Une année sans… Pour 100 % de mieux-être | L'écolomag
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Au-delà de la pleine santé, nous aspirons de plus en plus à une quête de bien-être. Ce dernier est devenu en quelques années le Graal absolu dont nous rêvons tous : être en accord avec soi-même, vivre sans stress, sans guère d’ego, sans colère et sans se laisser déborder par ses émotions. Mais ce n’est pas toujours simple de trouver le chemin pour y parvenir. Nos experts bien-être vous apportent des éléments de réponse et des clés indispensables pour pacifier cette nouvelle année et se sentir mieux.

 

Une année avec moins d’ego

avec Christian Miquel
psychosociologue et formateur

S’il est considéré comme le fondement de la personnalité, puisqu’il désigne la représentation et la conscience que l’on a de soi-même, l’ego peut souvent nous jouer des tours et entraver notre développement personnel.

Christian Miquel, titulaire d’un doctorat de philosophie et sciences des religions (Paris IV-Sorbonne et EHESS – Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), est psychosociologue et formateur. Il vient de publier un ouvrage passionnant sur l’ego (Ego, non ego, aux éditions Jouvence). Nous avons profité de l’occasion pour lui poser quelques questions.

Quelle est votre définition de l’ego ?

L’ego, c’est la manière dont chacun de nous s’appréhende spontanément comme un individu séparé et différent des autres. Chacun de nous l’expérimente dès qu’il dit : « moi, je »… pense, veux, crois, etc.

D’où vient l’ego ?

L’ego vient d’une nécessité vitale de survie : après un premier lien fusionnel et symbiotique du nourrisson à sa mère, qui lui apportait tout ce dont il avait besoin, l’enfant va progressivement apprendre à séparer son « moi » de sa mère et du monde extérieur, pour se débrouiller tout seul et s’adapter au mieux.

Comment se constitue-t-il ?

La psychologie de l’enfance décrit très bien les différents stades de constitution de l’ego. Schématiquement, le bébé développe son « moi actif » de 8 mois à 2 ans en manipulant des objets et le monde environnant, en souriant par exemple à sa mère pour avoir ce qu’il souhaite.

Puis, entre 2 et 3 ans, se développe son « moi affectif », qui l’amène à prendre et garder ce qu’il aime et à rejeter ce qui lui déplaît. Le « moi parlant », à l’origine de notre mental, de nos pensées et de notre « radio intérieure », se développe parallèlement, surtout de 4 à 6 ans, permettant de passer d’une communication sur ce qu’il ressent à une communication faisant plus attention à l’autre. L’enfance et l’adolescence enrichiront encore ce « moi » en formation, jusqu’à ce que le « petit homme » ainsi formé devienne un adulte capable de se fixer des objectifs personnels et de s’adapter de manière autonome aux circonstances.

En quoi l’ego nous aide-t-il dans notre vie quotidienne ?

L’ego nous aide dans la vie quotidienne en représentant un formidable outil d’adaptation au monde : en se posant comme un sujet distinct du monde extérieur, des objets extérieurs, l’ego sert à mieux s’adapter, à calculer, réfléchir, élaborer des stratégies pour atteindre ses objectifs. L’ego devient alors le résultat du processus incessant d’adaptation du « moi » dans le monde. Il se raconte perpétuellement une histoire sur ce qu’il vit, en la changeant et l’adaptant à chaque instant.

Pensez-vous que nous soyons davantage tournés vers l’ego aujourd’hui qu’hier, avec notamment le développement des réseaux sociaux ?

À la différence de la plupart des autres civilisations qui prenaient acte du développement de l’ego tout en le limitant dans des cadres sociaux et religieux, lui imposant de s’intégrer à un ordre social et cosmique plus vaste, l’Occident chrétien s’est construit sur un affranchissement de l’ego en dehors de toutes les barrières traditionnelles, en le sacralisant et le prenant comme un symbole de l’âme individuelle supposée créée de manière unique et éternelle par Dieu. Depuis la Renaissance, il a donné jour à l’individualisme moderne, l’homme devenant le centre de référence de toutes choses – « maître et possesseur de la nature », comme l’écrira Descartes. Aujourd’hui, les réseaux internet ouvrent une nouvelle ère, en devenant les lieux où se fabrique un nouvel ego virtuel illusoire, que chacun est invité à construire soigneusement en se mettant en scène avec des avatars et une vie publique largement embellie et imaginaire, en racontant une fiction narrative et dérisoire des multiples aléas de son petit « moi » – qu’il soit en train de manger, de se déplacer ou autre ! Sans parler de la crainte des dislikes postés par les autres, ou des sites pour ados qui les incitent à publier sans arrêt des commentaires sur leur vie au risque de voir leur popularité baisser !

Quels sont les dangers d’un ego surdimensionné ?

Les dangers sont nombreux. À force de se croire différent des autres, possesseur de sa propre vie et plein de potentialités infinies, l’ego se caparaçonne, devient à la fois mégalomane, persuadé de disposer d’un pouvoir infini sur les événements, et paranoïaque, en voyant tout ce qui vient du monde extérieur comme un danger. Il se coupe des autres et de ses émotions, au risque de s’enfermer dans une solitude et une « forteresse vide », qu’il doit remplir sans cesse avec de nouvelles expériences pour se donner l’illusion d’exister. Sans parler du fait qu’en voyant tout à travers les filtres de son ego, de ce que l’on aime et n’aime pas, on se ferme bien entendu à toute communication authentique avec les autres êtres humains. Pareil pour la société : les individus et les entreprises qui ne cherchent qu’à accroître leur profit personnel et égotique, sans se sentir concernés par les résultats de leurs actions, par exemple sur l’environnement, sont responsables de la crise écologique majeure qui menace désormais l’humanité et la planète.

Quels conseils pratiques donneriez-vous à nos lecteurs pour se libérer d’un ego surdimensionné ?

Le premier conseil est de lutter contre l’identification à son propre ego. Si l’ego est utile pour s’adapter au monde du mieux possible, il n’est pas nécessaire de croire toutes les histoires qu’il nous raconte, en nous faisant penser que l’on est le ou la meilleur-e, différent-e de tous-tes les autres, etc. ! La première chose est de prendre conscience humblement que nous ne sommes pas séparé-e des autres, ni essentiellement différent-e d’eux, que nous partageons une même vie, sommes responsable ensemble du même monde dans lequel nous vivons. C’est déjà beaucoup, cela oblige à un décentrement de soi, pour s’ouvrir aux autres.

Ensuite, deux grandes voies sont possibles. La première, qui considère l’ego comme indépassable et signature de son individualité sacrée, cherche comment aménager l’ego au sein de la société et de la nature, en lui laissant une juste place, mais non toute la place : c’est la voie en général privilégiée par l’Occident, avec la recherche de la juste mesure des Grecs, le stoïcisme ou l’épicurisme des latins, ou encore les mouvements actuels de développement personnel.

La seconde voie, issue des grandes traditions indiennes et orientales, qui voient l’ego comme un stade nécessaire mais dépassable dans son évolution, invite à se déconditionner et à se libérer de manière radicale des carcans de l’ego, pour atteindre une réalité se situant au-delà – hindouisme – ou un en deçà de l’ego – bouddhisme. Comment ? Notamment grâce à la méditation et au yoga, qui donnent les outils pour cultiver une vision clairvoyante, débarrassée des prismes de son ego et de sa tendance spontanée à toujours vouloir garder ce que l’on aime et rejeter ce que l’on n’aime pas. Cette voie, accessible de nos jours de manière laïque avec les mouvements de pleine conscience, peut conduire, lorsqu’elle est suffisamment approfondie, à une nouvelle compréhension intuitive de la vie, comme un tout dans lequel chaque être est interdépendant et éphémère, en retrouvant alors l’intuition mystique d’une non dualité fondamentale – laquelle permet de renouer, paradoxalement, avec ce lien intuitif et fusionnel que nous avons connu nourrisson !

Quels conseils pratiques donneriez-vous à nos lecteurs pour mettre notre ego au service de notre épanouissement ?

Des conseils de bon sens : ne croyez pas tout ce que votre ego et votre mental vous racontent ! N’écoutez pas tout le temps votre radio intérieure. Apprenez à faire silence, à renouer avec des moments de calme, sans penser ; et lorsque les pensées reviennent, ne les chassez pas, mais ne les cultivez pas non plus : laissez les juste passer comme des nuages dans le ciel, sans vous y identifier. Ce sont juste des phénomènes comme les autres sensations, qui peuvent se produire à tout moment – ni plus, ni moins. Ce n’est pas ce que vous êtes, ce n’est pas le centre de votre identité.

Et puis, ouvrez-vous aux autres et au monde. Prenez soin de vous, bien sûr, mais aussi des autres, et surtout du lien qui vous relie aux autres, quels qu’ils soient : ce lien est votre bien le plus précieux, car vous apprendrez, en y faisant attention, à cultiver ces vertus essentielles qui sont l’antidote de l’ego surdimensionné : l’écoute, le respect, la tolérance et la bienveillance. Ainsi s’approfondira, peu à peu, ce que signifie « vivre dans la non-dualité » – tout un programme de sagesse !

 

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Ego, non ego

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