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L’ostéopathie souffre de quelques idées reçues ayant la vie dure.

Quel praticien n’a pas entendu dans son cabinet : j’ai fait un faux mouvement. J’ai dormi dans une mauvaise position. Je me suis déplacé une vertèbre. J’ai l’impression que, lorsque l’on me fait craquer, c’est plus efficace. Je ne crois pas à l’ostéopathie. L’ostéopathie ne s’occupe que des os. Etc.

Je profite donc de ce premier rendez-vous pour faire une petite mise au point…

Depuis des années, d’abord en marge de tout exercice légal, puis aujourd’hui parfaitement réglementée – depuis juillet 2008 –, l’ostéopathie prend une place grandissante dans l’arsenal thérapeutique mis à notre disposition.

Cette médecine complémentaire souffre encore de trop de préjugés et d’idées préconçues. Beaucoup d’informations réductrices ou erronées sont régulièrement reprises et développées dans les différents médias, ainsi que par des professionnels de santé mal informés.

Force est de reconnaître, par ailleurs, que certains de nos confrères ne contribuent pas à améliorer l’image de notre profession tant leur pratique est réductrice, en contradiction complète avec l’approche holistique de l’ostéopathie. Un symptôme, une douleur, motifs de consultation, sont le point de départ d’une réflexion, d’une recherche visant à comprendre et corriger le désordre responsable.

La mobilité et la posture de nos corps sont schématiquement organisées autour de 2 systèmes principaux :

1- Le système musculo-squelettique : os, articulations, muscles, tendons, ligaments, aponévroses, etc. C’est notre châssis, qui, organisé autour des réflexes posturaux, nous tient debout.

2- L’ensemble des viscères – auxquels on peut y rattacher les paquets vasculo- nerveux – contenus dans le thorax, l’abdomen, le bassin et le crâne, suspendus au squelette et liés entre eux par des structures comparables à des ligaments. Des plans de glissement souples permettent aux organes en contact de bouger les uns par rapport aux autres.

Le squelette, les muscles et leurs enveloppes – aponévroses – supportent donc et protègent les organes, les vaisseaux et les nerfs.

Il résulte de ces liens anatomiques une interaction continuelle et réciproque entre ces deux systèmes. Tous les mouvements de l’organisme mobilisent l’ensemble des structures musculo-squelettiques et viscérales.

Dans la gestion de cette mécanique vivante, la priorité est si possible donnée par nos organismes à la mobilité viscérale. La vascularisation, l’intégrité et donc le fonctionnement des organes en dépendent.

Quand la correction d’une fixation viscérale n’est pas suffisante ou possible, nous préservons nos fonctions vitales par des ajustements posturaux et dynamiques qui maintiennent le minimum de mobilité nécessaire aux organes.

Nous possédons un mécanisme d’entretien permanent qui, toute notre vie durant, corrige tout ce qui peut l’être afin de préserver ou restaurer l’équilibre physiologique de notre corps. Il s’agit du mécanisme respiratoire tissulaire, ou MRT.

Environ 10 fois par minute, et ce de manière ininterrompue, indépendamment de toute activité volontaire, cardiaque ou respiratoire, nos tissus bougent. Ils se tendent et se relâchent. Tout le corps est concerné.

Ce sont les fascias – tissus conjonctifs –, présents partout, dans les os, les muscles, les tendons, les vaisseaux, les nerfs, les organes… qui mobilisent nos structures, veillant à la mobilité de l’ensemble du corps, assurant ainsi la diffusion des liquides dans les tissus, transportant tout ce qui est nécessaire à la vie : hormones, énergie, nutriments, défenses immunitaires, etc.

Les compromis mis en place peuvent parfois engendrer tensions, blocages et douleurs.

Il va alors sans dire que corriger seulement les perturbations articulaires ne suffira pas, ce qui pourrait aller jusqu’à poser de réels problèmes à nos organismes.

L’ostéopathe détient des outils diagnostiques pour distinguer les dysfonctions primaires des adaptations. Il pourra alors organiser un traitement argumenté, en précisant les fixations responsables. Hors contexte traumatique, la majorité des tensions, douleurs et blocages ressentis a une origine mécanique viscérale.

Revenons maintenant à nos idées reçues…

1- J’AI FAIT UN FAUX MOUVEMENT

Certes, ils existent, mais sont rarement les seuls responsables.

Nos gestes, nos positions sollicitent le squelette, qui peut ne plus disposer de la liberté requise pour les exécuter, donnant la priorité à la mobilité viscérale. Se bloque alors une côte, une vertèbre, une articulation, ou apparaît une tendinite, une bursite, etc.

2- J’AI DORMI DANS UNE MAUVAISE POSITION

Partons du principe que votre lit est bon, le problème donc est ailleurs !

La position pour laquelle nous optons en dormant est potentiellement le reflet de nos défauts. La raideur générale du corps, qui s’installe progressivement la nuit, limite notre tolérance mécanique à ces défauts et peut conduire à des blocages.

3- JE ME SUIS DÉPLACÉ UNE VERTÈBRE

En réalité, elles ne sont que bloquées. Un déplacement, autrement plus sérieux, contre-indique toute prise en charge par un ostéopathe.

4- FAIRE CRAQUER PENDANT UNE SÉANCE D’OSTÉOPATHIE EST SIGNE D’EFFICACITÉ

Outre le côté spectaculaire, qui donne l’impression qu’il s’est passé quelque chose, ces techniques sont rarement utiles si l’on prend le temps de comprendre qu’il faut agir ailleurs la plupart du temps.

5- JE NE CROIS PAS À L’OSTÉOPATHIE…

L’ostéopathie analyse, décrit et corrige des perturbations mécaniques objectives. Il ne s’agit pas d’y croire, mais plutôt de savoir si la situation relève de la compétence d’un ostéopathe.

6- L’OSTÉOPATHIE NE S’OCCUPE QUE DES OS ET DES ARTICULATIONS

Le domaine de compétences de l’ostéopathie est très vaste, dépassant largement le cadre des seules perturbations orthopédiques, traumatiques.

Se pose ici la question du diagnostic différentiel. Certaines douleurs pouvant être évocatrices de pathologies ne relevant pas de l’ostéopathie, il est nécessaire d’instaurer une coopération étroite avec les médecins.

Nous prenons donc régulièrement en charge des pathologies digestives, respiratoires, circulatoires, ORL, etc., avec toutes les précautions qui s’imposent.

Les consultations chez les ostéopathes sont souvent motivées par des douleurs de dos et/ou articulaires. Ces dernières nous renvoient la plupart du temps à un organe ou à un groupe d’organes en difficulté, dont nous sommes amenés à restaurer équilibre et mobilité pour lever les adaptations qui découlent de leurs fixations.

Sortis des contextes traumatiques, dont les conséquences sont plus aisément compréhensibles, nous devons écouter autrement ces douleurs, qui nous renseignent sur des désordres profonds.

Les antalgiques, les anti-inflammatoires taisent nos organismes et n’apportent pas de réponse sur le fond. Soyons plus vigilants et attentifs aux messages qu’ils nous envoient.

L’ostéopathie est un magnifique outil pour y répondre !

Olivier Bouillon
Titre officiel : diplômé en ostéopathie reconnu par l’État
– 01 48 25 05 31

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