des niveaux élevés de méthane à 350 mètres de profondeur dans la mer de Laptev. La cause probable de leur dégel : l’arrivée de courants chauds en provenance de l’océan Atlantique en raison du changement climatique.

Connus sous le nom de « géants endormis du cycle du carbone », ces gisements, qui emprisonnent du méthane, sont de puissants gaz à effet de serre : sur 20 ans, le méthane à un effet réchauffant 80 fois supérieur a celui du dioxyde de carbone.

Face à cette situation, les scientifiques craignent que nous ayons franchi un point de non-retour.

Cette découverte fait suite à l’enregistrement de températures records en Sibérie, supérieures de 5 °C en moyenne sur la période allant de janvier à juin 2020.

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