Respirez, flairez, sentez, humez
c’est indispensable au cerveau !

France Guillain

Si le masque a, selon ce qu’il est, parfois, l’avantage de nous protéger des gaz d’échappement, de la pollution, et aussi, nous dit-on, de protéger les autres et nous-mêmes de vilaines petites bêtes microscopiques, nous ne devons pas oublier que notre nez, avec l’olfaction et l’oxygénation de tout le corps, et en particulier du cerveau, sont vitaux. Notre nez est la porte d’entrée de l’oxygénation du cerveau et du sang. Se boucher complètement le nez en fermant la bouche est, assurément, trépasser, comme chacun le sait. Tel n’est pas notre objet aujourd’hui.

Pour l’heure, nous nous intéressons à l’odorat, à l’olfaction, à la finesse, à la délicatesse de notre perception des odeurs, des effluves et relents, et, mieux, des parfums, des senteurs, qui sont une belle partie de notre bonheur de vivre, par leurs promesses ou par les souvenirs qu’ils raniment si bien. Si avoir un bon odorat nous protège des aliments avariés ou des zones polluées, ce même odorat nous conduit par le bout du nez vers la boulangerie ou vers l’éclade – ou églade – de moules du voisin en Charente, ou vers la préparation d’un bon aïoli en Provence. De même, notre capacité à humer les airs peut nous conduire vers le parfum ou la belle odeur de peau de l’être aimé, ou au contraire ne plus pouvoir le (ou la) sentir si nos sentiments ont changé.

Or, il advient que des chercheurs de l’Université de Toronto au Canada, ont travaillé récemment sur les liens très puissants entre l’odeur, la senteur, le parfum et notre mémoire. Dans notre cerveau, l’amygdale qui traite l’information sensorielle, et l’hippocampe, zone très impliquée dans la mémorisation, sont très proches. Les chercheurs canadiens parlent donc d’un noyau olfactif antérieur, qui permet ce que l’on connaît sous le nom d’effet madeleine de Proust. Par exemple, un parfum peut nous faire revivre, en pensée et dans les moindres détails, une première rencontre amoureuse.

Ces chercheurs ont noté que la perte d’odorat, corrélée à la mémoire, semble être la toute première déficience en tout début de la maladie d’Alzheimer, assez longtemps avant les troubles plus accentués de mémoire.

Attention : la perte d’odorat peut être liée à un rhume, à la prise de certains médicaments. Elle peut aussi être due à la présence de polypes, de sinus bouchés ou d’allergies saisonnières. On nous dit qu’elle est également associée à l’âge, mais ceux qui connaissent ma méthode savent très bien que c’est avant tout une hygiène de vie trop éloignée de la nature qui en est responsable, et non pas l’âge !

Ce que disent ces chercheurs, c’est qu’en fonction de son hérédité, des pathologies que l’on a, après avoir fait faire par le médecin ORL toutes les investigations nécessaires, si la perte d’odorat persiste, il est bon de consulter un spécialiste des maladies neurodégénératives.

Mais, la bonne nouvelle, est que ces chercheurs disent aussi que l’on pourrait faire de la prévention !

Une étude publiée dans la revue scientifique Neuron a montré que la stimulation par les bonnes odeurs augmentait notre mémoire. À nous les bons petits plats parfumés de thym, romarin, sarriette, basilic, ail, ciboulette, à nous les bons fruits et légumes bio délicieusement odorants. Les bonnes huiles bio si variées !

À nous aussi les huiles essentielles, mais attention. On les utilise avec parcimonie, on ne s’en asperge pas les vêtements jusqu’à en faire suffoquer les voisins, oui, ça existe ! Je me souviens d’un trajet en voiture où j’ai dû conduire quelques centaines de kilomètres avec un gros foulard sur le nez, tant ma voisine s’était aspergée d’huiles essentielles.

Par contre, à chaque fois que nous le pouvons, libérons nos narines pour nous régaler de l’odeur des pins, des épicéas ou de la mer. Flairons les sous-bois après la pluie, l’odeur de la mousse et des champignons. Jouons avec les enfants à reconnaître les odeurs, les yeux bandés.

Sachons aussi que, lorsque nous mangeons principalement, sur la durée, des aliments végétaux bio et crus, ou lorsque nous jeûnons au moins une semaine, lorsque nous faisons une cure de raisins, notre flair s’affine beaucoup. Lorsque nous évitons le plus possible de saler ou sucrer aussi.

Alors, fidèles de L’écolomag, ne manquons aucune occasion de libérer nos narines pour flairer, humer, sentir ! Cela fait partie des grandes joies de la vie et, en plus, cela préserve notre cerveau !

France Guillain
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Méthode France Guillain
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Formations diplômantes
La Méthode France Guillain, Le Bain dérivatif, Le Miam-Ô-Fruit, Le Miam-Ô-5, éditions du Rocher
7 aliments précieux, éditions Eyrolles
Le bonheur d’être nu, éditions Albin Michel
J’allaite mon bébé, éditions La Plage