Environnement

L’écolomag N°38

Olivier Guilbaud

Le lièvre et la tortue :
et si La Fontaine avait raison ?

Comme vous le savez, la morale de cette fameuse fable est de prendre le temps de faire les choses bien plutôt que de se précipiter sans arriver à ses fins. Tout va très vite aujourd’hui. Nous participons nousmême à ce mouvement d’accélération de l’immédiateté en exigeant un bien disponible de suite à l’achat, un service dans l’heure, un produit prêt à l’emploi… Autant d’éléments qui nous paraissent actuellement tout à fait légitimes, mais qui, par le passé, ne l’étaient pas du tout. Pour mémoire, chaque individu participait lui-même à sa consommation, en râpant le fromage, en utilisant le moulin à café, en discutant du style voulu du meuble avec son menuisier… Ces souvenirs paraissent déjà lointains, et qui sait ce que l’avenir réserve à nos enfants, qui vivent de façon amplifiée cette accélération de l’immédiateté ?

Le paradoxe de ce mouvement est que nous consommons toujours plus de ressources naturelles pour des besoins parfois futiles, pour générer toujours plus de déchets. Au final, nos exigences de vie contemporaine conduisent à dépenser des ressources naturelles plus rapidement que la Terre ne peut les renouveler : depuis le 22 août, nous utilisons les ressources naturelles « à crédit » puisque c’était le « jour du dépassement » annuel, c’est-à-dire que nous avons consommé toutes les ressources naturelles que la Terre peut produire en 1 an depuis ce jour-là.

Nous vivons à crédit ! Non pas à crédit financier, mais à crédit environnemental ! Tout cela pour quoi ? Pour avoir plus de temps disponible grâce à la libération des contraintes du « faire » et moins de temps pour la réalisation, pour le dialogue. Et, paradoxalement, alors que nous n’avons jamais aussi peu « travaillé », nous n’avons jamais été autant débordés dans notre quotidien.

Et si, finalement, nous remettions un peu de bon sens en donnant de l’herbe et du foin au bétail, en cultivant nous-même notre jardin, en prenant le temps d’avoir plus de temps ? Aujourd’hui, tout va très vite et nous ne voyons même pas que notre Maison s’épuise. Alors, prenons collectivement conscience de cet état de fait – certains le font déjà isolément – et tirons-en les bénéfices et avantages. Entre le lièvre et la tortue, à vous de choisir.

Olivier Guilbaud
Co-dirigeant du Laboratoire BODY NATURE
Conseils et vente à domicile
www.body-nature.fr


France GuillainÀ quand la banque des orteils de rechange ?

Après la banque du sperme et celle des matières fécales de qualité suprême, voici la banque des cellules souches indifférenciées. Une société basée en Suisse et à Hong Kong vient d’avoir la prodigieuse idée de prélever 3 millimètres de peau sur des personnes jeunes afin de les stocker, pour ces mêmes personnes, pour plus tard. La loi française interdisant de conserver des cellules pour soi, elles le seront donc à l’étranger, moyennant, aujourd’hui, la somme de 45 000 €.

En effet, si, plus tard, le pancréas ou le coeur défaillent, il sera possible de cultiver ces cellules souches, les multiplier, les différencier, les réinjecter aux personnes malades afin de les réparer avec leurs propres cellules souches. Ce type d’opération a déjà été réalisé en France, à l’Hôpital Saint-Louis à Paris, en 2001, à titre expérimental, pour reconstituer un morceau du coeur d’un monsieur de 62 ans. Cela est, en outre, pratiqué en Suisse, pour réparer des muscles ou des coeurs de personnes ayant les moyens – colossaux – de s’offrir ces opérations.

Dessin de JicéÀ nos yeux, le problème est que si l’on prélève des cellules de peau à 20 ans, moyennant les 45 000 €, personne ne peut savoir aujourd’hui comment pourra se comporter un corps qui a vécu non seulement de nombreux événements physiques, mais aussi psychologiques, 10 à 20 ans plus tard ! Personne ne peut dire si ces cellules seront capables de reconnaître le corps dont elles sont issues, dont elles ne sont qu’un souvenir, pas nécessairement d’actualité ! Notre corps n’est pas inerte, on ne remplace pas des cellules comme l’on remplace une brique sur un mur ou une tuile sur un toit. Même nos cellules évoluent avec les années, elles sont vivantes.

Le pari fait aujourd’hui suppose la constance, l’identité, le non-changement, la non-mutation absolus de notre corps ! Et c’est un pari coûteux, qui ne peut être fait que par ceux qui en ont les moyens. Autrement dit, seuls les riches pourront se faire « réparer », rajeunir éternellement, ce qui, peu à peu, pourrait changer la face du monde. Car les petits futés ayant conçu ce projet parlent bien de vie éternellement prolongée !

Jouons un peu à imaginer notre pays peuplé de gens riches de 150, 200, 300 ans, tous possédant un corps en bon état de fonctionnement ! À quel âge seront-ils à la retraite ? S’ils travaillent tous, comment leurs enfants pourront-ils trouver un travail ? Finies les ventes en viager, bonjour les « vivement qu’il [ou elle] meure ! »

Que serait un monde où l’on ne meurt plus ? Tout simplement un monde de vieux. Car toutes les études démographiques le montrent clairement : plus on peut vivre longtemps dans un pays, moins on fait d’enfants, plus la fertilité baisse. C’est tout simplement une loi d’équilibre de la nature et des sociétés. L’inverse est tout aussi vrai : plus on meurt jeune et plus on se reproduit. Cela se vérifie durant les guerres et, de même, curieusement, lorsque la nourriture vient à manquer. Quant aux pauvres qui n’ont pas les 45 000 € pour leurs 3 millimètres de peau, ils mourraient plus jeunes. Le club des riches serait le club des vieux, et vive la drague à 180 ans très chère ! Vive les Cinquante nuances de Grey à 300 ans ! On en aura bien inventé une centaine de plus d’ici là !

Sauf que… il serait peut-être temps de se réveiller ! Les fameuses cellules souches indifférenciées existent aussi dans nos graisses brunes fluides, ces fameuses graisses qui intéressent de plus en plus la recherche internationale ; ces graisses que nous fabriquons nous-mêmes, à condition de manger ce que doivent manger des êtres humains : une alimentation universelle avec une belle base de fruits et de légumes crus, de bonnes huiles crues. À la condition, de surcroît, de mastiquer parfaitement, de bien liquéfier chaque bouchée, d’insaliver lentement, de manger peu. Enfin, il faut aussi faire circuler en permanence ces belles graisses brunes fluides dans tout le corps pour qu’elles aillent distribuer les fameuses cellules souches dans les moindres recoins. Il est démontré, aujourd’hui, que ces cellules ont la capacité de se différencier toutes seules lorsqu’elles se trouvent au contact d’un organe ayant besoin d’être réparé, exactement comme cela se passe dans les arbres ou chez les animaux sauvages. Or, pour les faire circuler, il n’existe qu’une méthode : faire baisser la température interne en rafraîchissant le plus possible et le plus souvent possible le périnée. (cf. Le bain dérivatif ou D-CoolinWay de F. Guillain, Éditions du Rocher).

Il est temps de nous souvenir que nous n’avons pas besoin de 45 000 € pour réparer ou maintenir notre corps en bon état. La Nature à tout prévu comme il le faut, à nous de la respecter ; ce que l’écolomag nous recommande en permanence !

Pour nous y aider :
Le Miam-Ô-Fruit et Le Miam-Ô-5
de France Guillain, aux éditions du Rocher
www.bainsderivatifs.fr


La mobilité électrique
au coeur de la nouvelle France industrielle

Le constat est sans appel : la mobilité électrique est la mobilité de demain. Les pouvoirs publics en sont conscients et ont clairement placé le sujet au coeur de leur action. Ce volontarisme doit maintenant se traduire par des mesures fortes et concrètes. Notamment, les bonus pour les véhicules électriques et hybrides doivent être maintenus. Ils permettent l’accessibilité économique de ces modèles écologiques et innovants au plus grand nombre. La question du financement des bornes de recharge privées accessibles au public doit, elle aussi, être étudiée : sans soutien public, les acteurs privés du développement de ces infrastructures (restaurants, grande distribution, hôtels…) tarderont à investir, ce qui risque de faire perdre à la France son rang de leader du marché des véhicules électriques en Europe. Enfin, le soutien actif à la recherche autour du développement et de l’amélioration des véhicules électriques et hybrides est essentiel au maintien de notre position et au dynamisme des acteurs français du secteur. Fort de son tissu industriel pionnier en la matière, le pays a les moyens de se placer parmi les leaders mondiaux de la filière. Le défi est de taille. On espère que les mesures seront bel et bien prises ! Affaire à suivre… Bon à savoir : l’Avere-France (association professionnelle pour le développement de la mobilité électrique) soutient l’initiative du gouvernement pour donner à la France les moyens de le relever. Elle se tient à sa disposition pour mettre au point les modalités pratiques permettant de développer cette industrie, porteuse de croissance et d’emplois.

Source : www.france-mobilite-electrique.org


Les dépêches GoodPlanet

Feu vert à l’exploitation de pétrole en Équateur

Le Parlement équatorien a récemment approuvé l’exploitation pétrolière dans la réserve naturelle de Yasuni, un projet polémique défendu par le président de gauche Rafael Correa, mais contesté par les écologistes et les habitants indigènes vivant dans la zone.

À l’issue d’un second et dernier débat parlementaire, le projet d’exploitation de ITT, un bloc pétrolier estimé à 920 millions de barils, a ainsi été déclaré d’« intérêt national ». Le gouvernement est désormais en mesure de lancer les travaux préalables à l’exploitation. Avec 108 voix en faveur et 25 contre, les députés ont donné suite à la demande du président Correa de lever le dernier obstacle constitutionnel à l’exploitation des ressources naturelles présentes dans ce parc naturel de l’est amazonien du pays. Les champs pétrolifères Ishpingo, Tambococha et Tiputini (ITT) représentent 20 % des réserves de l’Équateur ; ils sont situés à l’une des extrémités du parc de Yasuni, dont le million d’hectares de forêt humide constitue une réserve mondiale de biodiversité. Les autorités tablent sur 19 milliards de dollars de revenus additionnels au cours des 20 prochaines années – 58 % du budget 2013 –, dont la majeure partie sera destinée, selon le président, à la lutte contre la pauvreté, principalement en Amazonie.

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Un opposant au projet d’exploitation du pétrole du parc de Yasuni
brandit une pancarte, sur laquelle il est écrit « Yasuni, je t’aime », le
21 août 2013, à Quito (Équateur) © PATRICIO TERAN/NEWSCOM/SIPA

Sans l’exploitation de ITT, le pays, où le taux de pauvreté s’établit à 23,7 %, disposerait de réserves de pétrole pour 11 ans, selon des analystes consultés par l’AFP. En bref, l’État assumera l’exploitation de ITT, qui n’affectera officiellement que 1/1 000e de la surface du parc, un des sanctuaires écologiques les plus riches de la planète, où opèrent déjà depuis des décennies des compagnies comme l’espagnole Repsol.

Malgré ce feu vert législatif et un appui au projet de 56 % des Équatoriens, selon un sondage privé, M. Correa fait face à une sévère opposition de la part de groupes indigènes et écologistes. Au cours des dernières semaines, ces groupes se sont mobilisés dans l’espoir de faire organiser un référendum sur le sujet. Selon eux, l’augmentation de l’activité pétrolière dans le parc aura un impact environnemental très élevé et mettra en danger la survie des ethnies indiennes Tagaeri et Taromenane, qui vivent en isolement volontaire.


Un écologisme apolitique ?
Un écologiste apolitique ?de Paul Chatterton et Alice Cutler

Débat autour de la Transition Traduit de l’anglais sous la direction de Charlotte Astier

Depuis son lancement en Angleterre au milieu des années 2000, le mouvement des Villes en Transition fait tache d’huile, particulièrement en France où il est très actif (www.transitionfrance.fr). Son ambition est de développer la résilience et la viabilité des communautés locales en prévision des énormes défis que poseront inévitablement le pic pétrolier et les changements climatiques. Plus de 400 initiatives sont officiellement reconnues aujourd’hui et permettent à des gens de se regrouper pour se préparer aux conséquences de l’après pétrole.

Dans ce court pamphlet, 2 militants anglais sympathisants du mouvement, Paul Chatterton et Alice Cutler, proposent une critique constructive de la Transition. Ils soutiennent que la Transition aurait avantage à identifier clairement ses « ennemis » politiques et, ainsi, renouer avec une approche de confrontation qui caractérise d’ordinaire les mouvements sociaux. Pour les auteurs, il ne faut pas perdre de vue qu’il faut lutter pour qu’adviennent les changements souhaités.

Éditions Écosociété – 80 pages – 7 €

Réinventons l’humanité
Réinventons l’humanitéd’Albert Jacquard et Hélène Amblard

« Qu’est-ce qu’être humain ? Faire partie, si nous l’acceptons, de l’unique forme du vivant capable d’inventer l’humanité. L’humanité reste une adhésion. Un choix collectif. Un défi sans cesse relevé depuis que l’homme est homme : celui d’innover. La question n’est pas pour nous de sauver la Terre, mais de développer, en la réinventant, l’humanité sur Terre. Ce ne sera possible qu’en respectant notre planète et en nous respectant nous-mêmes, humains d’aujourd’hui, d’hier et à venir. » Avec l’aide d’Hélène Amblard, sa complice depuis plus de 30 ans, Albert Jacquard nous offre un petit ouvrage nous concernant tous, comme un cri d’alarme sur l’avenir de l’homme. Au début, sa parole se fait entendre par l’évocation de lieux qui lui sont chers. Entre pudeur et émotion, son discours passe alors du personnel au général, de l’histoire à l’Histoire, de la culture scientifique à la pensée humaniste…

Éditions Sang de la Terre – 92 pages – 4,90 €

Habiter la Terre en poète
Habiter la Terre en poètede Sylvain Tesson, Sylvie Vauclair, Michel Cazenave, Nathalie Calmé et Gilles Clément

Poètes en tous genres, philosophes, marcheurs, paysagistes, économistes, anthropologues, fermiers, artistes… plus de 30 personnalités apportent dans ce livre leur témoignage sur ce que signifie aujourd’hui habiter la terre. Parce que l’écologie est bien davantage qu’une simple valeur politique qui répond à une crise de civilisation, c’est aussi une attitude poétique à l’égard du monde. C’est la richesse de ce livre de parler d’écologie de manière différente. Surprenantes, sensibles, sages ou subversives, les idées qui, page après page, circulent de texte en image témoignent de ce désir de sortir des sentiers arides du dogme et de la certitude. Un ouvrage métissé qui met l’intelligence et l’art, la main et l’esprit au service d’une cause.

Éditions du Palais – 300 pages – 24,50 €

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