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Une année SANS colère

par Fériel Berraies Guigny
chercheur en sciences sociales, auteur et thérapeute

La colère est une émotion, une réaction face à une frustration et une situation données. Bien souvent, elle est une impulsion, elle s’exprime, elle sort de nous et elle est révélatrice du fait que l’on se retrouve dans une impasse. Quand on n’arrive plus à dialoguer ou à donner du sens à quelque chose. C’est une stratégie de défense, un mécanisme naturel pour évacuer, mais, en même temps, elle peut gronder en nous et exploser violemment quand on ne peut plus gérer une frustration.

Ce n’est pas tant le fond de la colère qui dérange, c’est plus la « forme ».

Car il s’agit de pouvoir la tempérer, la paramétrer et, comme elle agit comme une impulsion, une sorte de réactivité non maîtrisable, il est souvent difficile de la contrôler si l’on ne fait pas un travail sur elle. Car la colère, si elle est normale, doit aussi avoir du sens et ne pas mettre en danger, ni l’autre ni soi-même.

Apprivoiser votre colère est un travail en soi.

Ce n’est pas inné. La tempérance est quelque chose qui s’acquiert. Prendre de la distance, se recentrer pour bien l’observer et la comprendre, cette colère, demande une certaine rigueur et un réel détachement. Que nous n’avons pas tous. Dans des sociétés où, constamment, nous vivons des défis et des complexités de tout ordre, l’impulsion et la pulsion réaction sont plus dans la norme. Le souci est que, parfois, avec la colère, les dommages sont nombreux, les paroles blessant autant que les actes, et les dérapages sont aussi au rendez-vous.

En partant du constat avéré que la colère est une émotion au même titre que la joie ou la tristesse, vous devez absolument apprendre à relativiser cette dernière et à la reformuler.

En psychologie clinique, la colère est une stratégie pour faire front face à une situation donnée. Plus qu’une émotion, c’est réellement un mécanisme de défense relativement sain. Elle permet, en d’autres termes, de pouvoir se protéger. En affirmant sa personnalité, nous préservons en effet notre intégrité physique et psychique.

L’effet inverse de la non-colère est tout aussi pervers.

Vous connaissez tous le syndrome de la Cocotte-Minute !

Ne pas exprimer ses frustrations, ses ressentis, de peur de blesser l’autre, reviendrait en effet à se blesser soi-même. Encore une fois, c’est sur la formulation de votre colère qu’il faudra travailler.

« Avaler des couleuvres » et ne pas avoir l’opportunité de les « digérer », couver sa colère ou la nier est peu écologique. La colère est nécessaire et son expression tout autant. Mais à vous de savoir la transférer et la vivre différemment.

La colère nourrit négativement votre corps. En effet, la bâillonner pourrait amener toute une panoplie d’effets indésirables sur votre corps, c’est-à-dire des tensions psychologiques autant que physiques : un mauvais sommeil, des douleurs au niveau de la nuque, des épaules, du dos, des maux de ventre…

Apprenez à écouter votre corps et la colère qui gronde.

Les non-dits sont toxiques, et cela pourrait pervertir votre relation à vous-même et aux autres. Cela vous amènera également des problèmes de santé.

Il est impératif d’apprendre à écouter votre corps et à détecter les signaux d’alerte.

Une fois de plus, tout réside dans la capacité de chacun à écouter son corps et à détecter les signaux d’avertissement, enfin à installer des garde-fous pour ne pas faire du mal aux autres.

Agissez et ne subissez plus.

Acceptez-la, cette colère, déculpabilisez aussi. Vous n’êtes pas une mauvaise personne, vous êtes simplement humain-e et réactif-ve. Il est important de pouvoir mettre en mots et en émotions vos souffrances, vos déceptions, vos frustrations, tous les ratés de votre vie, avec BIENVEILLANCE ! En faisant attention à vous-même et aux autres.

Avec la sophrologie, vous allez mieux vivre la colère.

La gestion écologique de nos émotions de façon positive est cruciale.

Nous vivons en société et donc nous devons apprendre à nous intégrer, mais aussi à nous exprimer de façon moins frontale et moins agressive. Pour autant, la colère est un droit et une émotion à vivre. Et dans tous les secteurs de nos vies : au travail, en famille avec nos enfants et conjoint, nos amis.

Nous ne pouvons amputer ce mécanisme qui fait partie de notre expressivité en tant qu’être humain.

Un exercice simple pour gérer la colère

Avec l’exercice du karaté : Explosez la colère toxique.

La technique de la cible : Visualisez une cible devant vous. Imaginez une piñata, un ballon, un sac dans lequel vous mettrez cette émotion qui vous perturbe. Jamais une personne. Cela peut être le comportement de cette personne, mais il ne faut pas matérialiser LA personne dans ce sac ou sur cette cible.

Inspiration profonde par le nez, vous allez serrer votre poing et lever votre bras maître (droit si vous êtes droitierière, gauche si vous êtes gaucher-ère). Sur une rétention de quelques secondes, vous allez visualiser cette cible sur laquelle se trouve l’émotion toxique, ou le sac dans lequel elle est enfermée, et faire des moulinets avec votre bras tendu, sans forcer, sans vous faire mal, pour mobiliser tout votre potentiel, votre force et concentrer toute votre volonté. Puis, sur l’expiration, vous allez envoyer votre poing serré sur cette cible/ballon/sac et imaginer que vous la détruisez. Laissez alors votre bras se repositionner le long du corps et accueillez les sensations qui vous viennent. Recommencez cet exercice 2 fois.

Si vous avez un trop plein d’émotions négatives, de soucis, le sport et la méditation sont recommandés. Évitez les excitants, le sucre, l’alcool et ne transférez ni sur la nicotine, ni sur l’alcool ou la nourriture, pour éviter de basculer dans des addictions qui aggraveraient la problématique.

Et, surtout, faites-vous accompagner par les bons thérapeutes.

Fériel Berraies, thérapeute

Sophrologue formée IFS – Institut de Formation à la Sophrologie,
certifiée
RNCP (Répertoire National de la Certification Professionnelle),
de 7 spécialisations
: cancer, sexualité, enfance, adolescence, personnes âgées, périnatalité et entreprise.
Praticienne en hypnose ericksonienne,
formée Xtrëma Paris.
www.feriel-berraies-therapeute.com
fbsophro@gmail.com

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