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Quand une journaliste brise
le tabou de l’hyper-flatulence

avec Dora Moutot
journaliste, chroniqueuse TV

Journaliste, blogueuse et ancienne rédactrice en chef adjointe du site Internet Konbini, Dora Moutot a été chroniqueuse sur France 2 et a écrit pour des journaux et des magazines comme Le Monde, Glamour, Vice Magazine, Usbek & Rica, etc.

Créatrice du compte Instagram à succès @tasjoui, qui traite de la sexualité féminine, Dora Moutot vient de publier À fleur de pets, aux éditions Guy Trédaniel, un livre particulièrement bien écrit et très touchant qui parle d’une pathologie bien trop méconnue, à savoir le SIBO, ou Small Intestinal Bacterial Overgrowth, que l’on traduit en français par Prolifération – ou Pullulation – Bactérienne de l’Intestin Grêle (PBIG). Nous n’avons pas résisté à l’envie de lui poser quelques questions.

Quel a été le déclic pour vous lancer dans l’écriture de ce livre,
dont la thématique – à
savoir le « prout » – est encore bien taboue ?

Un simple ras-le-bol ! Une envie de mettre en lumière le SIBO, de casser le tabou des gaz. Et une véritable accumulation de connaissances, que je trouvais nécessaire de partager !

Vous êtes apparemment la première à parler du SIBO.
De quoi s’agit-il plus précisément
?

En France, cette pathologie est très peu connue, donc très peu diagnostiquée, très peu traitée. Les médecins ne sont pas forcés de faire de la formation continue et le SIBO est une maladie « nouvelle ». Ce n’est que récemment que le microbiote est devenu un vrai sujet et plein de médecins ne sont pas spécifiquement formés… donc, on passe à côté. Et puis, la plupart des études sont en anglais.

Quels sont les symptômes du SIBO ?
En
quoi diffère-t-il du syndrome de l’intestin irritable ?

Les symptômes sont très similaires. Souvent, les ballonnements sont fréquents. Le syndrome de l’intestin irritable est un diagnostic par exclusion quand on ne trouve rien d’autre : pas de Crohn, pas de coeliaque, pas de cancer –, mais il n’existe pas de test pour cette maladie. On peut vérifier si l’on a un SIBO par tests respiratoires. De nombreuses personnes à qui l’on diagnostique un syndrome de l’intestin irritable sans plus chercher présentent peut-être un SIBO.

D’après-vous, combien de personnes souffrent-elles de cette pathologie en France ?

Je ne sais pas. 15 % de la population souffrent du syndrome de l’intestin irritable… Donc, il doit y avoir du monde…

Comment expliquez-vous que cette maladie des hyper-ballonnés
ne soit pas suffisamment
prise au sérieux par la médecine allopathique ?

C’est une maladie invisible… Elle n’implique pas de lésions dans le colon, que l’on pourrait voir par coloscopie, par exemple. C’est donc facile de dire que c’est dans la tête. Mais l’étude du microbiote change cela peu à peu. La médecine commence tout juste à s’intéresser à la mesure des gaz pour détecter des maladies. Et puis, cela reste un tabou. Personne n’imagine qu’un ballonnement incessant est un handicap énorme.

On vous a diagnostiquée positive au test du SIBO, par un test respiratoire,
le fameux
breath test ? Et, après, quelles sont les grandes étapes du traitement ?
Voyez-vous
une amélioration ?

J’explique tout ceci en détail dans mon livre. Oui, diagnostic par breath test. Puis j’ai testé plein de traitements. Antibiotiques, plantes, elemental diet, régimes foodmap, etc. J’ai noté une amélioration claire si je suis très sérieuse, mais pas de guérison. Si j’arrête, les signes reviennent.

La transplantation fécale est-elle pour vous une piste intéressante
dans la prise en charge du SIBO ? En quoi consiste-t-elle ?

On prend les selles de quelqu’un qui n’a pas ingéré d’antibiotiques dans sa vie et qui est en super santé, dont la symbiose du microbiote fonctionne, et on injecte les selles de cette personne dans l’intestin du malade pour que les bactéries fécales du patient en bonne santé puissent coloniser les intestins du patient malade, ceci afin de remplacer son microbiote malade par un microbiote qui fonctionne. Oui, j’y songe très fortement.

Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs qui pensent souffrir du SIBO ?

D’apporter mon livre à leur gastro-entérologue et d’exiger que celui-ci se renseigne ou lui indiquer un hôpital capable de lui faire passer un breath test !