Petit lexique de géobiologie…
Les plantes dépolluantes


par Philippe Bouchaud

DÉFINITION

La notion de plantes dépolluantes est apparue dans les années 1980 avec les travaux de la NASA. L’agence spatiale avait identifié plus de 100 polluants présents à l’intérieur des cabines spatiales et cherchait une solution contre cette pollution. Des résultats probants ont été obtenus avec les plantes, mais il faut considérer que c’était en laboratoire et qu’il s’agissait de conditions très particulières, bien différentes de celles d’un habitat : concentrations très élevées de polluants, dans des enceintes totalement étanches et de petits volumes, sur de courtes durées.

En 2004, la Faculté de Pharmacie de Lille s’est associée à d’autres organismes, tels que le CSTB1 ou l’ADEME2, dans le cadre du programme Phytair3. Celui-ci s’est déroulé en 3 phases, de 2004 à 2011.

Les 2 premières ont semblé très prometteuses. Mais elles ont été réalisées en laboratoire et en conditions contrôlées, avec des contraintes de volume, d’aération et d’exposition très éloignées des conditions réelles. Dans ce cadre expérimental, elles ont confirmé la capacité des plantes à neutraliser certains polluants. Elles ont aussi fait apparaître que ces capacités diffèrent selon les plantes et le type de polluant, et que le substrat joue un rôle primordial grâce à certains micro-organismes vivant au niveau des racines. Ces études ont également révélé que les polluants ont un effet néfaste sur la physiologie des végétaux.

En 2010, la 3e phase, tout en se rapprochant des conditions réelles (vraies sources de polluants, conditions réalistes de ventilation et de configuration), s’est avérée décevante. Il en est ressorti que l’action épuratrice existe, mais elle n’est pas assez importante pour être significative dans les bâtiments. À la même période, un autre programme nommé Phyt’Office, et mené dans ses propres bureaux par la société Inddigo en conditions réelles, est arrivé aux mêmes conclusions.

MON CONSEIL BIEN-ÊTRE

Pour éliminer toutes les sortes de polluants (les COV – ou composés organiques volatils – dans leur globalité, mais aussi les particules et les biocontaminants) et avec une efficacité presque totale, rien ne remplace un système de filtration d’air bien réfléchi.

On trouve des matériaux (plaques de plâtre ou de gypse, carrelages…) et revêtements (peintures, plâtre…) absorbeurs et destructeurs de COV, qui fonctionnent par photocatalyse. Leur efficacité peut aller jusqu’à 70 %.

L’aération et la ventilation restent des valeurs sûres pour évacuer les polluants.

Et, bien entendu, comme toujours, la meilleure des actions porte sur le traitement des causes. Il est important d’éviter de produire des polluants : par son mode de vie (tabac, produits d’entretien, peintures, aérosols, bougies…), par le mauvais entretien des appareils à combustion, par l’humidité intérieure excessive, etc.

REMARQUE

Cela n’enlève en rien la capacité reconnue des plantes à transformer par photosynthèse le CO2 en oxygène au cours de la journée. Par contre, la nuit, elles respirent comme nous et produisent du CO2 en très faible quantité. Le bilan reste donc favorable sur 24 heures, ce qui est un argument pour la possession d’une plante. Idéalement, il conviendrait de mettre des plantes dans la chambre le jour et les enlever la nuit (attention, toutefois, au risque d’allergies aux moisissures).

1- Centre Scientifique et Technique du Bâtiment 2- Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie. 3- Le programme Phytair est un programme français de recherche portant sur la faisabilité de l’épuration de l’air à l’intérieur des bâtiments par des plantes.

Philippe Bouchaud – GCB Conseils
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