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Le dossier du mois
Voir la vie en mieux et en plus petit !

© Eve Marcorelles

Le bien-être, c’est aussi s’ouvrir à de nouveaux horizons, à de nouvelles perspectives résolument différentes, comme vivre dans une micro-maison pour s’alléger du superflu. Après la beauté less is more (moins, c’est mieux), voilà que l’habitat s’intéresse également de près à une vie plus minimaliste, tournée vers l’humain plutôt que vers le matériel et la démesure.

Nous avons posé quelques questions à Ève Marcorelles, chargée de communication en environnement et créatrice écologique polyvalente, qui a construit sa tiny house.

 

Pour tous nos lecteurs qui n’auraient pas entendu parler du concept des tiny houses, pourriez- vous nous expliquer ce qu’elles sont ?

Historiquement, elles sont apparues aux États-Unis dans les années 2000 après la crise immobilière, certainement via un jeune architecte, Jay Shafer. C’est un concept de micro-maisons, à ossature bois la plupart du temps, et sobres en énergie. Ce sont de toutes petites maisons d’environ 20 m2, souvent mobiles, prônant la simplicité volontaire.

Quels intérêts y a t-il à adopter ce mode d’habitation ?

Il y en a plein et c’est ce qui est innovant avec les tiny houses, car elles peuvent être une réponse à diverses situations : vie étudiante, divorce, couple qui démarre dans la vie, retraités qui veulent bouger, difficulté financière à traverser, alternative aux logements sociaux…

 

Pour quelles raisons avez-vous souhaité créer votre propre micro- maison ?

Pour ma part, ça a été un véritable coup de cœur et un chemin de cohérence. Cet habitat rassemblait, à mes yeux, beaucoup de mes valeurs : une faible empreinte au sol, des matériaux sains, une certaine mobilité pour répondre aux aléas de la vie, un léger engagement économique, une sobriété volontaire. Eh oui, j’ai dû me séparer de dizaines de chaussures !

Un acte posé, délibéré de faire un pas de plus vers la transition écologique.

Mon compagnon étant marin, il connaissait la promiscuité, et moi étant géographe environnementaliste, j’étais déjà attirée par l’habitat écologique. Nous avons donc tout de suite senti que c’était ce type d’habitat que nous souhaitions essayer.

 

Vers qui vous êtes-vous tournés pour réaliser ce projet ?

Vers nous et nos propres ressources ! Nous avons décidé, avec mon compagnon, de l’autoconstruire. C’était le bon moment, c’était l’occasion de partager une création ensemble et de limiter les coûts. Nous avons eu la chance de nous enrichir des conseils et compétences de notre réseau. Après avoir dessiné des plans et réalisé une maquette 3D en carton au 1/10e, nous avons pu les confronter aux regards d’amis et de la famille, d’architectes, de charpentiers, d’ingénieurs, qui nous ont montré du doigt certains points de vigilance. Nous en avons pris en compte quelques-uns et d’autres moins. On verra si la maison tient toujours dans 10 ans !

 

Combien de temps vous a-t-il fallu pour que ce projet voie le jour ?

Si l’on parle de la réalisation, nous avons mis seulement 4 mois, mon compagnon à plein temps et moi à mi-temps sur le chantier, à l’achat des matériaux et avec nos deux petits enfants. C’est merveilleux de voir sortir de terre, ou devrais-je dire sortir d’une remorque, une véritable maison en un trimestre.

Ce projet est arrivé en 2015 en discutant de ces habitats avec un membre de la famille qui vivait au Canada et en regardant sur Internet. Nous avons tout de suite lu Tiny House, le nid qui voyage d’Yvan Saint- Jours et Bruno Thiéry, et commencé des plans. Après, c’est l’inertie de la vie quand vous faites des choix, cela peut prendre un certain temps : trier vos affaires, trouver un endroit, financer le projet…

 

© Eve Marcorelles

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

À ma grande surprise, le financement plus que la technique de réalisation ou le regard des autres. J’ai eu beaucoup de mal à faire comprendre à mon banquier ce qu’était cet « objet » et dans quelle case il pourrait le mettre pour enclencher une demande de prêt. Alors, comme ma maison allait avoir une carte grise (pour la remorque), j’ai fait un prêt auto ! Mais cela n’a pas suffi. Donc, je me suis posé beaucoup de questions et j’ai cru que nous n’arriverions pas à finaliser le chantier.

Heureusement, les temps changent et nous pouvons arrêter d’attendre la bonne volonté d’un banquier pour faire appel à des prêts personnels. Eh oui, nous avons rencontré une bonne fée qui a cru en notre projet et l’a soutenu. Et nous avons pu signer un même contrat de prêt « particulier » que celui fait auprès d’une banque. Mais je vous assure que rembourser tous les mois quelqu’un qui vous connaît, qui vous « parraine » en quelque sorte, vous donne beaucoup plus le sourire que de voir votre remboursement de prêt bancaire sur votre relevé de compte ! Une autre difficulté que nous avons rencontrée, comme beaucoup d’autres, est la relation avec la municipalité. Aucune habitude n’existe encore avec les tiny houses. Tout est pionnier et à inventer ; alors, parfois, l’accueil est difficile, par manque d’information et de compréhension de ce choix d’habitat. L’installation peut même être impossible dans certains cas.

 

Qu’avez-vous dû changer dans votre vie et dans vos habitudes de consommation avant d’emménager et une fois installés ?

Tout ! Non, nous étions déjà dans une démarche écologique pour certains aspects de la vie quotidienne, ce qui facilite ce choix de micro-habitat, mais tout n’était pas gagné d’avance. Vous devez repenser votre façon d’habiter ! Tout d’abord, le plus difficile, à première vue, ce sont toutes les affaires que l’on accumule. Pour l’anecdote, nous avons quand même eu, avec mon compagnon, un hangar de 75 m2 rempli d’affaires du sol au plafond, avec des meubles, des cartons de vêtements, des vélos et même une 2 CV !

Tout ceci nous a pris 2 ans pour trier, vendre, jeter, mais cela nous a fait aussi un bien fou.

Ce qui m’a motivée par rapport à mes habitudes de consommation, c’était le fait que j’allais consommer moins, mais mieux. Acheter peut-être qu’une seule paire de sandales pour l’été, mais The sandales, celles que j’adore, celles que j’achète en conscience. Et ça a été le cas pour plein d’autres choses, l’électroménager par exemple. Nous avons pris beaucoup de temps pour choisir.

Bien sûr, de nombreux compromis sont à faire, entre le prix, le « made in France », l’écologique, le poids des objets (car, dans une tiny house, vous êtes limité en poids !) ; mais tout ça est une bonne réflexion, qui donne du sens à vos achats.

 

Qu’est-ce que votre tiny house a changé dans votre vie ?

Dans les relations humaines, beaucoup de cadeaux, des rencontres, de l’émerveillement et de la curiosité, du soutien de notre réseau proche ; mais aussi beaucoup d’inquiétude, de jugements dans la sphère plus « officielle ».

© Eve Marcorelles

Une fois que l’on est installé, l’esprit tiny vous pousse tout doucement vers une autre façon de consommer. Vous tombez dans le « zéro déchets » et c’est mon nouvel engagement pour l’année à venir.

En matière d’organisation, il n’y a pas beaucoup de choses qui changent du rythme de vie familiale dans une habitation classique, mais vous devez juste repenser la proximité et vous réhabituer à vivre plus proches les uns des autres. Ce qui vous amène parfois à des situations étonnantes, comme sortir de la tiny pour une petite dispute conjugale, en plein air, ce qui a le pouvoir merveilleux de ne pas durer car discuter en pleine nature vous apaise très vite ! Vous ne pouvez pas dire « va bouder dans ta chambre ! » Alors, soit c’est dehors, soit on zappe le temps du boudage et on passe à quelque chose de plus joyeux.

Vivre en tiny, c’est vivre beaucoup dehors en contact avec la nature. Vivre dans une micro-maison, c’est paradoxalement de l’abondance.

 

Existe-t-il une réglementation spécifique pour ce type de maisons ?

Oui, mais encore peu connue et souvent mal interprétée. Les tiny houses peuvent être assimilées à un habitat démontable à titre de résidence principale pour ses utilisateurs, prévu dans la loi Alur de 2014, ce qui les différencie – à juste titre – des caravanes et des mobil-homes, aux fonctions temporaires et de loisirs, et, surtout, peu écologiques. L’information autour des tiny houses, l’explication de ce choix d’habitat écologique, la sensibilisation des élus et leur accompagnement pour aider à l’installation de ce nouveau type d’habitat innovant et pionnier, sont autant de facteurs qui freinent le passage à l’acte de nombreuses familles désireuses de vivre autrement et souhaitant s’engager en conscience dans leur choix d’habiter.

 

Le mot de la fin ?

Vivre en tiny house est une jolie part de Colibri ! [NDLR : en référence au mouvement des Colibris, dans lequel chacun « fait sa part »]

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