Home / Actualités / Pour que la mort d’un petit maraîcher bio breton nous serve de tremplin !

Le 12 février 2021, dans un village près de Rennes, en Bretagne, un maraîcher bio, père de famille, s’est pendu. Il ne pouvait plus vendre ses légumes dans sa boutique fermée par l’État. Il a laissé une femme et des enfants. Le village s’est rassemblé pour son enterrement. Après l’enterrement, le maire du village a fait ouvrir le bar, pour réchauffer tout le monde, car il faisait très froid, et soutenir cet élan de solidarité. Six voitures de gendarmerie sont arrivées. Tous les noms des personnes présentes y compris le maire ont été envoyés par les gendarmes au Procureur. Quelqu’un les avait dénoncés. Cf. Le Général @LE_GENERAL_FR (Une scène tristement honteuse. Je vous conseille vivement d’écouter cette petite vidéo.)

Est-ce la France que nous voulons ? Certains nous comparent aux moutons qui, ayant peur du loup, se jettent dans les bras du berger qui va les tondre et les manger. C’est peut-être médire des moutons.

Nous pouvons aussi, pour ceux qui ont encore quelque chose dans l’assiette, être comparés au chien de la fable Le Loup et le Chien de Jean de La Fontaine, dont le col […] pelé supporte le collier dont il est attaché, en l’échange de force reliefs de toutes façons, os de poulets, os de pigeons sans parler de mainte caresse.

Pour nous qui mangeons et soutenons le bio, pour ce petit maraîcher qui ne pouvait vendre que tout seul, et fut empêché de vivre à cause d’une minuscule chose à laquelle survivent 99,965 % des personnes malades, il est de notre devoir absolu d’arrêter cette marche funèbre infernale.

Pour que sa mort devienne le symbole de la résurrection de la vie dans notre pays très agricole, il nous faut ouvrir les yeux, nous informer. Ne pas vouloir s’informer, au stade où nous en sommes, c’est participer, cautionner d’autres suicides. Chaque petite chose que chacun de nous peut faire, aussi petite soit-elle, se déplacer pour aller acheter directement dans une ferme, donner ne serait-ce qu’un euro aux diverses associations qui aident les étudiants à manger, qui aident les courageux à protéger nos libertés fondamentales de respirer et de travailler est une aide immense.

Le Loup et le Chien – Fable de La Fontaine, Paris, 1855.
Illustration de Jean-Jacques Grandville.

S’il est un monde qui a conservé le bon sens de la vie, c’est bien celui du bio. Déjà le monde agricole est un champion des suicides. Mais le bio semblait épargné. Il ne l’est plus.

Il est donc extrêmement urgent d’ouvrir les yeux. Se donner la peine d’aller jusque sur les exploitations bio pour faire ses courses. Se donner la peine de les chercher dans sa région. Et donner à tous nos amis leur adresse. On peut se regrouper en voiture, emmener ceux qui n’ont pas de véhicule, mais surtout ne pas laisser disparaître les petites exploitations isolées qui sont en train de mourir, faute de circuit commercial. Toutes n’ont pas la possibilité de vendre par Internet. Ni de vendre à des magasins.

Utilisons notre force collective pour ouvrir les yeux et nous bouger, ne pas attendre la bouche ouverte qu’un giga papa le fasse à notre place.

Car, si les moutons ont peur du loup, qui ne pourra guère en manger plus d’un, l’être humain, lui, est capable, en appuyant sur un simple bouton, d’anéantir l’humanité entière. Le plus dangereux du monde animal, autant pour le monde animal que pour lui-même, est sans conteste l’homme lui-même.

Quelqu’un a dit, nous sommes en guerre ! Il ne mentait pas !

On ne gagne pas une guerre planté devant sa télé le cul sur son canapé. Ni en faisant du yoga, de la méditation, de la gym ou des recettes bio. Tout ça fait du bien, donne des forces bien évidemment, mais n’arrête pas la guerre. Il est plus que temps d’agir. Chacun à sa mesure, mais agir. Et la toute première action est de s’informer, comprendre ce qu’il se passe et informer les autres sans relâche jusqu’à ce qu’une lueur de compréhension apparaisse. Arrêter de penser que l’on est tout seul, que les autres ne suivront pas, donc arrêter de se défier des autres. Faire confiance aux autres. Car c’est bien là qu’est tout le problème de la vie dite moderne, c’est la perte de confiance dans l’autre, c’est même la défiance totale qui fait fermer à clef plusieurs fois par jour sa maison ou sa voiture.

Il existe encore, même en France, des lieux où il est inutile de fermer à clef. Quand on ferme à clef, on se ferme aussi aux autres de manière symbolique et à notre insu. C’est de cela que nous avons le devoir de sortir. Car c’est par la peur, la peur de nous-mêmes et la peur de l’autre que le monde est mené en ce moment. Il faut réapprendre à LIRE et à COMPTER sur ses doigts ! Apprendre à utiliser ses doigts, ses yeux, son cerveau, pour comprendre le monde. Aller explorer tous les jours les moindres recoins d’informations. L’écolomag est sur le web, alors explorons les moindres recoins du web. Sans préjugés. Allons à toutes les sources, la lumière finira forcément par jaillir. L’écolomag est une excellente base d’exercice pour y parvenir !

France Guillain
www.bainsderivatifs.fr
Méthode France Guillain
À paraître
Miam-Ô-5 et Miam-Ô-Fruit 80 recettes d’Aïmata et France Guillain, éditions du Rocher

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