L’immunité
Nos défenses naturelles

par Jean-Marc Réa

Jean-Marc Réa a créé en 2001 les produits AYur-vana : « Ayur » pour « vie » et « vana » pour « source, fontaine ». Passionné d’Ayurveda, il parcourt les routes de l’Inde où ses amitiés avec des médecins ayurvédiques lui ont permis d’affiner ses connaissances sur cette science, autant médecine traditionnelle qu’art de vivre. La vocation d’AYur-vana est de rechercher en Inde les meilleurs végétaux pour élaborer en France des produits de soins et de bien-être éthiques et pour la majorité bio. Les plantes récoltées au coeur des terres indiennes sont contrôlées, analysées et conditionnées en France sous différentes formes galéniques : gélules, liquides, crèmes, infusions, épices…

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Les défenses immunitaires

Que peut-on faire pour protéger et renforcer nos défenses immunitaires ? C’est une question d’actualité que nous nous posons tous par les temps qui courent. En médecine, l’immunité est la capacité d’un organisme à se défendre contre des substances étrangères, comme les bactéries, virus ou parasites. L’immunité acquise, contrairement à l’immunité innée, se développe suite à une agression de l’agent (virus, bactérie ou parasite) qui l’a induite.

L’organisme apprend donc à se défendre contre cet agent et sa deuxième réponse est généralement supérieure à la première.

L’immunité acquise se caractérise donc par une mémoire immunitaire.

Nos défenses immunitaires ont besoin d’être chouchoutées. Consommer des fruits et légumes riches en vitamine C, rechercher dès que possible le calme et le repos, dormir suffisamment, se prémunir du stress, pratiquer une activité physique régulièrement, sont autant de solutions pour renforcer nos défenses immunitaires.

Les plantes au secours de notre système immunitaire

Les plantes sont elles aussi confrontées à de multiples désagréments dans leur environnement. Les bactéries, virus et parasites recherchent, tout comme les animaux, l’énergie et les nutriments qu’absorbent les plantes. Ces dernières ont par conséquent élaboré des mécanismes de défense très perfectionnés pour se protéger. Il n’est pas ridicule de penser que les mêmes agents chimiques qui protègent les plantes peuvent accroître notre immunité. Traditionnellement les Indiens, mais aussi les Amérindiens et les Chinois ont utilisé les plantes pour renforcer leur immunité. Durant ces dernières années, de nombreuses expérimentations ont confirmé qu’un grand nombre d’entre elles ont une action sur le système immunitaire.

L’échinacée d’Inde

L’échinacée d’Inde ou encore nommée andrographis, est l’une des plantes ayurvédiques des plus connues en Europe pour ses effets sur les défenses immunitaires. Même si elle ne détruit pas les microbes, elle a une action stimulante sur le système immunitaire. Bien que certains phytothérapeutes conseillent de prendre l’échinacée durant toute la saison froide porteuse de rhumes, grippe et autres infections, on ne connaît pas bien la façon la plus efficace de l’employer. Toutefois, il est prouvé que son efficacité diminue si vous l’utilisez plusieurs jours après le début des symptômes, c’est pourquoi il faut commencer un traitement dès l’apparition d’une affection et continuer durant dix à quinze jours.

Ashwagandha

Le Withania somnifera, plus connu sous son nom sanscrit Ashwagandha, est l’une des plantes les plus populaires de la pharmacologie ayurvédique. Elle s’est révélée efficace pour agir sur le système immunitaire et d’après plusieurs études, il semblerait qu’elle diminue les effets toxiques de certains produits chimiques grâce à son action antioxydante. Par ailleurs, c’est une plante adaptogène, c’est-à-dire qu’elle est à la fois revitalisante et calmante. Elle est très appréciée en Inde pour ses propriétés stimulantes sur la libido. Enfin, comme le suggère une partie de son nom somnifera, elle facilite l’endormissement.

Le Guduchi

Le Guduchi est une autre plante ayurvédique qui commence à être connue en France. Son nom latin est Tinospora cordifolia. Elle renforce l’immunité cellulaire et stimule la production d’anticorps. Elle est utilisée traditionnellement comme régénérant pour se rétablir des maladies fébriles ou infectieuses.

Ojas, l’énergie essentielle du système immunitaire

Selon les principes de l’Ayurveda Ojas est l’énergie essentielle du système immunitaire. Il signifie littéralement « vigueur ». Il est l’essence subtile du système reproducteur et de toutes les sécrétions vitales. Il est le concept ayurvédique du fluide originel à la base de toutes nos aptitudes physiques. Ojas n’est pas une substance physique, il existe au niveau subtil dans le chakra du coeur (point de jonction des canaux d’énergie). Il procure une bonne santé lorsqu’il est en quantité suffisante et, s’il diminue de façon trop importante, les maladies peuvent apparaître plus facilement. En termes contemporains, nous pouvons dire qu’il est similaire à l’énergie essentielle du système immunitaire.

Ojas diminue si vous ressentez de la colère, du chagrin, de la faim, de l’anxiété ou encore si vous êtes surmené(e). Les conséquences ne se font pas attendre, la peur s’installe, vous vous affaiblissez, vous êtes tourmenté(e), vos sens sont perturbés, les qualités telles que la patience et la foi disparaissent. Une hygiène de vie qui n’est pas naturelle, la consommation d’aliments dévitalisés, d’alcool, de drogue ou autres stimulants sont autant de comportements à éviter si l’on ne veut pas diminuer Ojas. Il est réapprovisionné par la consommation de lait, de ghee (beurre clarifié) et de plantes toniques particulières telles que l’Ashwagandha, le Shatavari et le Guduchi.

 

Nos émotions facteurs de stress

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Selon l’Ayurveda il est impossible de soigner correctement notre corps lorsqu’on rencontre des problèmes psychologiques ou émotionnels, ces derniers prenant généralement le pas sur les facteurs physiques. Un patient peut suivre un régime adéquat, mais s’il est mentalement agité ou s’il a une attitude négative par rapport au traitement, celui-ci risque de ne pas être efficace.

Les principaux problèmes psychologiques, douloureux ou perturbants, sont de nature émotionnelle, comme la peur, la colère, le désir, le chagrin, la jalousie…

L’Ayurveda nous propose de gérer correctement nos émotions, pour développer celles qui sont positives, maîtriser les négatives et ainsi limiter le stress qui peut nous envahir.

De nos jours de nombreux psychologues préconisent d’exprimer ses émotions cachées ou réprimées pour s’en débarrasser. Il est exact que toutes les émotions qui sont bloquées en nous doivent en sortir, tout comme les toxines du corps pour recouvrer la santé. Toutefois, chez certaines personnes, l’expression de leurs émotions peut aggraver ces dernières. La connaissance des caractéristiques ou qualités de chaque dosha nous permet de comprendre ces phénomènes.

Les personnes Kapha

Il est préférable que les personnes Kapha expriment leurs émotions parce qu’elles ont une énergie émotionnelle qui tend vers la lourdeur et le blocage. Elles ne font pas face à leurs émotions, elles sont en général gentilles ou trop confiantes pour affronter leurs émotions négatives. L’expression de leur colère ou autres émotions perturbantes peut les aider à soulager leurs blocages et favoriser leur guérison émotionnelle.

Les personnes Pitta et Vata

Par contre les personnes Pitta et Vata doivent apprendre à contrôler leurs émotions. Les Pitta extériorisent tout particulièrement leur colère, ce qui est nuisible notamment en présence de personnes de type plus sensible. Les Pitta ont des difficultés à extérioriser leurs émotions positives de reconnaissance et d’amour, ils doivent apprendre à les exprimer. Les Vata sont les plus exposés au stress. Ils ont des émotions fluctuantes et excessives. Ils doivent éviter de laisser libre cours à leurs émotions, particulièrement en ce qui concerne la peur et l’anxiété. Leur esprit doit se calmer, ils ont besoin de paix, de stabilité et surtout d’empêcher les fluctuations émotionnelles.

Émotions positives et émotions négatives

Il faut éviter de réprimer nos émotions parce qu’elles ont tendance à ressortir sous forme de réactions subconscientes perturbées. Il faut au contraire les identifier, les considérer et les traiter avec amour et respect, nous devons apprendre à les gérer. Il est souhaitable d’accorder de l’attention à nos émotions positives et d’apprendre à contrôler nos émotions négatives. Ces dernières doivent être libérées, c’est-à-dire donner libre cours à leur énergie prisonnière, pour qu’elles deviennent positives. Cela consiste à transformer les émotions négatives en émotions positives, par exemple transformer la haine en compassion, par des thérapies spirituelles (daiva cikitsa) qui comprennent la méditation, le pranayama (contrôle de la respiration), les mantras, le yoga, la visualisation et les rituels.

Le mécanisme et les effets du stress

Le stress entraîne une accélération des principes sensoriels dits Vata. Ces principes sont les mouvements spontanés du corps comme le rythme respiratoire, la circulation sanguine, le rythme cardiaque, le mouvement digestif et le flux d’informations dans le système nerveux. Le stress n’est pas dommageable en soi et peut nous être profitable, il nous permet d’évoluer, d’être créatif et même de nous dépasser. Les problèmes viennent d’une fréquence trop rapprochée et d’une trop forte intensité sans récupération suffisante. Le stress provoque alors des dommages sur tous les mouvements spontanés évoqués précédemment. Par exemple, la pression sanguine s’accélère, ce qui use les parois veineuses.

Massage décontractant

Les moyens dont nous disposons en Ayurveda pour apaiser le stress sont multiples mais nous commencerons par évoquer les massages. Le stress se traduit par une crispation, les fibres musculaires restent resserrées. Un massage décontractant des muscles aidera à rétablir une circulation sanguine harmonieuse dans toutes les parties du corps. De plus, le massage engendre une détente nerveuse qui répond aux effets que le stress fait subir à l’ensemble des organes. Les massages prodigués par un professionnel sont préférables, mais faute d’un masseur à disposition, prendre cinq minutes tous les matins pour s’automasser est une solution plus simple et qui ne manque pas d’intérêt.

Soin Shirodhara

Un autre type de soins dont nous disposons en Ayurveda pour réparer les effets du stress est le soin Shirodhara. Le principe est de faire couler un filet d’huile sur le front par mouvement de balancier pour réduire l’activité nerveuse et provoquer la détente.

Réguler les excès Vata

Pour l’Ayurveda toutes les préconisations que nous trouvons dans la régulation des excès Vata sont à appliquer pour réduire les effets négatifs du stress :

  • Pratiquer le yoga ou une activité physique.
  • Retirer de son alimentation tous les excitants mais aussi les nutriments acidifiants.
  • Pratiquer quotidiennement des exercices de relaxation ou de méditation.
  • Prendre soin de son corps.

La plante ayurvédique Ashwagandha

Comme pour tout problème de santé, l’Ayurveda propose des solutions grâce aux plantes. L’Ashwagandha est une plante ayurvédique intéressante pour gérer le stress. Elle est adaptogène, c’està- dire qu’elle accroît de manière générale les capacités de l’organisme à s’adapter aux différents stress qui l’affectent. Autrement dit, l’Ashwagandha, comme toutes autres plantes adaptogènes, régule l’activité nerveuse. Les personnes de type Kapha peuvent, tout comme les Vata et les Pitta, utiliser l’Ashwagandha, mais la Centella asiatica est plus adaptée à leur constitution ayurvédique. La Centella asiatica, ou Gotu Kola, aux nombreuses vertus, est utilisée entre autres, depuis des siècles, pour lutter contre l’anxiété et la dépression grâce à l’asiaticoside qu’elle renferme.

Le stress n’est pas une fatalité. Certaines personnes réussissent à le gérer très convenablement, le tout est de le dominer et ne pas le laisser nous envahir.

Jean-Marc Réa