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Spécialiste de la méthode Coué, Luc Teyssier d’Orfeuil est auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. Il participe à la création du Studio Pygmalion, atelier de training pour comédiens professionnels, devenu une référence en France. Il adapte sa méthode au monde de l’entreprise et fonde, en 2001, Pygmalion Communication, qu’il dirige. Il conçoit et anime des formations en groupes et accompagne individuellement des cadres, dirigeants et élus sur leur communication. Il nous éclaire sur cette méthode passionnante à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage, Ma bible de la méthode Coué, aux éditions Leduc.s.

On parle toujours de méthode Coué, sans pour autant connaître son auteur. Quelques mots sur Émile Coué ?

Émile Coué est né en 1857. Connu et apprécié à Troyes, il était pharmacien et exerçait avant et pendant la Première guerre mondiale. Émile Coué a suivi les travaux de l’école de psychologie de Nancy, animée par les docteurs Bernheim et Liébault, autour de l’hypnose, de l’inconscient et de la suggestion. C’est là qu’est né le terme de psychologie.

Son ouvrage, publié en 1913 sous forme de brochure, a rapidement été traduit dans de nombreuses langues et diffusé dans le monde entier. Il est régulièrement réédité sous le titre Méthode Coué, le titre original correspondant à une bonne définition de la méthode Coué : « la maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente ».

Cet ouvrage est le tout premier best-seller de développement personnel.

Émile Coué a beaucoup voyagé et a été surnommé « le marchand de bonheur de Nancy ». Ce qui est étonnant, c’est qu’il était connu dans le monde entier à son époque.

Dans son carnet d’adresses, on trouve : l’industriel Henri Ford, qui a organisé pour lui des conférences aux États-Unis, le Président américain Harding, qui l’a reçu à la Maison Blanche, le grand-duc de Russie, qui a suivi ses travaux et a été membre des conseils d’administration des instituts Coué, et, pour finir, le duc d’York, futur George VI. Émile Coué a participé au traitement du bégaiement de ce dernier, lui donnant ainsi les moyens de faire « le discours d’un roi ».

Dans votre ouvrage, on peut lire que la méthode Coué repose sur l’autosuggestion consciente et positive. En quoi consiste-telle ?

La définition d’Émile Coué de l’autosuggestion est la suivante : « S’implanter une idée en soi-même par soi-même. » L’autosuggestion est une programmation de notre cerveau, que nous pouvons diriger. Cela rejoint le premier postulat de la méthode Coué :

« Toute pensée occupant uniquement notre esprit devient vraie pour nous et a tendance à se transformer en acte. » Par exemple : si je pense que je vais y arriver, je me donne plus de chances de réussir que si je me dis que cela va encore mal se passer !

Il existe 3 manières de pratiquer l’autosuggestion :

L’autosuggestion par les mots consiste à se répéter des formules d’autosuggestion positive et de manière consciente pour contrer nos autosuggestions négatives et inconscientes. Exemple : « je vais réussir cette action » plutôt que « je n’y arriverai jamais ».

L’autosuggestion par les images. Il s’agit de visualiser des images agréables qui nous permettent de générer des émotions positives, ou bien de se voir, comme les sportifs, en train de réaliser et de réussir une action ou un objectif.

L’autosuggestion par le corps consiste à faire « comme si ». Notre corps devient le starter de ce que nous souhaitons. En me forçant à sourire, je me fais du bien et les neurosciences démontrent que je diminue mon stress et que j’augmente mon espérance de vie.

En faisant « comme si » j’étais à l’aise, je finis par être plus à l’aise, « comme si » j’étais calme, je finis par être plus calme, « comme si » j’avais confiance en moi-même, je finis par être plus confiant-e.

Par quels mécanismes notre inconscient est-il sensible à la suggestion ?

C’est de manière empirique qu’Émile Coué a développé sa méthode dans sa pharmacie. Il a d’abord parfaitement assumé le principe du placebo ! Parce qu’il a constaté que ses pilules placebo, sans principe actif, pouvaient faciliter la guérison. Puis, il a pris conscience de l’impact des mots positifs du pharmacien sur la guérison du malade : « Prenez ce médicament, cela va vous faire du bien, et ce n’est qu’un début. » Ces simples mots favorisaient la guérison. C’est l’application d’un effet parfaitement reconnu aujourd’hui, l’effet placebo.

Les neurosciences et les découvertes sur la plasticité cérébrale corroborent aujourd’hui ce que Coué disait il y a un siècle.

L’exemple le plus connu repris régulièrement par Émile Coué est celui du citron. Si vous vous imaginez croquer dans un citron, vous allez retrouver les sensations du citron : tendance à saliver, frissonner ou froncer les sourcils en pensant croquer, et vous percevrez le goût, l’acidité et même l’odeur du citron grâce à vos neurones miroirs.

Pourquoi notre imagination est-elle plus forte que notre volonté ?

C’est encore de manière empirique que Coué a fait cette découverte. Non seulement l’imagination est plus forte, mais s’il y a un conflit entre volonté et imagination, c’est toujours cette dernière qui l’emporte. Derrière l’imagination, il place l’inconscient et, derrière la volonté, il place le conscient. Et nous connaissons aujourd’hui la puissance de notre inconscient.

Auriez-vous un ou deux exercices à donner à nos lecteurs pour s’en convaincre ?

Pour commencer, les deux exemples proposés par Coué sur le fait que vouloir n’est pas suffisant et peut même nuire :

Plus je veux dormir, moins je peux. Plus je veux me souvenir du nom de quelqu’un, moins je le trouve. Je dois imaginer que je vais dormir ou que je vais retrouver le sommeil en me programmant.

Les lecteurs peuvent faire cet exercice de fermer les yeux et de s’imaginer couper un citron pour en faire des quartiers et se voir ensuite croquer dedans.

Ils peuvent également compter le nombre de pas pour aller vers un mur, l’idéal étant une distance d’au moins 6 pas, et faire le trajet les yeux ouverts. Puis recommencer les yeux fermés. Ils vivront alors ce combat entre la volonté de faire les 6 ou 7 pas et l’imagination de se cogner au mur !

L’autosuggestion consciente et positive peut-elle aller jusqu’à avoir un effet antalgique dans les cas de douleurs diverses ?

Émile Coué, lors de douleur, proposait de se répéter le plus rapidement possible « ça passe, ça passe, ça passe… » À titre personnel, j’ai pratiqué lors d’une crise de colique néphrétique et c’est quelque chose qui me soulageait vraiment.

Quels rapprochements entre hypnose et autosuggestion consciente est-il possible de faire ?

Elles sont très proches. D’ailleurs, Émile Coué utilisait au départ l’hypnose pour faire ses suggestions sur ses patients. En proposant l’autosuggestion, il se rapprochait de ce que d’autres nomment aujourd’hui l’autohypnose.

Sa méthode a également servi au développement de la PNL – programmation neuro-linguistique – et de la sophrologie.

Les états de suggestibilité, pour reprendre Coué, les états de conscience modifiée en hypnose ou les états dits sophroliminaux en sophrologie sont très proches.

Vous affirmez que l’autosuggestion agit sans effort de volonté. Pourriez-vous nous expliquer cela ?

Il est même fortement conseillé d’éviter de faire trop d’efforts de volonté ! Comme en PNL et en sophrologie, c’est la technique même de l’autosuggestion qui est une force et agit en nous… un peu comme un médicament. Il suffit de l’absorber !

Comment mettre en pratique la méthode Coué au quotidien ?

En utilisant les 3 manières de pratiquer l’autosuggestion :

1- Se répéter des phrases positives et supprimer les négatives. Par exemple : « je vais réussir cette action » plutôt que « je n’y arriverai jamais ». Se répéter la formule universelle d’autosuggestion consciente proposée par Emile Coué : « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. »

2- Visualiser des images agréables qui permettent de se générer des émotions positives. Ou se voir, comme les sportifs, en train de réaliser et de réussir une action ou un objectif.

3- Faire « comme si » : faire « comme si » j’étais à l’aise, je finis par être plus à l’aise, « comme si » j’étais calme, je finis par être plus calme, « comme si » j’avais confiance en moi-même, je finis par être plus confiant-e.

Le mot de la fin ?

Cela vaut la peine de découvrir cette méthode simple et d’aller au-delà de la caricature qui en est faite. Elle est très efficace et c’est pour cette raison que les initiateurs de ces techniques reconnues, comme la PNL, la sophrologie, la visualisation créatrice, s’en sont inspirés.

 

Pour aller plus loin

Ma bible de la méthode Coué

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