Environnement

L’écolomag N°29

Mai – juin 2012

Le billet d’humeur de France Guillain

Bon appétit à nos ancêtres !

Lorsque j’étais enfant, en Polynésie, sans télévision ni ordinateur, sans téléphone ni avions, une de nos promenades du dimanche consistait à aller pique-niquer au cimetière.

Il était beau le cimetière de Faa’a ! Les frangipaniers répandaient le parfum capiteux de leurs fleurs roses, jaunes et blanches, les oiseaux de mer venaient s’y poser. Les guêpes, les abeilles, les papillons, attirés par l’odeur de nos mets, venaient animer le repas pris sur la tombe d’un défunt. On chantait, jouait du ukulélé, et mon père disait : « Moi, c’est là que je veux être enterré, parce que c’est toujours très joyeux, il y a toujours des visites pour chanter et danser. »

dessin JicéPendant que les Maoris se régalaient près de leurs morts, à quelques kilomètres de là, à Pirae, le cimetière chinois recevait lui aussi de la visite. Mais là, ce sont les morts qui devaient manger ! Le repas était pour eux ! Chaque famille apportait des fruits, les fruits les plus beaux, pour les déposer sur la tombe d’un ancêtre ; afin de bien nourrir l’ancêtre qui, pour remercier, devait assurer prospérité et très bonne santé à ses descendants. Bien sûr, ceux qui n’étaient pas Chinois riaient, se moquaient : « Comment pouvait-on imaginer que les ancêtres viendraient, la nuit, manger sur les tombes ? »

Cette coutume m’a longtemps intriguée. Mais, avec les années, j’ai beaucoup réfléchi. Et en ai tiré un enseignement que je remercie aujourd’hui bien chaleureusement David Servan-Schreiber d’avoir élucidé très officiellement 1 ; David Servan-Schreiber qui mérite beaucoup plus que des fruits ou des fleurs sur sa tombe, et dont l’œuvre marque et marquera encore longtemps nos esprits et nos cœurs. Donc, David Servan-Schreiber a interrogé des spécialistes chinois pour essayer de comprendre ce geste qui consiste à apporter les meilleures nourritures à nos ancêtres quand ils ne sont plus. La réponse est aujourd’hui évidente, sensée, intelligente, incontournable. Le geste, symbolique, veut tout simplement dire ceci :

Il y a en chacun de nous ce qui ne disparaît jamais et que nous transmettons à nos enfants comme nous les avons reçus de nos ancêtres les plus lointains, quelque chose qui ne meurt jamais, ce sont nos gènes. Ces gènes peuvent être agréables ou désagréables, certains peuvent même devenir très désagréables et nous rendre malade, sauf si nous les alimentons de notre mieux, avec les plus beaux fruits, les plus beaux légumes, les plats et les mets les mieux pensés.

Là, on ne rit plus, on ne se moque plus, car s’il est un peuple qui a toujours cultivé la conscience de l’importance de l’alimentation pour la santé, c’est bien le peuple chinois.

C’est pour cette raison qu’autrefois, en Chine, on ne payait le médecin que lorsqu’il vous maintenait en bonne santé. Un malade n’avait aucune raison de payer le médecin. Le médecin chinois vivait de la bonne santé de ses patients, il ne pouvait en aucuns cas vivre de leur maladie !

Tout le contraire de l’esprit de notre Caisse d’Assurance Maladie !!! 2

Contrairement à une idée trop répandue, les gènes ne sont pas une fatalité. Il y a moyen de les rendre plus agréables à vivre. De les apprivoiser. Et il vaut mieux leur apporter de beaux fruits avant qu’ils soient dans la tombe, où d’ailleurs ils ne meurent pas !

Bien nourrir ses ancêtres devient alors un plaisir de tous les jours, de tous nos repas joyeusement partagés en chantant et en dansant ! Les beaux fruits sur les tombes chinoises sont une manière concrète de nous obliger à nous souvenir que si nous ne respectons pas nos gènes en leur apportant les meilleures nourritures terrestres, ils risquent de souffrir, de se déformer et de nous causer beaucoup de douleurs et de malheurs !

Et cela va très loin ! C’est ainsi que l’on peut échapper au caractère infernal d’une grand-mère ou au diabète de l’arrière grand-père, sortir de la simple reproduction pour entrer dans l’évolution positive de l’humanité !

Comment faire ? Bien lire et appliquer ce que l’écolomag nous distille à chaque page, de bons moyens pour respecter et bien nourrir nos ancêtres !

1 Anticancer de David Servan-Schreiber, éditions Robert Lafont, dernière édition.
2 Sachez que le Pr Luc Montagnier, prix Nobel de Médecine, dans Les Combats de la Vie aux éditions Jean-Claude Lattès (2008), appelle de ses vœux son remplacement par la Caisse Assurance Santé !

 


 

SOS Virunga : Le plus vieux parc d’Afrique en danger de mort

VirungaInscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979, le Parc des Virunga est la plus ancienne réserve naturelle d’Afrique. Il se trouve à l’est de la République Démocratique du Congo, à la frontière de l’Ouganda et du Rwanda. Le Parc National des Virunga est le plus précieux des parcs congolais, l’emblème non seulement du Congo, mais aussi du continent tout entier. Il est réputé pour contenir plus de 200 espèces de mammifères, dont les plus connues sont les gorilles de montagne, les chimpanzés, les hippopotames, les éléphants et les okapis. Le parc est aussi l’aire protégée d’Afrique la plus riche en espèces d’oiseaux. Il est également crucial pour l’approvisionnement en eau potable.

De ce fait, toute exploration ou exploitation extractive dans le parc national des Virunga est interdite au regard de la loi congolaise (loi du 22 août 1969 sur la conservation de la nature) et des conventions internationales (Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO, convention de Ramsar portant sur les zones humides d’importance internationale). Pourtant, en juin 2010, le président de la République démocratique du Congo a, par ordonnance, autorisé l’exploration des sols des concessions recouvrant près de 85 % de la surface du parc pour déterminer l’étendue des surfaces pétrolifères exploitables. En mars 2011, le ministre de l’Environnement congolais a rappelé que toutes les activités de prospection pétrolière étaient interdites dans le Parc National des Virunga et a demandé la suspension de toutes les activités de prospection pétrolière autour du parc national, jusqu’à l’annonce des recommandations découlant d’un examen approfondi d’évaluation environnementale stratégique (EES) pour la région concernée. Mais, malgré ces décisions, la société SOCO International a commencé des activités d’exploration dès septembre 2011 !

Dans ce contexte, les compagnies pétrolières pourraient délibérément ignorer tant les accords internationaux que les résultats de l’étude d’évaluation environnementale stratégique en faisant le pari d’une politique du fait accompli. Venant de sociétés européennes, cette attitude est d’autant plus inacceptable que le contribuable européen finance, depuis des décennies, des actions de protection au bénéfice du Parc des Virunga. L’Europe doit de toute urgence intensifier la pression afin que les autorités congolaises fassent respecter la loi et assurent la protection du Parc des Virunga.

Source : www.wwf.fr

 


 

Kalaweit, pour la sauvegarde des gibbons

Créée en 1997, l’association Kalaweit est née d’une passion. La passion d’un enfant, Chanee, rêvant de devenir un jour primatologue. La passion d’un jeune homme qui a consacré sa vie à la sauvegarde des gibbons, ces séduisants petits primates appartenant à la famille des grands singes…

KalaweitEn Indonésie, les jeunes gibbons sont capturés pour devenir des animaux de compagnie, généralement tués à l’âge de 7 ans. Durant leur courte vie, ils sont détenus dans des conditions accablantes et inadaptées : cages exiguës, environnement stressant, carences alimentaires, absence de congénères… Il faut savoir que l’Indonésie est le pays où la déforestation est la plus importante au monde : l’équivalent de la surface de 6 terrains de football de forêt y disparaît chaque minute, soit plus de 2 millions d’hectares chaque année, et ce principalement pour la production d’huile de palme. Mais tout n’est pas perdu ! Pour certains, un long travail de réadaptation vers la vie sauvage est malgré tout possible. C’est la création de zones protégées, gérées conjointement par le gouvernement, les populations locales et Kalaweit, qui permettra de sauvegarder les gibbons. Ainsi, depuis 15 ans, Kalaweit se donne pour missions de sauver les gibbons ex-captifs, de les réhabiliter, de préserver les forêts tropicales indonésiennes, de sensibiliser les Indonésiens au respect de la vie sauvage et, enfin, d’intégrer les populations autochtones et les autorités indonésiennes à cette sauvegarde. Et on peut dire qu’ils s’en sortent bien ! L’embauche de personnel local a créé une proximité et un lien avec les villageois, qui s’intéressent de plus en plus à la protection de leur faune et de leur forêt. Des partenariats établis avec eux ont permis à Kalaweit de disposer de terrains en échange de soins médicaux prodigués gratuitement par l’association. La lutte contre le braconnage ou contre les coupes de bois illégales se fait maintenant avec la collaboration de la police indonésienne, qui soutient ouvertement le travail de l’association. Mais ce n’est pas tout. Kalaweit a créé sa radio en 2003, Kalaweit FM. Média de divertissement qui incorpore à ses programmes des messages à vocation environnementale, elle émet sur Bornéo et diffuse des émissions destinées aux 15/25 ans. Cela a permis de sensibiliser très efficacement une population que l’association n’aurait pas pu atteindre autrement. Devenue très populaire, c’est un formidable outil de communication qu’utilise Kalaweit 24 h/24 : plus de 65 % des animaux ont été recueillis grâce aux signalements des auditeurs !

À ce jour, Kalaweit, c’est donc 35 000 hectares de forêts protégées, plus de 250 gibbons répartis dans 2 centres de conservation des gibbons, 52 employés locaux en Indonésie, 1 coordinatrice en France, 1 radio Kalaweit FM à Bornéo et un budget annuel de 300 000 €. Une belle histoire née simplement de la passion d’un petit garçon qui, en devenant homme, n’a cessé de croire à son rêve. Mais l’aventure n’est pas encore finie ! Pour les aider à développer ce beau projet, plusieurs solutions s’offrent à vous : vous pouvez devenir bénévole ponctuel ou permanent, en France comme à l’étranger, parrainer un animal, ou bien faire don de matériel tel que du papier A4, de l’encre pour imprimante, des ordinateurs, du matériel vétérinaire, prêter des salles… Ou tout simplement faire un don du montant de votre choix. Vous pouvez également devenir Ami de Kalaweit, c’est ce qui aide le plus l’association ! En bref, les Amis sont toutes les personnes qui font un don mensuel à l’association par prélèvement automatique (le minimum est de 5 €). Si Kalaweit atteint le chiffre de 3 500 Amis, alors l’association n’aura pas à craindre pour son avenir. Parce que ce sont les petits gestes qui font de grandes choses, soutenez Kalaweit !

Plus d’infos sur www.kalaweit.org – Pour contacter l’association :
kalaweit.france@yahoo.fr ou 07 86 01 18 87

 


 

Sea Shepherd, un combat passionné pour le respect de la vie marine

Le Dernier Pirate« Notre mission consiste à naviguer en eaux troubles pour défendre ceux qui sont sans défense contre ceux qui sont sans scrupules. » Capitaine Paul Watson, Fondateur et Président de la Sea Shepherd Conservation Society

Le constat est là : le nombre de baleines tuées est en constante augmentation. En 1990, il était d’environ 300, en 2010, il était de plus de 3 000. Plus de 80 % des baleines ne sont pas tuées instantanément après avoir été harponnées, elles peuvent alors se débattre pendant 10 à 35 mn avant de mourir, et montrent des signes évidents de souffrance pendant cette période. C’est ainsi que depuis 24 ans, le Japon, l’Islande et la Norvège chassent sans se fixer de limites, puisqu’ils déterminent eux-mêmes leur quota ! Face à un tel massacre, la Sea Shepherd Conservation Society, légitimée par la Charte Mondiale pour la Nature des Nations Unies, s’efforce de faire respecter les règles internationales de protection en haute mer. Officiellement fondée en 1981, elle avait pour mission première la sauvegarde des mammifères marins du monde entier. Quelques années plus tard, l’association a élargi son champ d’action à la défense de l’ensemble de la faune et de la fore des océans. En 30 ans de combat, la Sea Shepherd Conservation Society a ainsi mis fin à la carrière de 9 baleiniers illégaux, sauvant par là même des milliers de baleines. C’est un combat honorable et courageux, qui mérite d’être connu et soutenu de tous !

Vous vous sentez concerné ? Le Sea Shepherd recherche des personnes motivées pour prêter main forte à l’équipage de sa flotte qui sillonne les océans. Mais en attendant, et pour vous rendre réellement compte de l’importance et de la difficulté de cette bataille, vous avez à votre disposition le DVD Le dernier pirate, dans lequel vous découvrirez de l’intérieur le combat de Paul Watson et de la Sea Shepherd. Vous y verrez un groupe d’individus passionnés qui brûlent de rage contre les injustices perpétrées à l’encontre de la vie marine. À voir !

Pour en savoir plus : www.seashepherd.frSea Shepherd

 


 

Les dépêches de

Au Rwanda, le générateur à pédales change la vie dans les campagnes

Au Rwanda, le générateur à pédalesLe générateur est un petit boîtier d’environ 30 centimètres de haut, doté de pédales de chaque côté. Il faut pédaler à peine 20 minutes pour recharger 5 lampes et leur donner jusqu’à 25 heures d’autonomie, soit environ 1 semaine d’utilisation pour la plupart des gens. Chaque minute pédalée génère ainsi 375 minutes de lumière, un système bien plus efficace que l’énergie solaire, affirme l’entreprise rwandaise Nuru Energy, à l’origine de cette invention. La compagnie vend à crédit les générateurs et les lampes à des petits commerçants locaux. Ceux-ci les revendent, puis les rechargent chaque semaine pour un prix modique. Nuru Energy « m’a donne 6 mois pour rembourser le crédit de mes premières lampes, mais avec l’argent gagné en les rechargeant, j’ai été capable de rembourser en 2 mois », explique Martin Uwayezu. « J’étais pauvre, maintenant je suis un homme d’affaires », affirme-t-il fièrement. La majeure partie des zones rurales du Rwanda n’a pas accès à l’électricité, les habitants cuisinent au feu de bois et s’éclairent grâce au pétrole lampant. Plus de 90 % des foyers utilisent des lampes à pétrole, dont les fumées sont nocives. « En plus d’être dangereux, c’est peu efficace et cher », explique Sloan Holazman, le directeur marketing de Nuru. Le patron et co-fondateur de l’entreprise, Sameer Hajee, dit avoir étudié les besoins en énergie et les pratiques des Rwandais des campagnes pour imaginer une technologie propre et bon marché qui puisse concurrencer le pétrole. En plus des lampes à LED, Nuru Energy envisage d’étendre l’utilisation de ses générateurs au rechargement des téléphones mobiles et d’autres appareils dans les zones rurales sans réseau électrique. L’entreprise revendique désormais 10 000 clients au Rwanda et cherche à s’implanter dans d’autres pays d’Afrique de l’est, tels que le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda d’ici la fin de l’année.

 


 

éco Livres

Portraits nature
de Fabrice Delsahut

Portraits nature Les animaux représentent 2/3 des espèces vivant sur la Terre. Bien que de plus en plus soucieux de son environnement et de son impact sur ce dernier, il semble que la place que l’homme accorde à la faune sauvage soit négligeable. Aujourd’hui, 1 mammifère sur 4 est menacé de disparition et, même si le lion, l’éléphant ou la baleine continuent de fasciner, ils ne constituent désormais que les reliques d’une grande faune dont l’homme est le premier prédateur. L’action prédatrice varie du simple prélèvement via la chasse ou la pêche, à des causes plus indirectes comme la pollution des biotopes ou l’introduction d’espèces exogènes. Le destin de cette faune est entre nos mains. Des hommes et des femmes parviennent malgré tout à agir activement pour la protection d’animaux sauvages et la préservation de la biodiversité animale. Ils nous enseignent qu’une cohabitation est encore et toujours possible. Ce livre rend hommage à leur engagement indispensable à notre survie et se propose donc de traiter des enjeux environnementaux liés à la préservation de la biodiversité animale.

Éditions Pascal Galodé – 23 €

 

Les grands projets qui vont changer nos villes
de Michel Feltin-Palas

Les grands projets qui vont changer nos villes Face au phénomène d’urbanisation massive, cet ouvrage, à la croisée entre architecture et urbanisme, répond aux préoccupations légitimes de tout citadin d’aujourd’hui : comment vivrons-nous dans les villes de demain ? Pour répondre à cette question, l’auteur a sélectionné des projets architecturaux qui, bien que très divers, font sans exception état d’une volonté de construire autrement, d’une nouvelle façon de penser la vie en ville et des récentes pratiques urbaines qui en découlent (généralisation du recours aux transports en commun, meilleur partage de l’espace public, création de jardins partagés…). Divisé en 5 parties thématiques, allant du particulier (le monument) au général (le quartier et la banlieue), sans oublier les grands thèmes de l’écologie et de la mixité sociale, cet ouvrage est un véritable témoignage de ce que seront les villes françaises de demain, réunissant un panel significatif de solutions architecturales comme autant de réponses à nos besoins de citadins modernes.

Éditions de La Martinière – 192 pages – 32 €

 

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