Environnement

L’écolomag N°31

Septembre – Octobre 2012

Le billet de France Guillain

Vive NOUS !!! Et survivent les autres grâce à nous !
Oui, une petite cure de narcissisme, c’est excellent avant l’hiver !

Si l’intelligence, prolongée et amplifiée par l’ordinateur(1), est de plus en plus éblouissante, force est d’admettre que le raisonnement humain, lui, progresse comme le font les petits enfants. Bébé développe le langage, mais, en même temps, il régresse au plan moteur. Puis il devient très habile de son corps et c’est le langage qui stagne ou régresse.

Chez les grands, quand l’analyse et le raisonnement pur progressent, c’est le bon sens qui régresse.

Nous sommes obligés de penser que ce phénomène ne s’arrête jamais, tout au moins en ai-je la forte impression. Jugez-en vous-même.

« Depuis une trentaine d’années… [on procède] à la greffe de matières fécales venant d’un donneur sur un malade… Le traitement s’applique essentiellement aux patients soufrant de diarrhées chroniques dues à la bactérie Clostridium difficile… très efficace », selon des chercheurs canadiens, étude de 2011, avec un taux de réussite de 92 %(2).

D’après Joël Doré (INRA), « l’idéal serait de pouvoir mettre de côté, quand on est en bonne santé, des échantillons de sa fore intestinale afin de pouvoir se la réimplanter quand les ennuis commencent. »(3) « … ouvrir des banques fécales » H. R.(4)

Dessin de JicéEt POURQUOI les ennuis commencent ???

La mauvaise santé tomberait tout droit du ciel comme une punition, une injustice, un phénomène dû au hasard ? Si nous avons vraiment tout compris, nous, les amis du bio, les pratiquants du bio, les obsédés du bio et de la mastication, nous les Miammeurs(5), nous qui savons que des selles normales sont bien moulées et laissent l’anus parfaitement propre, nous devons en déduire que nous sommes des banques de données idéales !

Et vu l’état global des banques dans le monde, nous devenons des valeurs sûres !

Car, de quoi sont faites les selles exactement si ce n’est de la qualité de ce que nous mangeons, de la manière que nous avons de manger ?

Quant à la fore intestinale qui envahit depuis peu toutes les publications, comment peut-elle exister en bon état quand un bébé grandit avec du lait en poudre et de l’eau stérilisés, des jus en bouteille, des petits pots pasteurisés, puis, en permanence, des aliments cuits, sans microbes, sans les millions de microbes dont notre intestin ET notre immunité ne peuvent se passer ? Il en va de même pour bien des adultes.

Depuis 30 ans, exit la pomme crue râpée que recommandait Laurence Pernoud en 1967 : place à la compote stérilisée ! Exit le jaune d’œuf cru, le vrai lait de vache. Cela a sauvé bien des bébés de diarrhées mortelles, pour des problèmes d’hygiène, de malpropreté, de non-lavage de mains, d’accord ! Mais, à quel prix !

Jamais les adultes n’ont souffert d’autant de problèmes intestinaux. Lorsque je décris des selles normales, qui laissent l’anus propre, avec zéro trace sur le papier, la salle entière me regarde les yeux écarquillés ; très rares sont ceux pour qui c’est la réalité quotidienne. C’est pourtant, avec la constipation, le seul et unique moyen rapide et efficace de s’assurer d’un bon fonctionnement intestinal !

Comment allez-vous ?
Il faut pouvoir répondre : très propre !

Nous sommes dans un monde de foisonnement d’intelligences de toutes sortes, mais restons profondément dans une perception créationniste du corps et de l’esprit.

La santé, l’intelligence seraient des dons du ciel ou des fées, offerts à notre naissance et tout au long de la vie. Or, il est très largement démontré que l’un et l’autre sont étroitement liés à ce que nous mangeons, puisque le corps et son cerveau sont formés de milliards de cellules et de gènes(6) qui fonctionnent bien si nous les nourrissons bien, fonctionnent mal si nous les nourrissons mal !

Désolée de commencer l’année par le contenu de nos entrailles, souvenons-nous qu’elles sont le siège de centaines de millions de neurones en connexion directe avec le cerveau, via le nerf vagal. Rien d’étonnant alors à ce que certains aliments nous apportent beaucoup de bonheur et que l’alcool nous fasse marcher de travers. En conclusion, retenons que lorsque je mange bio et bien, je peux donner mon foie, mes reins(7) et mes selles à ceux qui mangent mal !

Et si on se donnait la peine d’apprendre à tout le monde à manger comme il faut ? Et si, comme l’a tant demandé officiellement le Professeur Luc Montagnier(8), on remplaçait la Caisse d’Assurance Maladie par une Caisse d’Assurance Santé ? À quand un ministère de la Prévention Santé ? Qui ferait de la prévention à grande échelle !

Exactement ce que fait l’écolomag, très courageusement et en pleine crise mondiale !

(1) Comme l’adresse de la main est amplifiée par le couteau et la fourchette.
(2) Après les très appétissants KK-Burgers, page 163 La Méthode France Guillain Éditions du Rocher, bienvenue aux KK-Greffes !
(3) Le projet fou de grefe fécale, page 60, Sciences et Avenir, juin 2012.
(4) ibid.
(5) Le Miam-Ô-Fruit de France Guillain ou Le guide du Miammeur, Éditions du Rocher, sept. 2012.
(6) Cf. l’écolomag de mai-juin 2012 – Bien nourrir nos ancêtres.
(7) Attention : je ne parle pas ici des problèmes qui se manifestent dès la naissance et des greffes salvatrices qui les accompagnent !
(8) Prix Nobel de Médecine 2008 et auteur de Les Combats de la Vie, Éditions Jean-Claude Lattès, 2008

 


 

Des webdocumentaires contre l’accaparement des terres

webdocumentaireLe CCFD-Terre Solidaire ne pouvait rester indifférent à un phénomène qui a pris, ces dernières années, des proportions inédites à l’échelle planétaire : l’accaparement de terres agricoles. Achetés, loués ou concédés, des millions d’hectares sont arrachés aux communautés paysannes de nombreux pays du sud. Ils passent aux mains de multinationales agro-industrielles, d’états tiers et de fonds d’investissement. Des terres qui assuraient l’alimentation des populations locales sont détournées de leur fonction et dédiées à des monocultures d’exportation, à la production d’agrocarburants et, de plus en plus, à la spéculation foncière. Ces pratiques sont en lien direct avec les modes de vie et de consommation actuels dans les pays du nord et émergents. Par exemple, la production d’agrocarburants est responsable de plus d’un tiers des accaparements en Afrique et de 75 % de la hausse des prix alimentaires. TERRES propose une série de webreportages, chacun avec une durée de 8 à 12 minutes, dans 8 pays d’Afrique subsaharienne, d’Amérique latine et d’Asie du sud-est, pour informer et sensibiliser le public sur cette pratique qui menace gravement les communautés rurales à travers le monde. Dans ces reportages, l’auteur rencontre des communautés paysannes, souvent partenaires du CCFD-Terre Solidaire. Celles-ci dénoncent la menace que représentent ces opérations foncières à grande échelle pour la sécurité alimentaire des populations locales, mais aussi les risques de confits qu’elles génèrent et leur impact environnemental. Le CCFD-Terre Solidaire qui, depuis près de 20 ans, mène des projets visant à soutenir l’agriculture paysanne et assurer la sécurité alimentaire des peuples, joint sa voix à ceux qui affirment : « La terre n’est pas une marchandise ! »

Pour en savoir plus : http://ccfd-terresolidaire.org/terres

 


 

L’homme qui a planté une forêt de ses mains

Jadav PayengVoici l’histoire de Jadav Payeng, un homme qui consacra sa vie à protéger la vie…

Nous sommes en 1979, à Jorhat (Inde). Tout a commencé lorsque ce jeune homme découvrit, suite à une inondation, une rive parsemée de reptiles morts. Manquant cruellement de végétation pour s’y abriter, ces pauvres bêtes n’eurent aucune chance de survie. Alors âgé de 16 ans, il alerta les autorités afin qu’elles plantent des arbres pour reconstruire le site, mais celles-ci, impuissantes, lui suggérèrent d’y mettre des bambous, ce qu’il fit. Laissant son éduction et sa famille de côté, Jadav partit s’installer sur place, où il ramassa les pousses pour les planter sur la plage. Après quelques années, le banc de sable était transformé en forêt de bambous. C’est alors qu’il décida d’aller plus loin. Il recueillit et planta de nombreux arbres plus adaptés au milieu, et alla jusqu’à transporter des fourmis rouges de son village, connues pour modifier les propriétés du sol. Aujourd’hui, les efforts de Jadav portent leurs fruits puisque c’est tout un écosystème qui règne sur ce banc de sable. À lui tout seul, Jadav Payeng a fait pousser une vaste forêt sur un banc de sable de 550 hectares situé au milieu du fleuve Brahmapoutre. Cela fait maintenant 30 ans que ce jeune homme plein d’espoir se lança dans ce beau projet. Grâce à lui, une végétation verdoyante et un bon nombre d’animaux en voie de disparition profitent désormais de la vie. Ce qui l’a poussé à agir ? Sa religion. Dans l’hindouisme, on accorde une place prépondérante aux animaux puisque l’on croit à la réincarnation. Lorsqu’un animal meurt, une âme humaine disparaît. Un argument assez fort pour motiver Jadav. « La nature a créé une chaîne alimentaire : pourquoi est-ce qu’on ne s’y tient pas ? Qui protégera ces animaux si nous, les êtres supérieurs, nous nous mettons à les chasser ? » Le ministère des Forêts de l’Assam n’a entendu parler de la forêt de Payeng qu’en 2008, lorsqu’un troupeau d’une centaine d’éléphants sauvages s’y est réfugié après avoir ravagé les villages voisins. Ils ont aussi détruit la cabane de Payeng. C’est là que Gunin Saikia, conservateur assistant des forêts, a rencontré Payeng pour la première fois. « Nous avons été surpris de trouver une forêt aussi dense sur le banc de sable. Les gens du coin dont la maison avait été détruite par les pachydermes voulaient abattre ce bois, mais Payeng leur a dit qu’il faudrait le tuer d’abord. Il traite les arbres et les animaux comme si c’était ses enfants. Quand on a vu ça, on a décidé de contribuer au projet, raconte-t-il. Payeng est incroyable. Ça fait 30 ans qu’il est là-dessus. Dans n’importe quel autre pays, il serait un héros. »

Source : The Times of India

 


 

Les dépêches de GoogPlanet.info

Nouveau projet de surveillance des forêts africaines

surveillance des forêts africainesPour améliorer les systèmes de surveillance des forêts et renforcer la coopération régionale, l’Agence de l’ONU pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a annoncé qu’un nouveau projet va être mis en place dans 10 pays d’Afrique centrale. Ce vaste projet forestier sera géré conjointement par la Commission des forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) et la FAO, en collaboration étroite avec l’Institut national brésilien de recherche spatiale (INPE). Le Fonds pour les Forêts du Bassin du Congo (FFBC), lancé par les gouvernements de Norvège et du Royaume-Uni, finance cette initiative par le biais de la Banque africaine de développement (BAD), à hauteur de 6,1 millions d’euros. Les forêts du Bassin du Congo couvrent environ 200 millions d’hectares et sont, après la forêt amazonienne, l’une des plus grandes forêts pluviales primaires. Elles assurent les moyens d’existence de quelque 60 millions de personnes. Selon les données de la COMIFAC, le taux de déforestation annuel brut du bassin du Congo était de 0,13 % entre 1990 et 2000, mais a doublé au cours de la période 2000-2005. « L’expérience brésilienne montre qu’un système national de surveillance de la forêt est l’élément-clé pour préparer le terrain à un soutien international substantiel visant à la protection des forêts et à la promotion de leur gestion durable », affirme Eduardo Rojas, sous-directeur général de la FAO et responsable du Département des forêts. Ainsi, la FAO fournira aux pays son assistance technique en matière de technologies de télédétection et les aidera pour l’évaluation du volume de carbone stocké dans les forêts de la région.

 

Un canyon sous l’Antarctique favoriserait la fonte des glaces

Un canyon sous l’AntarctiqueUn canyon de près de 1 500 m de profondeur accroîtrait le phénomène de la fonte des glaces dans l’Antarctique occidental, rapportent des chercheurs britanniques ayant découvert cette gigantesque vallée par laquelle pénètrent des eaux « chaudes » de l’océan sous la calotte glaciaire. La région où a été découvert le canyon n’avait pas fait l’objet de recherches poussées depuis près de 50 ans. En 2010, une mission du projet de surveillance britannique de l’Antarctique (BAS) s’est rendue sur place pour vérifier les informations des satellites de la Nasa montrant d’importantes fontes des glaces dans la région. Les chercheurs avaient ainsi arpenté la calotte glaciaire sur près de 2 500 km, en traînant derrière eux un radar permettant de sonder les profondeurs de la croûte de glace car les images de la Nasa ne pouvaient montrer que la surface. Sur la base des changements observés ces dernières années dans l’Antarctique occidental, on ne peut pas parler simplement d’une réduction de la calotte glaciaire comme une conséquence à court terme du réchauffement climatique. « Cela fait partie d’un système plus vaste d’interactions entre l’activité tectonique, les modifications du paysage glaciaire et les changements océaniques et atmosphériques », soulignent les chercheurs.

 


éco Livres

Vive l’agro-révolution française !
de Vincent Tardieu

Vive l’agro-révolution française ! Alors que la Terre comptera 9 milliards de bouches à nourrir en 2050, nombreux sont ceux qui pensent qu’il n’y a pas d’alternative à l’agriculture chimique et industrielle. Et pourtant… Au terme d’un tour de France de 19 mois à la rencontre de paysans, de chercheurs et de techniciens, Vincent Tardieu révèle que le monde agricole est en pleine mutation : la crise du modèle productiviste actuel engendre une puissante révolution vers une nouvelle agriculture où les processus naturels sont au cœur des méthodes de production. Cette agriculture écologique est riche d’une belle diversité d’itinéraires (bien au-delà de la seule agriculture biologique) et de réseaux humains, que l’ouvrage invite à découvrir avec, à la clé, des raisons d’espérer : oui, on peut nourrir la planète tout en préservant l’environnement ! Oui, nos paysans peuvent vivre mieux et plus nombreux ! Mais cette révolution écologique n’ira pas sans bouleversements des marchés, des organisations agricoles et de notre façon de consommer. Une enquête rigoureuse et pleine d’humanité pour découvrir la révolution écologique qui est en marche dans nos campagnes.

Éditions Belin – 22 €

 

Être écolo… c’est possible ?
de Marie-Pierre Hage

Être écolo… c’est possible ? Bien sûr, nous aspirons tous à devenir écolos. Pas forcément au moment de déposer notre bulletin dans une urne ou de manifester contre une centrale ou un aéroport, mais quand il s’agit de nous nourrir, de gaspiller un peu moins d’eau, de pétrole… et d’avoir bonne conscience… Et quoi de plus simple ? Nicolas Hulot et Yann Arthus-Bertrand nous font voir que c’est joli, et qu’après tout, ce n’est pas incompatible avec les heures d’hélicoptère et les périples aux 4 coins du monde. Les grandes enseignes nous proposent du « bio » pas cher à longueur de linéaires. Les éoliennes sont chaque jour plus présentes pour montrer que les choses avancent, et le nucléaire a un sérieux coup dans l’aile. Ce livre parle de tout cela, et de bien d’autres choses encore. Il dresse un portrait réaliste et facile à lire sur les mouvements écologistes, leur histoire et leurs personnalités, et les avancées en cours dans tous les domaines de la vie quotidienne, mais aussi les pièges et impasses qui nous sont proposés, voire imposés.

On constate ainsi que si certains gestes sont simples, d’autres sont encore loin de ce que nous pouvons accepter, ou supporter. Parfois même, l’écologie que nous proposent les extrémistes n’est pas applicable. Un regard déterminé, mais lucide, sur ce que nous devons faire pour la planète, et ce que nous acceptons de faire.

Éditions LME – 148 pages – 18 €

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