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Le dossier du mois :
De l’importance du microbiote dans les troubles intestinaux

Vous avez probablement entendu parler de ce mot très en vogue, à savoir le microbiote… Il semble être la clé de notre santé. Pour mieux le comprendre, nous avons posé quelques questions à Julien Masset, docteur en biochimie et spécialisé en production industrielle de probiotiques.

On entend beaucoup parler du microbiote ? Kézako ? Pourquoi est-il si important pour notre santé ?

Le microbiote est l’ensemble des microorganismes (principalement des bactéries) qui colonisent un hôte. Le microbiote intestinal est donc l’ensemble des micro-organismes de notre tube digestif. On estime à 100 000 milliards le nombre de bactéries dans notre tube digestif. C’est 10 fois plus que de cellules humaines dans le reste du corps. Le microbiote intestinal est très important à notre santé, pour plusieurs raisons :

• Le microbiote va dégrader une partie de notre alimentation. Ce processus va non seulement nous aider à digérer, mais surtout va libérer des produits de dégradation qui sont parfois essentiels à notre santé. Ainsi, certaines vitamines, comme les vitamines K et B12, sont synthétisées par notre microbiote. 75 % de l’énergie des cellules du côlon proviennent du butyrate – un acide gras aidant au bon fonctionnement de la flore intestinale –, qui est lui-même synthétisé par le microbiote à partir des fibres. Cela explique notamment pourquoi les fibres aident à prévenir le cancer du côlon. Une flore déséquilibrée peut, à l’inverse, libérer des produits de dégradation, dommageables à notre santé. De ce fait, la production de méthane par le microbiote accentue le risque de constipation.

• La situation du microbiote est très spécifique. La majorité du microbiote intestinal est située au niveau des intestins. Or, c’est également à ce niveau que sont localisés 75 % du système immunitaire et une concentration tellement importante de neurones que les intestins sont parfois appelés notre 2e cerveau. Cela signifie qu’il y a un dialogue entre ces 3 systèmes – microbiote, système nerveux et système immunitaire – et que le dysfonctionnement de l’un peut conduire à un dysfonctionnement de l’autre. C’est pourquoi un microbiote déréglé peut favoriser un déséquilibre du système immunitaire et aggrave l’inflammation. De même, le microbiote peut influencer notre humeur. Un lien entre dépression et microbiote est envisagé chez certains patients.

Il est important de préciser que nous sommes très loin de comprendre correctement le microbiote et son impact sur le reste de la santé. De nombreuses questions sont encore en suspens.

Auriez-vous quelques chiffres à nous communiquer sur les personnes souffrant de troubles intestinaux en France ?

30 % de la population est parfois constipée et 20 % souffrent de ballonnements. Environ 28 millions de Français, majoritairement des femmes, présentent des troubles fonctionnels intestinaux. Ces problèmes sont quelquefois en partie liés au microbiote, mais il est difficile de déterminer une cause précise dans certaines situations. Par exemple, des ballonnements peuvent parfois venir d’un déséquilibre de la flore, d’intolérance alimentaire, de changement alimentaire, d’une infection ou avoir d’autres causes. Dans le cadre de cet exemple, la modification du microbiote peut, dans certains cas, améliorer la problématique, dans d’autres être totalement inutile.

Quels sont les éléments les plus fréquents à l’origine de ces troubles ?

Comme évoqué au point précédent, plusieurs causes sont possibles. Un point important à aborder est la notion de bonne et mauvaise bactérie. On a longtemps parlé de bonnes et de mauvaises bactéries sans que ce concept ne reflète correctement la réalité. Car une même bactérie est à même, en fonction de son environnement, de devenir une « bonne » ou une « mauvaise » bactérie. Par exemple, une personne qui mange peu de légumes et qui commence à en ajouter beaucoup à ses menus risque d’avoir des ballonnements – alors que la consommation de légumes est conseillée. Cela est dû à un changement trop rapide de notre microbiote, qui conduit à une production de gaz par certaines bactéries. Une modification trop brusque des habitudes alimentaires augmente le risque de ballonnements.

Depuis 2 à 3 ans, une nouvelle perception du microbiote apparaît, qui se base sur la diversité des micro-organismes qu’il contient. Des études ont montré que plus le microbiote était diversifié – et plus les bactéries étaient variées –, moins le risque de maladies liées au microbiote était élevé. Pour comprendre ce concept, il faut réaliser que les différentes bactéries du microbiote travaillent en synergie. Certaines d’entre elles vont produire des métabolites, qui sont la nourriture d’autres bactéries, et ainsi de suite. Les bactéries travaillent main dans la main.

Dans le cas d’un microbiote peu diversifié, si une bactérie disparaît, le risque de perturber le reste de la « chaîne alimentaire » est important. Des incidences sur la santé peuvent en découler. Par contre, si le microbiote est diversifié, la chance de retrouver une autre bactérie qui remplacera la bactérie disparue est plus élevée et la probabilité de modifier la « chaîne alimentaire » est faible.

Le plus important à retenir est que, pour favoriser notre bonne santé, un microbiote diversifié est préférable.

Dans des cas de problèmes de santé très précis, les chercheurs ont identifié que certaines bactéries étaient manquantes. Par exemple, chez les personnes obèses, la bactérie Akkermansia muciniphila est moins présente que chez les personnes non obèses. La bactérie Faecalibacterium prausnitzii a également été identifiée comme absente chez les personnes souffrant de maladie de Crohn. Dans ces cas précis, la prise de ces bactéries par les patients a de fortes chances d’améliorer le problème de santé.

Lorsque l’on parle de microbiote et de santé, on peut poser 2 hypothèses :

• On veut préserver notre santé et prévenir les problèmes correspondants. Dans ce cas, il faut encourager la diversité du microbiote. Pour cela, la prise de prébiotiques en plus d’une alimentation variée est donc à privilégier.

• En cas de problématique de santé spécifique, certaines bactéries peuvent améliorer la situation. La prise de probiotiques est à privilégier. Mais attention, il est important de prendre la bactérie qui est la plus adaptée à la problématique. Pour une problématique précise, tous les probiotiques ne se valent pas.

Quels sont les aliments à éviter et ceux à privilégier en cas de troubles intestinaux ?

En général, la consommation de fruits et légumes entretient un microbiote diversifié, tandis que les graisses saturées sont à déconseiller. Les graisses, en plus de diminuer la diversité alimentaire, vont favoriser l’inflammation latente, ce qui est préjudiciable à la santé sur le long terme. Mais, attention, une modification trop rapide de l’alimentation conduira à des ballonnements. Chaque changement doit se faire progressivement.

Que sont les probiotiques et comment peuvent-ils agir favorablement sur notre flore intestinale ?

Les probiotiques sont des bactéries vivantes, qui ont pour but de modifier positivement notre microbiote. On ne sait pas précisément comment ils vont agir, mais il existe plusieurs hypothèses :

  • En prenant des probiotiques, on va coloniser les intestins et ainsi occuper la place qu’auraient pu prendre les mauvaises bactéries, susceptibles de causer des inconforts de santé.
  • Comme exposé précédemment, les bactéries libèrent des métabolites. Ces métabolites peuvent éventuellement contrecarrer les mauvaises bactéries, par exemple par un ralentissement de la croissance, une action antibiotique, etc.
  • Les probiotiques peuvent également moduler le système immunitaire qui, à son tour, peut tuer les mauvaises bactéries.

Les probiotiques seront les plus intéressants pour notre santé lorsqu’ils ciblent une problématique précise.

Est-il possible d’en trouver dans l’alimentation ou vaut-il mieux les prendre sous forme de compléments alimentaires ?

Il est possible de trouver des probiotiques dans l’alimentation. En règle générale, les produits fermentés apporteront des probiotiques. Yaourt, choucroute, fromage, bière, vin, vinaigre, miso sont quelques exemples. Ces produits sont très profitables dans le cas où nous voulons diversifier davantage notre microbiote.

Par contre, ces sources de probiotiques ne sont pas spécifiques à une problématique de santé. Pour des problèmes comme les ballonnements, il faudra privilégier les souches Bifidobacterium infantis, Lactobacillus plantarum ou Lactobacillus rhamnosus. Les sources alimentaires auront peu d’impact.

Quelle est la différence entre prébiotiques et probiotiques ? Faut-il obligatoirement accompagner de prébiotiques la prise de probiotiques ? Si oui, pourquoi ?

Les probiotiques sont des bactéries, alors que les prébiotiques sont la nourriture des bactéries. La prise combinée de prébiotiques et de probiotiques est opportune puisque complémentaire. En effet, tandis que les probiotiques ajoutent au microbiote certaines bactéries stratégiques, les prébiotiques développent la diversité du microbiote.

Si la quantité journalière de prébiotiques recommandée est de 4 g, il est parfois nécessaire de réduire la prise, notamment en cas de ballonnements.

Dans ce cas précis, la prise de prébiotiques devra se faire 1 à 2 semaines après le début de la cure de probiotiques et être progressive en augmentant peu à peu le dosage.

La consommation de fibres est-elle recommandée pour améliorer les troubles intestinaux ?

La consommation de fibres est essentielle à une bonne santé intestinale. Les fibres étant des formes de prébiotiques un peu plus complexes, elles favorisent la diversité du microbiote. De plus, la dégradation des fibres conduit à la production de butyrate par la flore, qui a des retombées très positives sur notre tube digestif. Rappelons que 75 % de l’énergie des cellules du côlon proviennent du butyrate. C’est une des raisons qui explique pourquoi les fibres sont si importantes pour prévenir le cancer du côlon.

Quelles sont les plantes alliées de notre flore intestinale ?

De nombreuses plantes peuvent être envisagées pour la santé de la flore intestinale. Par exemple, le curcuma peut diminuer les micro-inflammations du côlon, que l’on sait être néfastes pour l’équilibre de la flore. Pour améliorer l’assimilation du curcuma, l’utilisation de phospholipides est notamment très efficace, naturelle et sans incidences sur la flore.

Le stress peut être dommageable à la flore. La prise de plantes anti-stress, comme la mélisse, peut donc également être utile car elle est bienfaisante pour le microbiote.

Quels conseils ou astuces donneriez-vous à nos lecteurs ?

Pour un microbiote en bonne santé, il faut manger diversifié. Les fibres sont essentielles à la santé digestive. Il faut privilégier les fruits et les légumes pour enrichir la prise de fibres. Des aliments comme l’ail, l’oignon, l’artichaut, le topinambour… sont riches en prébiotiques. La consommation de produits fermentés est, en outre, bénéfique.

Pour en savoir plus : http://www.ortis.com

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